Une retraite généreuse en Bolivie pour Martin Belley

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Martin Belley consacre sa retraite à faire du bénévolat en Bolivie.

Le Progrès, Dominique Gobeil

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Pour leur projet de retraite, certains choisissent de s'impliquer comme bénévole, de méditer à leur chalet sur leur bord d'un lac ou de voyager à travers le monde. Le Jeannois Martin Belley a plutôt décidé de construire un parc écologique et touristique dans un petit village de Bolivie.

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Cette tête de serpent a été formée dans la roche par les vents et l'eau. Un artiste local a peint l'animal pour le mettre en évidence.

Courtoisie

La moitié de l'année, le septuagénaire est un résidant de Saint-Nazaire. L'autre, il habite à Corque, dans le haut plateau semi-désertique du pays, avec les quelque mille villageois qui descendent des Incas. C'est un parcours intéressant qui a mené Martin Belley à créer un centre de conservation touristique de plus 19 000 mètres carrés dans un pays d'Amérique du Sud aux traditions bien différentes. Le parc comprend notamment une aire de protection des animaux locaux, un terrain de jeux et des cultures du quinoa.

La première incursion du Jeannois chez les Aymaras remonte à 1964. Il avait alors passé trois ans à travailler pour les pères Oblats, sentant un besoin de s'exiler au début de sa carrière. De retour au pays, l'enseignant a implanté un programme au secondaire pour les personnes handicapées et a collaboré pour fonder un centre de réadaptation pour adultes au travail au Lac-Saint-Jean ainsi que la Chaîne de travail adapté. Il a aussi géré pendant longtemps les coffres du Camping Belley à Saint-Henri-de-Taillon, qui était jusqu'à récemment la propriété de sa famille.

« J'ai la chance de vivre dans l'abondance. À ma retraite, je me suis demandé si je voulais diriger le camping, fonder une autre compagnie ou planter des arbres, ma grande passion. J'ai finalement pensé à retourner faire du volontariat en Bolivie », raconte Martin Belley.

En 2006, il retourne chez les pères Oblats, mais le nombre de missionnaires a beaucoup diminué. Il se bâtit donc sa propre maison en 2009 pour pouvoir mener plus facilement ses projets. On pourrait dire que c'est à partir de ce moment qu'il commence à faire tourner l'économie locale grâce à ses constructions.

« Pour eux, je suis comme un millionnaire. J'ai des demandes toutes les semaines, les gens viennent en délégation ! Je donne probablement trop », accorde le généreux homme.

Attirer les touristes

Martin Belley a acheté un plus grand terrain pour y aménager un centre horticole. À 4000 mètres d'altitude, s'occuper des arbres et des plantes doit sûrement différer des soins pour sa pépinière à Saint-Nazaire. Autour de sa propriété, il a acquis aussi d'autres titres pour former ce qui deviendra le parc écologique et touristique. Le projet est ficelé, plans à l'appui, et les travaux ont déjà commencé.

L'attraction majeure du centre sera probablement le parc de sculptures naturelles. Le long de la rivière qui traverse le parc en entier, des animaux apparaissent à travers la roche. Une trentaine de bêtes sont apparues aux yeux de Martin Belley. Un artiste local met en évidence les baleines, crocodiles, serpents, tortues et autres figures avec ses talents en peinture.

« Ces sculptures géantes ont été taillées par le vent et l'eau dans la paroi, je m'amuse à les découvrir », mentionne Martin Belley.

À l'autre bout du parc, la pisciculture est déjà prête, il ne reste plus qu'à remplir les bassins. Construire les réservoirs d'eau a été toute une aventure, mais elle a été réussie. « De l'eau, je n'en manque pas ! Les habitants me demandaient si je suis ingénieur, mais c'est seulement à force de travailler que j'ai développé ça » explique en souriant Martin Belley.

Les lamas, les alpagas et leurs cousins vigognes pourront bientôt également prendre place dans l'aire de conservation. Le terrain de jeux est aménagé. Trois acres seront consacrées à la culture du quinoa, aliment emblématique des Andes. L'aire de récréation comptera aussi une scène en plein air pour présenter des spectacles. « Il y a un fort potentiel pour attirer les touristes japonais, chinois, allemands ou français dans la région », croit le retraité.

Legs aux Boliviens

À 76 ans (ou 76 rotations autour du soleil comme il le dit poétiquement), Martin Belley sait qu'il ne pourra pas s'occuper du parc indéfiniment, surtout s'il est appelé à prendre de l'expansion.

« Il y a une école professionnelle d'agronomie à 50 kilomètres. Les élèves et les enseignants sont déjà venus visiter. Nous allons collaborer pendant quelques années, et si ça marche bien, je vais leur léguer toutes mes possessions en Bolivie. Ce sera mon héritage. »




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