Moins de bruit pour les bélugas dans l'estuaire du Saint-Laurent

Le modèle de simulation développé par les chercheurs... (Archives Le Progrès)

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Le modèle de simulation développé par les chercheurs du GREMM de Tadoussac et de l'Université du Québec en Outaouais a permis de confirmer que la réduction de vitesse des navires marchands dans l'estuaire du Saint-Laurent permet de réduire le niveau de bruit auquel sont exposés les bélugas.

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La réduction de la vitesse des navires marchands depuis trois ans sur le fleuve Saint-Laurent, de l'embouchure du Saguenay jusqu'aux Escoumins, a permis de réduire le niveau de bruit auquel sont exposés les bélugas.

Les mesures volontaires de réduction de vitesse à 10 noeuds des navires marchands dans ce secteur du Saint-Laurent, fréquenté par les bélugas, ont été adoptées en 2013 grâce au Groupe de travail sur le transport maritime et la protection des mammifères marins qui rassemble des représentants gouvernementaux, de l'industrie et de la communauté scientifique.

Les navigateurs doivent réduire leur vitesse dans certains secteurs identifiés, en éviter d'autres et circuler dans le chenal nord de l'estuaire pour éviter les secteurs fréquentés par les femelles et les jeunes bélugas.

Ces mesures visaient en premier lieu à réduire les collisions mortelles entre les navires et les baleines du Saint-Laurent.

Les scientifiques du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM) de Tadoussac et l'équipe du chercheur Clément Chion, de l'Université du Québec en Outaouais, travaillent depuis plusieurs années à développer un modèle de simulation permettant d'évaluer l'impact des mesures prises sur les populations de baleines.

Les derniers ajouts au modèle de simulation ont permis d'évaluer l'impact des mesures sur la propagation du son dans l'estuaire du Saint-Laurent pour les bélugas, a expliqué le président et directeur des programmes de recherche du GREMM, Robert Michaud, lors d'un entretien téléphonique avec Le Progrès.

«C'est une première tentative, a-t-il précisé. La dimension de la source du bruit, car chaque bateau a un niveau de bruit différent, selon sa charge et sa vitesse, et la propagation de ce bruit, qui varie selon le relief des fonds marins, de la température de l'eau et du courant, ont été ajoutées.»

Les résultats de ces nouvelles dimensions au modèle de simulation, que M. Michaud compare à une sorte de jeu vidéo permettant de faire des simulations en fonction de la présence et des déplacements des bélugas, ont été publiés au printemps dans la revue scientifique Ecological Modelling.

«Cela a permis de mesurer que cette règle [de diminution de la vitesse] a eu un effet positif pour réduire le niveau de bruit pour les bélugas», a-t-il précisé. Les effets varient cependant selon les secteurs : si le niveau de bruit est diminué, le temps d'exposition au bruit, lui, augmente, puisque les navires prennent plus de temps avant de traverser un secteur.

Outil d'aide à la décision

Les chercheurs continuent d'améliorer le modèle de simulation, en espérant qu'il puisse être utilisé comme un outil d'aide à la décision politique en vue de réglementer davantage la circulation des navires dans l'habitat essentiel du béluga.

«On a réalisé il y a une vingtaine d'années que le bruit et les mammifères marins, ça pose un certain problème. [...] Il faut maintenant évaluer l'impact et prendre des décisions, en regardant globalement, avec tous ces bateaux qui passent dans l'habitat essentiel des bélugas, les scénarios qui sont les moins dommageables», a-t-il exposé.

Trafic maritime sur le Saguenay

Le modèle de simulation développé est appelé à se préciser au fil des recherches et pourrait faire partie des outils utilisés pour cibler les secteurs du Saguenay où des mesures doivent être prises pour protéger les bélugas, advenant une augmentation du trafic maritime avec les projets de GNL Québec et d'Arianne Phosphate.

«Avant de prendre cette décision d'augmenter le trafic dans le Saguenay, un des secteurs sensibles, il faut être plus en mesure de connaître les impacts sur les bélugas, ce qu'on ne sait pas», a prévenu Robert Michaud, président et directeur des programmes de recherche du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins.

Le chercheur s'attend à ce que les mesures de protection se précisent, notamment avec le dévoilement par le gouvernement du cadre légal du plan d'action pour la protection du béluga, attendu prochainement.

La baleine blanche a été officiellement désignée comme espèce en voie de disparition par le gouvernement fédéral, en mai. La population dans le Saint-Laurent est évaluée à 900 individus.




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