Jean-Pierre Blackburn quitte le PCS

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Jean-Pierre Blackburn quitte le Parti des citoyens de Saguenay.

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Jean-Pierre Blackburn quitte le Parti des citoyens de Saguenay (PCS). À moins de trois mois des élections municipales, le candidat à la mairie de Saguenay reprend sa liberté et poursuit sa campagne à titre d'indépendant.

«J'étais dans un carcan et j'y mets fin. Je le brise. Il m'empêchait de m'épanouir, et d'être en phase avec les électeurs», a-t-il déclaré lundi matin. 

Jean-Pierre Blackburn a lu une déclaration d'un peu plus de cinq minutes devant les journalistes convoqués un peu plus tôt pour un point de presse à l'Hôtel Delta Saguenay. Le candidat a suscité la surprise en annonçant qu'il tournait le dos à l'organisation.

«Je vous annonce que je reprends, à partir de maintenant, ma liberté, a-t-il affirmé d'emblée. Je veux avoir les coudées franches, et non plus me battre entre deux clans dont l'un ne jure que par la continuité au lendemain du 5 novembre, et le second pour un véritable changement au lendemain du 5 novembre, ce que je préconise avec force.» 

Jean-Pierre Blackburn a souligné que sa décision est le fruit d'une réflexion amorcée il y a quelques jours. Il rencontrera son équipe de bénévoles mardi matin à 7h15, a-t-il expliqué dans un court appel téléphonique au Quotidien, lundi soir. «On doit tout reprendre. Nous n'avons aucun sou dans les coffres. Il faut tout recommencer, mais je sais me virer de bord!»

Selon lui, plusieurs bénévoles de son équipe vont le suivre plutôt que de demeurer avec le Parti des citoyens de Saguenay. Il devrait être en mesure de faire d'autres annonces dès mardi.

«Je ne me voyais plus poursuivre dans une direction de confrontation, où nous allons perpétuer ce qui se passe actuellement entre les membres du parti de l'ERD et le conseil actuel, a-t-il dit en point de presse, en matinée. Ce que nous reprochions à l'ERD, c'est le même modèle que nous nous apprêtions à reproduire, ce que les citoyens ne veulent pas! Je préfère maintenant mettre fin aux velléités des autres, lesquelles ne sont pas les miennes, et dont je ne veux pas hériter, pour me consacrer plutôt à une campagne électorale qui me ressemble, non pas basée sur le rétroviseur, mais bien vers l'avant.» 

Jean-Pierre Blackburn est d'avis que la présence de Jean Tremblay se fait trop sentir pour penser prendre les rênes du parti qu'il a fondé. «Je crois que c'est effectivement son parti, le parti du maire Jean Tremblay. Il ne peut être celui d'un successeur, du moins pas maintenant, tant son ascendant et sa personnalité transcendent au sein de l'organisation. » 

Le nouveau candidat indépendant a tout de même adressé quelques mots de remerciement à l'endroit de Jean Trembay. «Je le remercie sincèrement pour le support accordé jusqu'à maintenant, d'autant plus qu'il est une personne que j'apprécie.» 

Il s'est aussi adressé aux membres du PCS. «À chacun des 13 membres de l'équipe au sein du PCS, sans doute plusieurs vont amorcer une réflexion nouvelle. Je leur souhaite donc d'être sereins et de faire un choix selon leurs convictions et valeurs», a affirmé celui qui a remercié les bénévoles qui l'ont accompagné depuis les débuts. 

Jean-Pierre Blackburn a mis fin à son point de presse en rappelant ses sept engagements pris jusqu'à maintenant. Il n'a pas répondu aux questions des journalistes, chose qu'il fera lors d'une prochaine rencontre de presse. «À partir de maintenant, je reprends ma liberté d'action, de parole et d'agissements. Je reviens à ma vitesse de croisière», a-t-il conclu avant de quitter la salle en affichant un air soulagé. Avec Katerine Belley-Murray

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Jean Tremblay

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Aussitôt parti, aussitôt discrédité

(Anne-Marie Gravel) - Jean Tremblay estime que Jean-Pierre Blackburn a pris une bonne décision en quittant le Parti des citoyens de Saguenay. Celui qui prendra les rênes du PCS en attendant de trouver un nouveau chef est convaincu que l'ex-candidat du parti n'a pas ce qu'il faut pour diriger la Ville. 

«Jean-Pierre Blackburn, c'est évident qu'il n'est pas capable de diriger une équipe. On l'a bien vu, ça ne marchait pas pantoute. Comment tu fais pour diriger une Ville si t'es pas capable de diriger une équipe de campagne? C'est impensable. Jean-Pierre, je l'aime beaucoup, mais il n'a pas ce talent-là. Il en a sûrement d'autres, mais il n'a pas le talent de diriger une équipe. Je pense que ça devenait de plus en plus évident. Je pense qu'il a pris une bonne décision», a affirmé Jean Tremblay au cours d'un entretien téléphonique lundi matin. 

«Ce n'est pas pour rien qu'il part. Il n'est pas fou. Il a pris conscience du fait qu'il n'est pas capable de diriger une équipe», a-t-il ajouté. 

Le maire n'avait pas été informé de la décision de Jean-Pierre Blackburn avant que celui-ci en fasse l'annonce publiquement. Il affirme toutefois qu'il n'est pas particulièrement surpris de la situation. 

«Je voyais bien que ça ne marchait pas. C'était évident. C'est un art de savoir diriger des êtres qui ont de grosses personnalités, être capable de les réunir, leur faire faire un travail efficace. C'est pas n'importe qui qui peut faire ça. Ça faisait deux mois que c'était évident que Jean-Pierre ne serait pas capable. Ça m'inquiétait beaucoup, c'était impossible. Ça se sentait qu'on ne pourrait pas se rendre au mois de novembre. Plusieurs ne sont pas si surpris que ça de sa décision», a-t-il assuré, soulignant tout de même qu'il ne pensait pas que Jean-Pierre Blackburn allait tourner le dos au PCS. «On pense toujours que les choses vont s'améliorer.»

Jean Tremblay prend la direction du Parti des citoyens de Saguenay temporairement, en attendant de trouver un nouveau chef. Il ne remet toutefois pas en question sa décision de se retirer de la vie politique. 

«Je vais prendre la direction du parti en attendant. On verra par la suite comment ça va fonctionner. J'exclus complètement la possibilité de rester. Je vais réunir cette semaine des gens, pour faire le point. Peut-être que certaines personnes se manifesteront, qu'elles verront une opportunité. Il y a déjà pas mal de travail de fait», a-t-il conclu.

Ce qu'ils ont dit

Éric Larouche, homme d'affaires

«  Ça ne change pas ma réflexion. C'est très très loin d'être sûr que j'irais au Parti des citoyens si je décide de me lancer. Si je n'ai pas été candidat lors de la première investiture, je ne vois pas pourquoi là ce serait différent. Pour ce qui est de la course à la mairie, je continue d'y penser. Je n'ai pas encore de décision à annoncer. »

Luc Boivin, conseiller municipal

« J'ai demandé des comptes et je ne suis pas le seul. Jean-Pierre a dépensé combien ? Les gens qui ont contribué au PCS ont contribué à un parti, pas à Jean-Pierre Blackburn. Il y a de l'argent dans les coffres du parti qui a servi à faire la promotion de Jean-Pierre et maintenant il part comme indépendant. »

Carl Dufour, conseiller municipal indépendant et président de l'arrondissement de Jonquière

« J'aime bien ce qu'il a dit concernant la manière dont il veut travailler, avec les gens en place et non juste avec les conseillers d'un parti. Moi ça ne change par contre rien à ma position. Je reste indépendant. Je ne crois pas aux partis politiques municipaux. Ça ne marche pas. Il y a des lignes de parti que les conseillers doivent suivre. Les citoyens le savent bien ! (...) La campagne est encore jeune et beaucoup de choses peuvent encore arriver dans les prochaines semaines. Je suis quand même déçu pour certains confrères et consoeurs qui ont cru en Jean-Pierre Blackburn plus qu'au Parti des citoyens de Saguenay. Il y a des gens de bonne foi qui ont cru en lui. »

Propos recueillis par Katerine Belley-Murray




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