Vus plus vite à Roberval

La liste d'attente en ophtalmologie est si longue,... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

Agrandir

La liste d'attente en ophtalmologie est si longue, à Chicoutimi, que des patients doivent se rendre à Roberval pour une consultation.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Devant l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous à Chicoutimi dans un délai raisonnable, des personnes âgées du Saguenay doivent se rendre à Roberval pour une consultation en ophtalmologie. Jugée inacceptable par de nombreux usagers, la situation est également déplorée par la direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui promet d'y voir.

Denise Lapierre, une dame de 79 ans de Jonquière, a écrit au Quotidien (voir lettre en page 13) pour dénoncer cette pratique. Soupçonnant un glaucome, son optométriste l'a référée en ophtalmologie pour des examens plus approfondis. À Chicoutimi, on lui a signifié que le délai d'attente était de deux ans. On lui a donc proposé de se rendre à Roberval pour être vue plus rapidement. C'est ce qu'elle a fait en juin. Cependant, la septuagénaire n'en revient pas d'avoir dû parcourir cette distance, à un âge aussi vénérable. D'autant plus qu'elle devra y aller une seconde fois dans quelques mois.

« Je suis chanceuse, me dit-on, car j'ai eu un rendez-vous à Roberval. J'ai 79 ans et dans quelques années, ce sera les cataractes. À Roberval ? Non ! Quel beau respect envers les personnes âgées », écrit Denise Lapierre, avec qui nous avons aussi discuté par téléphone. 

La dame met en relief les désagréments et les coûts relatifs à un tel périple pour une personne du troisième âge. 

« Je m'insurge contre un tel contrôle sur ma vie. N'y aurait-il pas lieu d'avoir des ophtalmologistes de Québec qui viendraient à la rescousse disons, deux jours semaine ? », s'interroge celle qui relève qu'un nombre croissant d'aînés sera forcé de faire un voyage de trois heures aller-retour, un périple nécessitant l'entrée en scène d'un chauffeur.

Inacceptable

Adjoint à la présidente-directrice générale et directeur des communications au CIUSSS, Jean-François Saint-Gelais reconnaît qu'il y a un problème. S'il estime que la possibilité d'obtenir un rendez-vous dans un délai plus rapide, ici en région, représente une bonne nouvelle, il convient que « ça ne marche pas » pour les personnes vulnérables.

« Le fait qu'on ait une prise en charge plus rapide en dirigeant les patients vers Roberval, on doit se féliciter de ça. Ce n'était pas le cas avant. Mais quand il s'agit de personnes plus âgées et que ça implique la conduite l'hiver, il y a un problème. [...] Pour les personnes âgées à qui on demande de faire plus d'une heure de route pour aller à un rendez-vous, ça ne peut pas tenir. Cette dame ne doit pas être la seule dans cette situation », a déclaré le porte-parole.

Jean-François Saint-Gelais fait part de la volonté de la direction du CIUSSS de discuter avec les professionnels concernés pour « essayer de solutionner ça » rapidement.

« En clinique, il faudra prendre en considération la situation et l'âge du patient. On va interpeller nos équipes médicales là-dessus », assure-t-il.

Le public sous-traite au public

Comme c'est de plus en plus le cas en médecine spécialisée, le public fait de plus en plus affaire avec le privé. 

Au même titre que l'oto-rhino-laryngologie et la pédiatrie, l'ophtalmologie requiert les services de médecins qui ont leurs propres cabinets, mais qui pratiquent aussi à l'hôpital. Cette façon de faire permet un accès plus rapide dans certaines spécialités. C'est pourquoi Denise Lapierre a été dirigée vers une clinique privée de Roberval. 

« De plus en plus, ils (le ministère) ont sorti les spécialistes des hôpitaux, qui ont leurs bureaux ailleurs. Le recours au privé est un système qui permet un accès plus rapide, mais on ne peut pas appliquer ça à la lettre pour tout le monde », convient Jean-François Saint-Gelais, qui indique que la condition physique ou l'état de santé d'un patient dans la quarantaine n'est nécessairement pas le même que pour une personne âgée. 

Manque de ressources

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il y a un manque en ophtalmologie, ce qui a nécessairement un impact sur les délais d'attente. Selon les données fournies par le CIUSSS, le plan régional d'effectifs médicaux (PEM) précise que le territoire desservi par l'hôpital de Chicoutimi aurait besoin de cinq spécialistes. Seulement quatre y pratiquent. Alma compte un seul ophtalmologiste, mais aurait besoin du double. Il n'y a qu'à Roberval où les effectifs sont suffisants, avec deux spécialistes.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer