Un parti rongé par le pouvoir

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Jean-Pierre Blackburn croit qu'il sortira gagnant de sa démission à titre de chef du Parti des citoyens de Saguenay.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Le nouveau candidat indépendant à la mairie de Saguenay, Jean-Pierre Blackburn, a mis cartes sur table mardi après-midi en expliquant les motifs qui l'ont poussé à quitter la chefferie du Parti des citoyens de Saguenay (PCS), une formation rongée par les dissensions internes et par la volonté de certains élus et non élus de conserver certains privilèges.

À l'occasion d'une conférence de presse tenue à sa résidence personnelle, M. Blackburn a déclaré qu'en arrivant à la tête du parti, sa volonté était de mettre à contribution l'expérience des conseillers sortants tout en insufflant à la Ville un nouveau dynamisme axé sur le changement. 

Or, M. Blackburn soutient avoir plutôt frappé un mur de résistance fondé sur quatre facteurs principaux.

Le premier est, selon lui, la volonté de certains personnages qu'il a nommés plus tard comme étant le conseiller Luc Boivin, l'actuel maire et le président-directeur général de Promotion Saguenay Ghislain Harvey de vouloir conserver une influence autour de la table du conseil municipal. Le second facteur est l'intention du personnel du cabinet à la mairie de continuer à demeurer en poste après le 5 novembre en exigeant des engagements, sans quoi, il ne s'impliquerait pas dans la campagne électorale. 

Un troisième motif est le comportement de candidats sortants qui ont refusé de changer la dynamique de travail en s'absentant des réunions du caucus tenues au départ en deux temps, soit le groupe des anciens et les nouveaux. Ç'a été le cas, selon lui, pour Luc Boivin qui a été absent des 15 réunions du caucus sous son règne, sauf pour une présence de seulement quinze minutes. « Je me suis dit que je ne continuerai pas à gérer des enfants », a-t-il déclaré. 

Enfin, le refus de la vieille garde du PCS d'introduire de nouveaux membres de sa propre équipe comme Johnny Simard, Daniel Gaudreault, Régis Gaudreault et Louise Malaison dans la machine a constitué un autre point de friction. Selon lui, aux yeux de ces hauts dirigeants, personne n'avait de qualité ou n'était tout simplement pas aimé. M. Blackburn a fait savoir sa volonté ferme de s'entourer de nouveaux collaborateurs s'il devient maire, ce qui n'a pas plu à certains. D'autres voulaient avoir des assurances quant à leur nomination à certains postes, entre autres à l'exécutif. 

Il a dit comprendre qu'au plan humain, certains membres du cabinet veuillent conserver leur privilège, mais ajoute du même souffle que de tels engagements ne peuvent être pris. 

« Au départ, je croyais que j'aurais la latitude nécessaire pour diriger le parti alors qu'on me disait que je serais libre de mes actes. Après bien des efforts et des mains tendues, j'ai décidé de quitter ce parti. Ne plus être moi-même, qui a toujours été respectueux des citoyens, de mes collègues et des médias, n'était pas acceptable. »

Parmi les exemples du fait qu'il n'avait pas les coudées franches, M. Blackburn a mentionné que sa volonté de prendre des engagements dans le dossier de la bibliothèque de La Baie avec l'église Saint-Édouard s'est butée à une forte obstruction au point même où il devenait impossible de rédiger un communiqué de presse. Il a pointé entre autres le conseiller Luc Boivin et la candidate Carole Dallaire.

Lors de la période de questions, M. Blackburn a mentionné qu'en raison de la bisbille causée par la présence de son entourage, Daniel Gaudreault et Johnny Simard lui ont offert de démissionner samedi dernier. «J'ai réfléchi sur le sujet et je me suis dit que même si j'acceptais ces démissions, ça ne réglerait rien. Je ne pouvais continuer comme ça. J'aimais mieux repartir à la case départ même si la tâche est plus difficile ».

Pas le dauphin

M. Blackburn a mentionné que son arrivée à la tête du PCS n'a pas été justifiée parce qu'il était le dauphin d'une quelconque machine. Selon lui, le PCS était à la recherche d'un candidat et ce sont des sondages internes qui ont révélé qu'il pourrait obtenir 45 % des votes de la population. Même après qu'il ait été jugé l'homme de la situation, les recherches se sont poursuivies par les chasseurs de têtes.

Malgré le brassage soulevé par sa démission au sein du PCS, M. Blackburn croit qu'il sortira gagnant puisque depuis lundi, les témoignages d'électeurs entrent en masse pour lui faire savoir qu'ils l'appuieront le 5 novembre prochain puisqu'ils estiment que l'époque de l'arrogance et des débats belliqueux au sein de l'hôtel de ville est maintenant révolue

Il a terminé en déclarant qu'advenant son élection, il tendrait la main aux présidents d'arrondissement afin qu'ils participent aux travaux du comité exécutif, sans leur accorder de droit de vote.

