Passionné par les bolides antiques

Le garage personnel de Yannick Arseneault, qu'il appelle... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le garage personnel de Yannick Arseneault, qu'il appelle son «show room», est décoré tel un diner américain des années 1950.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Certains le qualifient de fou ou de maniaque. Lui préfère se dire passionné. Une centaine de voitures antiques, des muscle cars des années 1950 à 1970 en particulier, passent dans le garage de Yannick Arseneault, à Chicoutimi, où elles sont entièrement restaurées avec le plus grand soin et expédiées à de riches acheteurs aux quatre coins de la planète.

En visitant l'entreprise de l'homme d'affaires, on se croirait dans une émission de L'atelier de restauration ou de Fous des bolides de la chaîne Historia. En fait, dès l'arrivée dans le stationnement d'Extrême auto, sur le boulevard du Royaume, on saisit la nature du personnage.

Une fraîche couche d'asphalte recouvre le sol sur lequel quelques voitures antiques, qui brillent sous le soleil, sont minutieusement positionnées devant la vitrine du commerce où plusieurs objets des années 1930 à 1950 dans un état tout aussi impeccables sont exposés. 

Les voitures ont tôt fait d'attirer l'attention de quelques curieux. Sorties en vue de la visite de l'équipe de reportage du Quotidien, elles ne sont habituellement pas ainsi mises en valeur. 

C'est que Yannick Arsenault opère discrètement ses affaires. Il n'a pas besoin d'exposer ses véhicules, qui se vendent par son réseau de collectionneurs au pays, en France, en Allemagne, à Dubaï ou en Jordanie, qui achètent les voitures antiques de luxe à des prix allant souvent de 80 000 à 100 000 $.

Il accueille de riches collectionneurs qui prennent l'avion, par exemple, depuis les Émirats arabes unis, débarquent à Bagotville et viennent voir ses voitures. Et tout cela... sans même parler anglais !

« J'utilise Google traduction, lance-t-il en rigolant. Mais puisque la plupart des termes pour les autos sont en anglais, je me débrouille ! »

Fibre entrepreneuriale

Débrouillard, Yannick l'est depuis qu'il est enfant. Jeune, il avait déjà la fibre entrepreneuriale. À six ans, il demandait de l'argent à Noël, en vue d'économiser. L'Arvidien d'origine, qui s'est mis à travailler rapidement en se trouvant différents petits boulots, peinturait des bicyclettes et les revendait alors qu'il était jeune adolescent. « À 17 ans, j'avais 5000 $ dans les poches et j'ai lancé ma propre entreprise de vente de véhicules d'occasion. Je voulais vivre de ça jeune, je voulais être indépendant », insiste-t-il.

Passionné par les voitures, Yannick a cependant touché à tout : il a été promoteur, a travaillé dans la vente immobilière, la villégiature, a eu une station-service. « Je suis un gambler, mais prudent, je n'embarque pas dans n'importe quoi », précise-t-il toutefois.

Il a ensuite quitté la région pour travailler quelques années pour un important concessionnaire à Québec, où il vendait des camionnettes.

On le voit rapidement lorsqu'on discute avec lui, ses projets doivent le passionner et le mettre au défi. Lassé du train-train quotidien de la vente automobile, Yannick est revenu au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2009 pour lancer Extrême auto. « On peut sortir le gars du Lac, mais pas le Lac du gars ! » lance-t-il en souriant pour justifier son retour dans sa région natale. Son commerce était alors dédié à la vente de véhicules d'occasion de toutes sortes.

Voitures antiques

Il a commencé à s'intéresser à la restauration de voitures antiques il y a environ trois ans, avant d'y consacrer exclusivement depuis un an. La restauration d'un Chevrolet Chevelle 1967 Show Car, qu'il garde précieusement dans son garage personnel, l'a convaincu de se dédier aux muscle cars, ces coupés au puissant moteur des années d'après-guerre.

Des voitures GM, Ford et Chrysler, entre autres, passent depuis dans son garage d'entreprise, achetées auprès de collectionneurs à travers le monde, à partir de son réseau qu'il a su déployer rapidement.

Même si Yannick Arseneault vend peu de ses véhicules de luxe dans la région, pas question pour lui de déménager à Montréal. « C'est sûr que si j'étais un gars sage, je m'en irais à l'extérieur de la région, mais j'aime ma région. »

Ce Ford Hot Rod 1932 moteur 350 recevait... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 2.0

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Ce Ford Hot Rod 1932 moteur 350 recevait ses derniers soins avant d'être pris en photo et entreposé en vue de la vente.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Une collection impressionnante

Si une visite sur les lieux de l'entreprise de Yannick Arseneault est impressionnante, la visite de son garage personnel, digne d'un musée, laisse ses visiteurs bouche bée.

L'homme de 40 ans a aménagé dans les dernières années son garage situé à côté de sa maison de Laterrière, pendant qu'il se lançait en parallèle dans la restauration de muscle cars avec son entreprise. Un Chevrolet Chevelle 1967 Show Car, un Dodge Charger 1970 original, un Chevrolet Nova 1971 et un Ford Roadster 1937 sont exposés dans son garage qu'il appelle son « show room », où toutes les photos de mise en vente de ses véhicules sont prises. Son Chevrolet Chevelle, son premier véhicule restauré, est son préféré, et le seul qu'il ne vendra pas : « Il est comme moi, il n'a l'air de rien, mais il a du power ! » lance-t-il en riant en nous montant le puissant moteur 572 Crate Engine qui se cache sous le capot.

Les quatre voitures ne sont qu'un échantillon du nombre de véhicules que possède Extrême auto, qui sont entreposées après la prise de photos.

Juke-box, machines distributrices, pompes à essence, pedal cars des années 1930 à 1950, tous fonctionnels et restaurés, décorent les lieux. Yannick Arseneault a conservé tous ces objets précieusement dans son garage, devenu un lieu de rassemblement pour sa famille, avec ses banquettes de diner américains et le son authentique des juke-box, qu'il allume avec plaisir pour nous faire entendre le crépitement des vinyles.

« J'aime tout ce qui est relié aux années 1950. C'est l'effervescence de l'après-guerre, il y a une joie de vivre qui se dégage, et les objets étaient bien faits. Maintenant, tout est en plastique et jetable. Le savoir-faire pour réparer les objets s'est perdu. C'est dommage. Et ce que j'aime dans les autos, c'est que c'était l'époque du free-for-all, tout était possible », exprime-t-il, avec passion.

Il refuse d'ailleurs rarement les visites des curieux dans son garage, lui qui aime le contact humain et voir l'émerveillement dans les yeux de ses visiteurs.

Voir autres textes sur le collectionneur Yannick Arseneault et son entreprise




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