Une crise du bleuet à l'horizon

Les cueilleurs devront accepter une baisse de trois... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Les cueilleurs devront accepter une baisse de trois cents la livre.

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La situation économique des propriétaires indépendants de bleuetières se détériore rapidement. Une véritable catastrophe se dessine au Lac-Saint-Jean alors que les prix annoncés pour «l'or bleu» à 20 cents la livre sont largement inférieurs aux coûts de production.

En plus de ces producteurs indépendants qui devront composer avec des baisses de revenu majeures, un conflit se dessine chez les travailleurs autonomes qui récoltent le petit fruit. Les cueilleurs ont appris au cours des dernières heures qu'ils allaient devoir accepter une baisse de trois cents la livre pour la récolte. Ils passent ainsi de 10 cents à sept cents la livre et devront ainsi «payer pour travailler», suivant l'expression populaire.

Une importante réunion des propriétaires indépendants a eu lieu mardi soir au motel Chute des pères de Dolbeau-Mistassini. Au moins 37 propriétaires ont assisté à l'événement selon les sources du Quotidien. De ce nombre, deux ont déjà quitté l'industrie puisqu'ils ont déposé les clés à la banque jeudi alors que d'autres annoncent qu'ils ne pourront tenir encore longtemps à ce rythme. Personne n'ose cependant parler publiquement du problème pour le moment.

Ils craignent de se faire boycotter par des transformateurs de la région, en plus de prendre en consigne la production des producteurs indépendants.

«Nous demandons au gouvernement du Québec d'intervenir pour nous aider. Il est inutile d'entreprendre une bataille. On ne sera jamais capable de faire des gains. Ça prend une intervention de Québec pour nous aider», a insisté à plusieurs reprises le producteur indépendant désigné par le groupe pour contacter Le Quotidien.

Une étude économique réalisée par le Club bleuet arrivait à la conclusion qu'avec un prix de 30 cents en 2016, 20 % des producteurs indépendants risquaient la faillite. Avec un prix de 30 cents en 2017, toujours selon l'étude, ce sont 50 % de producteurs qui risquent la faillite et le prix annoncé pour cette année n'est pas de 30, mais bien 20 cents que l'on attribue à la surproduction mondiale.

À titre d'exemple, advenant un gel dans une bleuetière assurée, la Financière agricole verserait 28 cents la livre au producteur. «Il y a deux problèmes. Celui de la transparence et celui de la provenance des bleuets. Nous devons avoir un mécanisme qui va nous permettre de connaître les véritables coûts du lavage des bleuets et de leur conditionnement pour l'exportation», poursuit le producteur.

Les producteurs indépendants déposent en consigne les bleuets qu'ils récoltent. Les transformateurs se chargent de traiter les bleuets pour l'exportation. Les producteurs indépendants estiment qu'ils n'ont aucun moyen de vérifier la véracité des frais imposés par les transformateurs. Ils n'ont pas plus la capacité de créer un troisième groupe indépendant qui pourrait se charger du traitement et de l'exportation.

Le Syndicat des producteurs de bleuets est dirigé par les grands producteurs et leurs associés et les producteurs indépendants.

Le problème de la récolte pourrait quant à lui être beaucoup plus difficile à régler rapidement pour les grands transformateurs. Les travailleurs de ce secteur sont indépendants et pourraient tout simplement décider de ne pas se présenter au travail avec leur machine un bon matin. Les bleuets risquent donc de mourir sur les plants si les grands transformateurs maintiennent la réduction des prix à la livre pour la présence saison.

Ils ont cependant été informés que les grands transformateurs songeaient à les remplacer par des travailleurs étrangers au salaire minimum. Les cueilleurs vont donc demander au gouvernement d'empêcher le recours aux travailleurs étrangers pour remplacer les travailleurs autonomes locaux qui ont acheté des machines pour récolter les bleuets.

Le mouvement de contestation pourrait prendre racine de façon plus formelle la semaine prochaine alors qu'une importante réunion des producteurs est en préparation. Le bureau du premier ministre Philippe Couillard a déjà été sensibilisé à ce problème de même que le ministre Laurent Lessard et la direction de l'Union des producteurs agricoles.




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