Le conseiller municipal Luc Boivin a réitéré son intention... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 2.0

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Le conseiller municipal Luc Boivin a réitéré son intention de se représenter à un poste de conseiller municipal tout en reconnaissant avoir des affinités avec le candidat indépendant Arthur Gobeil.

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

Des interventions justifiées, selon Luc Boivin

Le conseiller municipal Luc Boivin reconnaît qu'il a eu des divergences de vues dans certains dossiers avec l'ex-chef du PCS, Jean-Pierre Blackburn, mais ajoute du même souffle que ses interventions étaient justifiées par la volonté d'assurer une bonne gestion de la Ville plutôt que d'aller de l'avant avec des promesses impossibles à tenir.

Invité à livrer ses réactions aux propos tenus par M. Blackburn. M. Boivin reconnaît qu'il a été absent à plusieurs reprises aux rencontres du caucus, mais soutient avoir justifié ses absences par son travail à la tête de la Fromagerie Boivin. « J'ai une grosse entreprise à gérer. Nous sommes présentement en processus d'intégration d'une autre entreprise. Il était impossible pour moi d'assister aux réunions. »

M. Boivin reconnaît également avoir émis des réticences en privé à M. Blackburn concernant la composition de son équipe électorale et il estime que son rôle était de lui en faire mention. « J'ai invité Jean-Pierre Blackburn à participer à une réunion de l'UPA à laquelle participait Pierre Girard. Les résultats n'ont pas été selon mes attentes, mais c'était mon soldat quand même. »

Après huit ans d'implication en politique municipale comme conseiller, M. Boivin affirme qu'il a appris son travail à l'école des Marina Larouche et Jean-Yves Provencher pour devenir un gestionnaire des deniers publics et non pas pour se faire élire. C'est ce qui explique qu'il ait émis des réticences face aux intentions de M. Blackburn d'aller de l'avant avec la transformation de l'église Saint-Édouard en une bibliothèque au coût de 20 M$. Il affirme avoir informé M. Blackburn de l'impossibilité de ce projet étant donné qu'en vertu des normes gouvernementales, La Baie nécessiterait un établissement de 2000 mètres carrés (comparativement à 1180 m2 pour la bibliothèque actuelle) alors que l'église Saint-Édouard ne permettrait que d'y aménager une bibliothèque de 660 mètres carrés. « Quand tu promets des choses en campagne électorale, tu vis avec tes décisions lorsque tu es élu. »

Abordant le dossier de la rénovation du réseau routier, M. Boivin affirme que du travail visant à dépolitiser ce dossier a été accompli, entre autres, par son collègue Michel Tremblay, avec la préparation d'une étude complète établissant un portrait de situation des rues de la ville permettant de prendre des décisions justifiables.

Affinités

M. Boivin a réitéré son intention de se représenter à un poste de conseiller municipal tout en reconnaissant avoir des affinités avec le candidat indépendant Arthur Gobeil. 

« M. Gobeil est quelqu'un que je connais depuis longtemps et que j'estime. J'ai joué au hockey avec son fils et comme comptable chez Raymond Chabot, il a participé aux travaux de restructuration de l'administration de la Ville après le départ de Daniel Gaudreault avec l'implantation d'un système de gestion par activité ».

Selon lui, M. Gobeil serait un excellent président du Conseil du trésor de la Ville. Toutefois, il croit qu'il est impossible présentement pour un candidat indépendant de se faire élire autour de la table du conseil.

Au début de juillet, M. Boivin a tenu une rencontre avec le candidat Arthur Gobeil accompagné de Pierre Girard, un visage connu dans le monde du syndicalisme agricole régional.

Le PCS doit nommer un chef sans délai

(Mélyssa Gagnon) - S'il souhaite se conformer aux règles dictées par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), le Parti des citoyens de Saguenay (PCS) devra se doter officiellement d'un chef au cours des prochaines heures. En fin d'avant-midi, mardi, le nom du maire Jean Tremblay, qui a annoncé qu'il prenait l'intérim, ne figurait pas encore dans les registres de l'organisme gouvernemental.

«Quand il y a un départ, le parti doit rapidement nommer un chef ou un chef par intérim. Quand on dit rapidement, cela veut dire dans les heures suivantes. C'est la Loi qui dicte qu'on doit nommer un chef sans délai», rappelle Alexandra Reny, porte-parole du DGEQ.

Elle ajoute que le chef est la personne garante du parti et celle qui signe tous les documents officiels, d'où l'importance de nommer quelqu'un rapidement.  

«La plus grande préoccupation du DGE, c'est qu'un chef soit en place. Ce sont eux qui signent les rapports financiers annuels et ils sont imputables», poursuit la responsable des relations médias.

Évidemment, la nomination d'un chef, qu'il soit permanent ou intérimaire, relève de la régie interne. 

«Un chef peut être chef, mais ne pas être candidat», fait valoir Alexandra Reny. 

Même s'il a écarté cette possibilité, Jean Tremblay pourrait redevenir le chef permanent du PCS, si tel était son souhait. En ce qui concerne les candidatures, qu'il s'agisse du poste de maire ou de conseiller, les bulletins doivent être déposés au plus tard le 6 octobre.




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