Le journalisme de données

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Une fois les Assises étant chose du passé, il était temps d'aller visiter les alentours... de Tours. Et pourquoi pas quelques châteaux au passage, comme le magnifique Chenonceau.

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Catherine Doré
Le Quotidien

CHRONIQUE / Ne cherchez plus les jeunes, on les a trouvés! Le gros débat des dernières années est de savoir comment les jeunes s'informent et ce qui les intéresse. Il semblerait que la nouvelle génération soit friande de data journalisme (ou journalisme de données quand on veut parler en français davantage que les Français eux-mêmes). C'est l'un des constats de la conférence «Data reporters, quelle plus-value pour une rédaction?», présentée lors des 9es Assises du journalisme de Tours, en France.

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Le journalisme de données permet de mettre en lumière une tonne d'informations, tout en les présentant de façon ludique.

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En résumé, le journalisme de données consiste à prendre une montagne de chiffres, d'épurer le tout, de les analyser et de les mettre en commun dans un graphique joliment présenté. Sur Internet, cela donne, par exemple, des cartes interactives sur l'origine et la destination des migrants.

Marie Coussin, de chez Ask Média, a compilé les données pour découvrir combien les candidats aux élections françaises avaient dépensé pour être élu. Résultat: certains ont payé l'équivalent de 1,70 euro pour chaque vote obtenu gagner leur élection, tandis qu'un autre candidat avait investi l'équivalent de 17 euros!

Le concept peut sembler simple, mais Marie Coussin explique qu'il a fallu fusionner les résultats de trois listes officielles différentes pour en tirer ce résultat.

Responsable de #DataGueule, Sylvain Lapoix compile des données qui sont ensuite mises en images dans de courtes vidéos graphiques.

«80% des gens qui visionnent nos clips sur YouTube ont moins de 25 ans», soutient M. Lapoix. (Ces vidéos sont disponibles en tapant «Data Gueule» dans la barre de recherche de YouTube. Allez faire un tour, les sujets sont variés et touchent souvent la planète plutôt qu'uniquement la France.)

Donc, si les textes de journalisme de données sont si uniques et attirent davantage les jeunes, pourquoi sont-ils si rares au Québec et en France?

Parce que c'est dispendieux, tout simplement. Il faut beaucoup de temps pour rassembler les chiffres et les décoder. Beaucoup de patience aussi. Et un certain talent pour coder le travail pour que cela devienne un élément interactif sur le Web.

Rien que ça!

«Dès l'instant où l'on regarde en termes de clics, on est mort, poursuit M. Lapoix. Chez #DataGueule, nous avons 13,7 millions de visionnements pour 57 épisodes, sur une période d'environs de deux ans. Les revenus publicitaires générés ne couvriraient même pas la production d'un épisode!»

Nicolas Keyser-Bril, fondateur de Journalism++, n'est pas de cet avis.

«On a fait des trucs qui génèrent des clics, assure-t-il. Chez la BBC, le New York Times et les autres, ce qui attire le plus de clics, sont les articles interactifs. C'est possible de monétiser tout ça.»

Petit jeu

En attendant de voir si le mouvement va devenir l'incontournable du journalisme dans les prochaines années, il est possible de consulter des articles du genre très réussis. Chez Journalism++, le site themigrantsfiles.com répertorie les mouvements des immigrants, tel que mentionné plus haut.

Mais si l'envie de jouer vous-même au journaliste de données vous prend, rendez-vous au internship.jpluplus.org.

Vous pourrez télécharger un document corrompu qu'il vous faudra déchiffrer. Une fois cette étape réussie, d'autres énigmes vous attendent. Comme un journaliste d'enquête qui se retrouve devant des obstacles...

À gagner? Un stage payé à Berlin au sein de l'entreprise. Avouez que vous avez envie de l'essayer! Vous pouvez le faire sans postuler, que pour le plaisir.

Je l'aurais bien fait moi-même, mais voilà, il s'agissait de la dernière journée des Assises, et j'ai des châteaux à voir, Paris à visiter...

Plus sérieusement, les Assises sont maintenant chose du passé. Ce fut une brève, mais très belle expérience que j'ai aimé partager avec vous. Quelques choix déchirants ont été faits (cinq conférences par jour, c'est beaucoup de matériel!), mais j'espère que vous avez aussi apprécié. Comme on dit ici: à toutes!

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