Grêle: pas d'indemnités sans assurance

Le président-directeur général de la Financière agricole, Ernest... (Photo Le Quotidien, Yohann Gasse)

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Le président-directeur général de la Financière agricole, Ernest Desrosiers, était de passage dans le secteur de Saint-Gédéon mercredi afin de s'entretenir avec des producteurs pour bien comprendre leur réalité. Ce dernier a rappelé que les producteurs sont libres d'acheter ou non les produits d'assurances de la Financière agricole.

Photo Le Quotidien, Yohann Gasse

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La Financière agricole ne peut se permettre de verser des montants aux victimes de la grêle qui avaient décidé de ne pas souscrire à l'un des programmes d'assurance offerts par l'organisme gouvernemental, qui obtient un taux de satisfaction de 87 % auprès des assurés.

Le président-directeur général de la Financière agricole du Québec, Ernest Desrosiers, était de passage au Lac-Saint-Jean, mercredi, pour une visite dans des fermes de productions laitière et maraîchère. Une visite qui s'inscrit dans la volonté du patron de l'organisme d'effectuer des visites dans différentes régions du Québec afin de discuter avec les producteurs de la présente saison des récoltes.

M. Desrosiers s'est entretenu avec Le Quotidien alors qu'il complétait la visite de la ferme de la famille Côté-Boivin, qui exploite en plus une fromagerie, une boulangerie et un restaurant. Cette ferme bien connue de la rue De Quen à Saint-Gédéon est représentative des exploitations laitières de la région puisqu'elle récolte du fourrage et des céréales utilisées pour nourrir le troupeau.

Le président-directeur général pouvait difficilement visiter la région sans rencontrer au moins un producteur dont les récoltes ont été endommagées par la grêle lors de la tempête il y a deux semaines. Il s'est ainsi rendu au Potager Grandmont, également situé à Saint-Gédéon. Au total, la Financière a reçu 120 avis de dommage, dont 111 dans le triangle des municipalités d'Hébertville, Saint-Gédéon et Saint-Bruno. Ernest Desrosiers a signalé que la Financière agricole était bien au fait de cette situation.

« Essentiellement, la Financière agricole oeuvre dans la gestion du risque. Il faut se mettre à la place des gens quand ils vivent un problème. Mais nous faisons des focus groupe et nos sondages indiquent que 87 % des gens sont satisfaits de nos services », rappelle le président-directeur général, conscient que l'organisme qu'il dirige est régulièrement l'objet de critiques de la part des producteurs et des syndicats.

Globalement, le financement de cette assurance particulière est assumé à 40 % par les primes des producteurs agricoles qui choisissent de souscrire à l'un des produits de la Financière agricole, alors que les gouvernements fédéral et provincial mettent 60 % dans la mutuelle en plus de défrayer les coûts de fonctionnement. Dans le cadre des tournées auprès des producteurs, Ernest Desrosiers estime qu'il a la possibilité de discuter avec ces derniers et ainsi leur présenter les différents produits. Il arrive même que ces rencontres permettent d'identifier des solutions qui existent pour certaines situations et qui ne sont pas nécessairement connues dans le milieu agricole.

La décision de s'assurer est une décision personnelle pour chaque producteur. Ernest Desrosiers explique que certains producteurs décident au fil des ans de ne pas s'assurer. Pour la Financière agricole, il est tout simplement impensable d'offrir de compenser des producteurs qui ont choisi librement d'assumer le risque relié aux différents problèmes qui peuvent affecter les récoltes en raison des problèmes de météo ou des maladies.

« Si on indemnise un producteur qui n'est pas assuré, ça voudrait dire que l'année suivante, les producteurs choisiraient de ne pas s'assurer. Ça ne fonctionne pas. »

De plus, la Financière agricole utilise une formule actuarielle pour parvenir à maintenir des prix stables pour ces différents produits d'assurance. L'an dernier, la Financière a versé 10 $ des sommes qu'elle a recueillies pour compenser des producteurs. Il s'agit, selon le président-directeur général, d'une année relativement faible en matière d'indemnisation, ce qui permet à la Financière agricole de moduler ses prix pour cette année et ainsi éviter des augmentations brusques quand les indemnisations sont élevées pour étaler le risque sur quelques années.

Les statistiques révèlent que 70 % des producteurs sont assurés au Québec. Les autres ont tout simplement fait le choix d'assumer le risque et d'espérer que les économies réalisées au fil des ans couvriront les pertes si jamais ils vivent une situation particulière avec une culture.




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