Formidable toi

L'amour en cinq récits, rédigés selon cinq points de vue distincts. En cette... (Photo 123RF)

Agrandir

Photo 123RF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Quotidien

L'amour en cinq récits, rédigés selon cinq points de vue distincts. En cette veille de la Saint-Valentin, cinq personnalités issues de différents milieux partagent en quelques lignes ce que leur inspire la Fête de l'amour : le chroniqueur Joël Martel, le maire de Roberval Guy Larouche, la rédactrice en chef de la tribune culturelle Mauvaise Herbe, Marielle Couture, la directrice du bureau des affaires publiques de l'UQAC, Marie-Karlynn Laflamme, ainsi que le correspondant international Frédérick Lavoie.

Marielle Couture, rédactrice en chef de Mauvaise herbe

CHRONIQUE / Regardez-vous dans le miroir. Oui, là tout de suite. Que voyez-vous?

Un nez trop gros, une bouche trop fine, des cheveux trop frisés, trop raides, un oeil plus gros que l'autre, un peu de cellulite, un poil disgracieux au menton, quelques kilos en trop, des ridules, quelques cheveux gris crépus, des sourcils trop fournis, et puis quoi d'autre?

Parions que vous voyez surtout vos défauts. Que personne ne s'est exclamé spontanément devant la glace «Hé, bonjour sexy toi!».

On pourrait se demander longuement pourquoi.

Parce que la télé, les revues, Hollywood et toute l'industrie de l'image vous renvoient un miroir déformant. Parce qu'aujourd'hui, la planète consommation carbure au mal-être, à l'imperfection et aux complexes. Parce que le culte infini de la jeunesse vous fait sentir «has been» à trente ans. Parce qu'il y a tant de choses à vous vendre... teintures, crèmes, régimes, bijoux, épilation laser, maquillage, rallonges de cheveux, faux ongles, vêtements griffés, name it.

Et le 14 février, on vous vend l'amour. Troisième fête commerciale en importance en Amérique du Nord, l'amour se nourrit de dollars, beaucoup plus que de bons sentiments. À grands coups de chocolat, de roses rouges et de dentelle, on glorifie le couple comme refuge ultime de ce sentiment si noble. Vous n'êtes pas en couple? Rabattez-vous sur un (e) ami (e) ou vos enfants, mais de grâce courez acheter quelque chose!

Trêve de sarcasme, revenons à notre reflet dans le miroir. Je vous propose un exercice plutôt difficile. Faites-lui face, regardez-vous droit dans les yeux et dites haut et fort «je t'aime», le plus sincèrement du monde. Allez! JE T'AIME, toi, personne imparfaite.

Exit les jugements, la culpabilité, les reproches silencieux. Appréciez ce menton volontaire, ces pattes d'oies qui témoignent de vos milliers de sourires, ce ventre qui a porté des enfants ou profité un peu beaucoup des douceurs de la vie. Pas facile, hein?

Traditionnellement et culturellement, la société mise sur notre capacité d'aimer les autres. Dès l'école primaire, on apprend à se placer après les autres, grammaticalement parlant. Vous êtes parent ou proche aidant? Vous vous êtes sans doute complètement oubliés depuis longtemps, trop occupés à prendre soin des autres. Socialement, se valoriser est carrément mal vu. Si l'on avait le malheur de manifester publiquement nos plus grandes qualités et nos réussites chaque jour, on passerait inévitablement pour une personne prétentieuse, égocentrique, limite ridicule. Dites donc, ça ne sent pas un peu le relent judéo-chrétien, cette manie de se sentir petits?

Pourtant. La personne importante dans votre vie, c'est vous. Et vous êtes fantastique!

Prenez donc quelques instants aujourd'hui pour le souligner. Célébrez l'amour égoïstement. Faites quelque chose dont vous rêvez depuis longtemps, chantez-vous la pomme, enrobez-vous de doux, offrez-vous du gratuit, masturbez-vous! N'attendez pas les vacances d'été, volez un peu de temps pour vous. Faites-vous plaisir. Parce que comme le dit si bien le slogan consumériste: vous le valez bien.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer