Le bois de la Croix

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Alors que Joseph enseignait à équarrir, à poncer, à assembler le bois, Jésus apprenait à travailler les coeurs.

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Le Quotidien

CHRONIQUE ÉGLISE / Je ne me considère pas comme un sculpteur ni un ébéniste, mais j'aime bien travailler avec le bois. J'avoue que j'ai manié quelques fois le ciseau et la gouge, avec des résultats plutôt satisfaisants (pour un autodidacte). Mais lorsque je contemple la sculpture d'un artiste de métier ou un meuble bien travaillé, je suis dans l'admiration. Quel art!

Ce n'est pas facile, vous savez, de travailler le bois: parfois il craque ou il fend, il nous rentre ses échardes dans la peau. Un instant il est tendre, puis vous frappez un noeud dur comme de la pierre. Il faut apprendre à le connaître. Je dirais même à l'apprivoiser.

Si je vous parle de bois, c'est que ce mois de mars est dédié d'une manière particulière dans l'Église au grand saint Joseph. Un homme à la fois aussi solide et tendre que le bois qu'il travaillait. C'est lui qui a appris à Jésus les rudiments du métier de charpentier. Et alors qu'il lui enseignait à équarrir, à poncer, à assembler le bois, Jésus apprenait à travailler les coeurs.

Parce que nos coeurs sont comme le bois: tendres ou durs, parfois rudes et plein d'échardes, tout tordus. Qu'importe! Le divin menuisier de Nazareth s'y connaît (et son père Joseph lui donne un bon coup de main).

Le chemin de la conversion, c'est lorsque Jésus prend du bois brut pour en faire un meuble de qualité ou une oeuvre d'art.

N'est-ce pas ce qui nous est proposé dans ce temps de Carême? Nous laisser équarrir pour devenir des personnes droites, nous laisser poncer pour être comme le Christ, doux et humble de coeur, nous laisser assembler les uns aux autres dans la charité et nous réconcilier avec Dieu.

Jésus nous sculpte (et nous ausculte). Il dégage nos coeurs de ce qui les empêche d'être semblables au sien.

Cela me fait penser à Michel-Ange: lui, c'était le marbre qu'il sculptait. Lorsqu'il regardait un bloc de marbre, il voyait la sculpture qui en était comme prisonnière. Tout ce qu'il lui restait à faire, c'était de la dégager en enlevant des morceaux.

Quand Jésus me regarde, que voit-il? Il voit un enfant de Dieu, créé à son image et à sa ressemblance. Aussi brut que puisse être le bloc de bois, il voit déjà le chef-d'oeuvre qui va en surgir. Ça va demander un peu de travail, bien sûr. Ce ne sera pas tous les jours agréable.

N'ayons pas peur cependant de nous abandonner à son ciseau. Au gré des joies et des peines du quotidien, des deuils et des commencements, il nous travaille tout en douceur et en sagesse. Et si je prends le parti de lui faire confiance. Quoiqu'il arrive, Il tirera de ma vie du beau, du bon et du bien.

Après tout, n'est-ce pas lui, le Charpentier de Nazareth, qui a porté le Bois sur ses épaules, qui a été cloué au Bois par amour pour chacun et chacune d'entre nous?

Petit Frère Marie-Jonathan Lavoie, moine du Coeur de Jésus

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