Le policier Sébastien Mérette, le héros de Malia

Grâce à l'intervention rapide des policiers de la... (Courtoisie)

Agrandir

Grâce à l'intervention rapide des policiers de la SQ et des ambulanciers de la CTAQ, Malia est non seulement vivante, elle ne conserve aucune séquelle.

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Les vrais héros sont ceux qui, après avoir posé un geste de bravoure, ne sont pas attirés par la lumière des projecteurs. Sébastien Mérette, un policier de la Sûreté du Québec (SQ), est ce type d'individu. Le 9 août dernier, il a sauvé la vie d'une fillette de deux ans à Saint-David-de-Falardeau. L'événement n'a pas fait la manchette et avant d'accorder une entrevue, le policier voulait s'assurer que l'enfant qu'il a secourue ne conserverait aucune séquelle.

Sur la photo : Sébastien Mérette et Malia,... (Courtoisie) - image 1.0

Agrandir

Sur la photo : Sébastien Mérette et Malia, les ambulanciers Guy-Daniel Ouellet et Steeve Perreault et les parents de Malia, Jonathan Maho et Amélie Artault. Tous ont pris part à une rencontre organisée par la Sûreté du Québec la semaine dernière.

Courtoisie

Avec un mois de recul, le policier de 28 ans demeure très humble au sujet de son intervention auprès de Malia Maho, une bambine retrouvée par ses parents alors que son petit corps inanimé flottait dans la piscine d'un voisin. Il a fait ce qu'il avait à faire, dit-il, et a mis en pratique les notions acquises dans le cadre de sa formation en techniques policières. Sébastien Mérette est modeste, certes, mais pas moins ému par les événements qui ont marqué ce quart de travail fatidique du 9 août 2017.

Ce jour-là, il amorçait son quart de soir au poste de la SQ de Saint-Ambroise lorsqu'un appel 911 est entré. Il était 14h23, précisément. Les parents de la petite Malia, Jonathan Maho et Amélie Artault, étaient en panique. Sébastien Mérette et son collègue Nicolas Lachance n'ont fait ni une ni deux et se sont dirigés vers la résidence du couple. Arrivés sur les lieux, ils ont trouvé une petite fille de deux ans et demi allongée sur l'asphalte de la cour, inerte, son père penché sur elle en tentant désespérément de la sauver.

Nicolas Lachance a pris les parents sous son aile, tandis que Sébastien Mérette s'est rué sur le petit corps qui ne présentait alors aucun signe de vie. Le jeune policier a immédiatement commencé à pratiquer des manoeuvres de réanimation. Ses notions de RCR (réanimation cardio-respiratoire) ont été mises à profit rapidement. Il s'est mis à exercer des pressions d'une seule main sur la poitrine de la fillette, comme il est recommandé de le faire lorsque la victime est un enfant en bas âge, puis à lui souffler dans la bouche. Trente pressions sur la poitrine, deux souffles, 30 pressions, deux souffles. Pendant une quinzaine de minutes, il a été seul avec Malia, fournissant des efforts surhumains pour la maintenir en vie. Pendant de longues minutes, il n'y avait plus rien, puis, soudainement, le policier a décelé un pouls. Fragile, mais perceptible.  

«À force de souffler, j'ai réussi à avoir un pouls. Les ambulanciers sont arrivés. Je leur ai dit que je pensais avoir quelque chose, mais ils devaient me le confirmer avec leurs appareils. Ils ont utilisé un ballon d'air. Elle s'est mise à respirer par elle-même, mais elle était inconsciente», raconte Sébastien Mérette, qui confie avoir été soulagé lorsqu'il a entendu la sirène de l'ambulance retentir à quelques lieues de la maison.

Les ambulanciers Steeve Perreault et Guy-Daniel Ouellet sont débarqués et ont pris la petite en charge. Sébastien Mérette est monté à bord de l'ambulance. À l'hôpital, il a toutefois dû prendre du recul.

«Mon collègue emmenait les parents en auto. Je ne voulais pas les rencontrer à l'hôpital de peur qu'ils me demandent comment la petite allait. Je ne pouvais pas leur dire qu'elle allait bien parce que même si son corps était correct, cérébralement, on ne le savait pas», relate Sébastien Mérette, qui a accepté d'accorder une seule entrevue médiatique.

«On enclenche et on se met dans une petit bulle»

Après son arrivée à l'urgence de l'hôpital de Chicoutimi, Malia a été transférée par avion dans un établissement de santé de Québec. Sébastien Mérette, lui, est retourné au poste de la SQ de Saint-Ambroise et a repris du service. Il a été remué par les événements, mais s'est senti apte à terminer son quart de travail.

Plus tard, chez lui, le papa d'un bébé de six mois a passé les événements en revue. L'adrénaline tombée, il a pris pleinement conscience de ce qui s'était produit quelques heures plus tôt, alors que la vie d'un petit être a bien failli lui filer entre les doigts.

«Sur le coup, on ''focusse'' sur le travail et sur ce qu'on a à faire. On doit s'occuper de la petite et il n'y a pas d'autre chose à faire. On enclenche et on se met dans une petite bulle», explique Sébastien Mérette, qui a dû faire preuve d'un implacable sang-froid et se rendre imperméable aux cris et aux pleurs de détresse des parents, situés directement derrière.

La quasi-noyade de la fillette est survenue le 9 août. Ce n'est que six jours plus tard que Sébastien Mérette a appris que Malia était hors de danger et ne conserverait aucune séquelle, bien qu'elle ait manqué d'oxygène pendant de longues minutes. Pour le policier, le sentiment provoqué par une telle annonce demeure complexe à définir.

«Quand on vit une expérience comme ça, le dossier ne se ferme pas tant qu'on ne la revoit pas (la victime). Jeudi passé, j'ai vu la famille. Je suis allé les chercher à leur résidence et on a eu une petite rencontre aux bureaux de la MRC avec les ambulanciers. Les dernières images qu'on avait de la petite, c'était pas beau. En la revoyant, on a pu remplacer cette image», enchaîne Sébastien Mérette, qui cumule cinq années d'expérience à la SQ.

La rencontre de la semaine dernière a permis au policier de fermer les livres, même si Sébastien Mérette convient qu'il n'est pas près d'oublier ce chapitre de sa vie professionnelle. Elle a aussi servi de prémisse aux parents de Malia pour témoigner de leur gratitude à l'égard du policier et des ambulanciers qui ont pris leur fille en charge.

«Je pense qu'ils m'ont remercié mille fois», confie l'agent de la paix. Pendant qu'elles échangeaient et revenaient sur les événements qui les ont placées sur le même chemin, les parties impliquées avaient de quoi sourire. En trame de fond, courant à pleins poumons, se trouvait une bambine de deux ans agrippant contre sa poitrine un ourson à l'effigie de la Sûreté du Québec. Il s'agissait du deuxième cadeau offert par Sébastien Mérette.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer