Des stations flexibles pour aider à apprendre

Les cinq classes de deuxième année de l'école... (Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Les cinq classes de deuxième année de l'école Jean-Fortin, à Saint-Honoré, bénéficient d'aménagements flexibles pour favoriser leur éveil à la lecture. Les écoliers peuvent lire dans des bacs, sur des ballons ou sur des coussins, comme le fait ici la petite Annabelle Verreault.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Les élèves des cinq classes de deuxième année de l'école Jean-Fortin, à Saint-Honoré, ont bien de la chance. Cette année, leurs enseignantes ont choisi de troquer le cahier d'exercices en français pour une approche axée sur la littératie. Par l'entremise de stations flexibles aménagées dans chacun des locaux, quelque 90 enfants pourront approfondir leurs connaissances en lecture et en écriture, le tout dans un environnement ludique, confortable et amusant.

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Les enseignantes de deuxième année Maryse Boulianne, Caroline Moreau, Nathalie Fillion, Marie-Claude Laberge et Hélène Tremblay, en compagnie de la directrice adjointe de l'école Jean-Fortin de Saint-Honoré, Sonia Sirois.

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La fin des classes rime habituellement avec renouvellement du matériel pédagogique pour les enseignants du primaire. Dès juin dernier, Caroline Moreau, Nathalie Fillion, Marie-Claude Laforge, Maryse Boulianne et Hélène Tremblay savaient qu'elles avaient envie de se diriger vers une nouvelle philosophie d'enseignement, largement axée sur l'apprentissage de la lecture. Leur objectif : fournir aux élèves de sept et huit ans des outils pour les rendre plus autonomes dans ce domaine. C'est connu, plus un enfant lit, plus la réussite scolaire demeure à sa portée. C'est donc dans cet esprit que les cinq collègues se sont lancées, acquérant les articles et le mobilier nécessaires pour concrétiser leur projet.

Leur façon de faire se base sur l'approche « Les 5 au quotidien », laquelle prône la lecture à soi, la lecture à l'autre, l'écoute de la lecture, l'étude des mots et l'écriture. 

« On construit notre propre routine en permettant aux élèves de lire dans différentes stations et aménagements flexibles. Ils peuvent lire sur des poufs, dans une tente, dans des bacs ou sur des ballons d'exercices. On a aussi des piscines à coussins que les élèves peuvent utiliser », explique l'une des enseignantes, Caroline Moreau. Le but, c'est que l'enfant se sente le plus confortable possible et qu'il prenne goût à la lecture. 

L'année scolaire venant tout juste de débuter, les élèves se concentrent actuellement sur la lecture en solo à raison de deux ou trois séances d'une dizaine de minutes par jour. Lors du passage du Quotidien dans la classe de Mme Nathalie, ils étaient tous sages comme des images, le nez fourré dans les pages d'un bouquin qu'ils avaient eux-mêmes choisi.

Le concept implanté en deuxième année inclut aussi des stations de lecture taillées aux besoins des enfants qui préfèrent être debout. Des bureaux plus hauts leur permettent de lire dans leur position favorite.

Stations dures

Dans la même optique, des stations « dures » ont été aménagées par les enseignantes. Ainsi, les enfants travaillent à un bureau assis sur des ballons sauteurs, dans des fauteuils coussinés ou sur des caisses de lait au dessus rembourré. Ils peuvent alterner d'une station à l'autre et ainsi assouvir leur besoin de varier leur environnement de travail et de se dégourdir.

« On dit que la période de concentration d'un enfant correspond à peu près à son âge. On parle donc de sept à huit minutes pour des enfants de 2e année », pointe la directrice adjointe de l'école Jean-Fortin, Sonia Sirois. À cela, l'enseignante Caroline Moreau ajoute que les profs tentent de limiter les périodes d'enseignement à une dizaine de minutes, avant de permettre aux écoliers de changer de position et de station. 

Sans devoirs

Les cinq enseignantes, qui ont déployé leur projet grâce à l'appui de l'orthopédagogue Sophie Rousseau-Tremblay, ont aussi opté pour une politique sans devoirs. Elles adhèrent donc à un courant qui gagne en popularité chez les enseignants québécois. Les professeurs du primaire sont de plus en plus nombreux à abandonner les travaux imposés au profit de la lecture. Ce faisant, ils espèrent qu'à la maison, les enfants se retrouveront plus souvent avec un livre entre les mains.

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L'autonomie en matière de lecture est la clé de la réussite scolaire. Les enseignantes de deuxième année de l'école Jean-Fortin en sont bien conscientes et ont aménagé leurs classes de façon à ce que les enfants aient envie de lire dans un environnement confortable et stimulant.

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Le virage lecture de Mme Nathalie

Nathalie Fillion, qui cumule une vingtaine d'années dans le domaine de l'enseignement, est allumée par le virage lecture. Elle a utilisé une bonne partie de son budget de classe pour acquérir plein de nouveaux livres et albums destinés aux 18 élèves regroupés sous son aile. 

L'enseignante pointe que la nouvelle approche axée sur la littératie est « gagnante » pour les enfants et leurs parents, mais aussi pour les profs, qui peuvent inculquer une routine plus facilement, tout en suscitant l'intérêt de leurs jeunes apprenants. 

« On modélise les comportements. Ils savent que le son du carillon met fin à la période de lecture et qu'ils doivent regagner leur place », explique-t-elle. 

Avec les réseaux sociaux, les enseignants du primaire désireux de rendre leurs classes plus agréables et vivantes ne manquent pas de ressources pour s'inspirer. Il y a d'ailleurs une tendance marquée, particulièrement chez les jeunes profs, pour l'aménagement d'un espace-classe qui détonne des rangs de pupitres traditionnels. Qu'il s'agisse de groupes Facebook regroupant des enseignants motivés qui partagent leurs bonnes idées ou d'épingles plantées sur Pinterest pour nourrir leur génie créatif, les profs échangent et s'inspirent entre eux. 

L'implantation d'aménagements flexibles, au même titre que la priorité accordée à la lecture, s'inscrit dans un courant qui prône une école primaire colorée et dynamique, correspondant davantage aux caractéristiques et aux besoins des élèves d'aujourd'hui. Ces jeunes sont actifs, souvent familiers avec les nouvelles technologies et ne manquent pas de stimuli. 

Pionnières

Les classes de deuxième de l'école Jean-Fortin agissent comme pionnières, dans le sens où aucun autre établissement de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay n'a déployé d'initiative pareille à aussi grande échelle. La méthode « 5 au quotidien » est certes utilisée par d'autres enseignants de la CS, qui ont eux aussi opté pour des aménagements de classe flexibles, mais il ne s'agit pas d'une formule répandue. Qui sait ? D'autres classes de l'école de Saint-Honoré, en pleine expansion provoquée par un accroissement de la population, emboîteront peut-être le pas. Cette possibilité n'est certainement pas écartée par la directrice adjointe, Sonia Sirois. Mélyssa Gagnon




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