Sortez vos règles à calcul

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Au cas où des militants voudraient le calculer, les photos de la candidate libérale Francyne T. Gobeil et de la candidate péquiste Mireille Jean ont les mêmes dimensions.

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Normand Boivin
Le Quotidien

CHRONIQUE / La campagne électorale est lancée officiellement depuis lundi soir. Ce soir-là, le PQ est entré dans la course avec Mireille Jean.

«Les journalistes vont se frotter les mains; des nouvelles ramassées à terre», direz-vous? Pas vraiment.

Car comme des détenus qui sortent de prison, notre période de probation commence. Celle où chaque mot est scruté, chaque photo même, pour voir si on a choisi celle qui met en valeur ou qui dessert notre candidat préféré ou encore l'adversaire.

Vite, à vos règles! Ne les oubliez surtout pas pour mesurer la longueur des colonnes de textes au cas où. D'ailleurs, la première plainte m'attendait à mon arrivée au travail mardi matin: la photo de Mireille Jean était moins grosse que celle de Francyne T. Gobeil publiée la semaine précédente lors de la convention libérale. J'eus beau expliquer que nous avions consacré une page, soit exactement le même espace aux deux événements, mais que dans le cas de Gobeil nous n'avions publié qu'une grosse photo contre trois pour la convention péquiste parce qu'il y avait plus d'acteurs impliqués... rien n'y fit.

C'est ça la beauté d'une campagne électorale. Seule déception, je m'attendais à recevoir le même type de plainte d'un militant libéral. Car habituellement, celles-ci arrivent deux par deux, chaque camp ayant de quoi à redire.

C'est pourquoi la direction de la salle de rédaction adopte toujours une politique stricte qu'on tente de respecter le mieux possible en fonction des événements.

Équité ou égalité?

Mais il faut tenir aussi compte du fait que traiter également n'est pas nécessairement équitable. Doit-on accorder, au candidat qui n'a pas grand-chose à dire, le même espace qu'à celui qui présente de bonnes idées? Ne pas tenir compte de la qualité du propos dans l'espace alloué est, en soi, une autre forme d'injustice. Mais mon intention n'est pas de trancher ici un débat qui a cours encore dans les facultés de journalisme des universités.

Lent départ

Cela dit, cette première semaine de campagne a été plutôt tranquille. On dirait presque que chacun se terrait pour éviter la première pelure de banane.

En début de semaine, Stéphane Bédard a réussi à restaurer l'image du PQ amochée par sa démission grâce à sa présence à l'assemblée d'investiture. Absent de la soirée, le chef Pierre Karl Péladeau est devenu, à la faveur d'un 5 à 7 vendredi soir, le deuxième chef à nous visiter depuis le déclenchement de l'élection.

Les libéraux comptaient sans doute sur le budget Leitao pour donner le coup d'envoi de leur campagne jeudi, mais ils se sont fait voler la vedette par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) qui a ressorti du placard le squelette de la ministre Nathalie Normandeau. Il restera à déterminer l'impact que les fantômes de l'administration Charest auront sur l'issue du scrutin.

Au chapitre des rendez-vous manqués, on peut questionner la pertinence de la première sortie officielle de la CAQ qui, en début de semaine, est venue parler d'immigration au Saguenay. Un sujet qui, en dehors du bilan migratoire interrégional qui s'inscrit à nouveau à l'encre rouge, a peu d'écho ici. On peut ajouter la sortie malhabile de Québec Solidaire qui a décidé de tirer à boulets rouges sur les opposants au Registre québécois des armes d'épaule. Si ce parti espère un jour s'étendre en dehors des frontières de l'île de Montréal, il faudrait que quelqu'un lui explique qu'agiter l'épouvantail des armes à feu, ce n'est pas gagnant dans une région qui vit depuis des siècles de chasse et de pêche.

L'idée du candidat Pierre Dostie de remettre la moitié de son salaire pour un fonds communautaire est sympathique. Ça envoie le message que l'homme y est par conviction et non pour l'appât du gain. Mais ce genre de mesure, sans doute utile dans un quartier de Montréal, ne peut emporter les élections dans une circonscription qui est censée être le coeur économique d'une région où les emplois se perdent par milliers.

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