Un million d'heures sans blessure

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Les travailleurs et cadres de la papeterie Résolu d'Alma ont atteint le plateau impressionnant du million d'heures sans « blessure enregistrable ».

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« La santé et la sécurité au travail sont des clés de voûte pour atteindre l'excellence. »

Paul Falardeau dirige la papeterie d'Alma de l'entreprise Résolu et n'hésite pas un seul instant quand il aborde l'importance de la santé et sécurité au travail dans les opérations pour dire que l'essentiel est de travailler mieux et de réfléchir avant de poser une action.

« Il y a eu une époque où on récompensait ceux qui travaillaient vite. Aujourd'hui, il est important pour le travailleur de se questionner sur l'intervention qu'il doit faire. A-t-il les bons outils ? Le plancher est-il glissant ? Et ainsi de suite », a répété à plusieurs reprises le gestionnaire dont l'usine célébrera mardi matin le cap du million d'heures de travail sans blessure enregistrable en fonction de la norme OSHA.

Ce n'est pas la première fois qu'une usine atteint ce niveau, admet l'ingénieur. Mais c'est tout de même un jour important. L'usine d'Alma a produit son premier rouleau de papier en 1927. L'année 2016 a été la première année complète sans blessure enregistrable de toute l'histoire. La recette de ce succès est relativement simple.

« Il faut que les gestionnaires y croient. J'ai travaillé à différentes époques dans l'industrie des pâtes et papiers (Abitibi-Price, Abitibi-Consolidated, Abitibi-Bowater), et je peux dire que Résolu est la première entreprise où il n'y a pas de problème d'investir dans la sécurité. Ça part d'en haut. »

Il cite en exemple le développement d'un habit de travail spécial qui protège contre les produits chimiques ou la vapeur qui est omniprésente dans l'industrie du papier. L'uniforme, développé à la papeterie de Kénogami, coûte 750 $. Plusieurs travailleurs qui doivent s'en servir régulièrement en possèdent deux.

« Le travailleur a neuf secondes pour s'éloigner d'un jet de vapeur avant de se faire brûler. L'uniforme a été conçu pour répondre à des problèmes que nous avions souvent dans les usines avec les produits chimiques ou la chaleur. »

Paul Falardeau explique que son rôle principal consiste à éliminer toute la pression de la productivité afin que les travailleurs puissent bien faire leur travail. « C'est mon rôle d'aller expliquer au siège social de Montréal pourquoi ça prend plus de temps pour faire un travail. »

Les travailleurs ont droit à une rencontre annuelle de mise à niveau. Les cadres ont l'obligation de passer du temps sur le plancher de l'usine afin de discuter avec les travailleurs de la façon de faire le travail. Au début, dit-il, les travailleurs voient les cadres comme des polices et le sentiment s'estompe au fil du temps.

Un autre indicateur confirme que les travailleurs ont cheminé dans la bonne direction. Il y a quelques années, l'usine affichait un résultat de 40 rapports de premiers secours par année. Après sept mois en 2017, le nombre est de quatre rapports seulement pour ces événements mineurs.

Paul Falardeau est catégorique quand on lui demande de mesurer l'impact des mesures de santé et sécurité sur la productivité. « Quand le travail est bien fait, il y a autant de travail de fait à la fin du quart. Je n'ai aucun doute là dessus. »

Le directeur de la papeterie d'Alma, Paul Falardeau,... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens) - image 2.0

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Le directeur de la papeterie d'Alma, Paul Falardeau, a mis l'accent sur l'importance de maintenir un discours cohérent pour intégrer les notions de santé et sécurité au travail dans les opérations régulières.

Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens

«Une préoccupation constante»

Les travailleurs et cadres de la papeterie Résolu d'Alma ont atteint le plateau impressionnant du million d'heures sans « blessure enregistrable ». Ils pourront ainsi remettre des dons à la communauté de l'ordre de 15 000 $ en fonction d'un programme mis sur pied par l'entreprise pour supporter tout le volet santé et sécurité au travail.

Les différents jalons du programme sont établis en fonction des critères de la norme Occupational Safety and Health Administration. Il s'agit d'une norme internationale qui permet de déterminer si les entreprises adoptent des procédures de travail sécuritaires, incluant l'environnement de travail.

« C'est une préoccupation constante de notre président Richard Garneau. Il estime que cette norme est très importante pour démontrer que nous mettons en place, en tant qu'entreprise, les meilleures procédures pour assurer la sécurité de nos employés. Il n'est surtout pas question de faire en sorte qu'un travailleur évite de rapporter un incident pour ne pas briser les statistiques », insiste le porte-parole Karl Blackburn.

Le virage sécurité a été pris de façon serrée au sein de la papetière Résolu. À l'époque d'Abitibi-Consolidated, le port de certains équipements de sécurité comme les gants, les casques et les souliers de sécurité n'était pas obligatoire sur les machines à papier. Aujourd'hui, ces équipements de protection sont obligatoires.

« Les gens doivent se rappeler que nous avions pris la décision de cesser les opérations sur une base temporaire à la papeterie de Dolbeau en raison d'un nombre d'incidents élevé. Nous avons jugé que les statistiques jouaient contre nous et il fallait arrêter avant qu'un accident plus important se produise. Nous avons suspendu les opérations pour nous donner le temps de revoir avec les travailleurs les règles. On a également fait la même chose à la scierie de Saint-Thomas-Didyme en raison d'un nombre d'incidents élevé », reprend Karl Blackburn.

Pas la première fois

Ce n'est pas la première fois qu'une usine régionale de Résolu se démarque en matière d'accident de travail. En 2014, les usines que Résolu exploite en coentreprise avec Louisiana Pacific à Larouche et Saint-Prime qui produisent du bois d'ingénierie ont vu leurs efforts dans ce domaine reconnus.

Les deux usines régionales ont reçu le prestigieux prix du American Panel Association. Ce prix est décerné par l'APA dans l'industrie du bois d'ingénierie pour l'Amérique du Nord. Le programme encourage et reconnaît l'excellence opérationnelle dans l'objectif de diminuer les blessures et la mortalité dans l'industrie.

Dans le secteur du bois d'oeuvre, la papetière est également en mesure de citer des cas exceptionnels où la sécurité a été intégrée par les travailleurs. Depuis maintenant sept ans, la scierie de Maniwaki n'a signalé aucune blessure enregistrable, ce qui représente un autre plateau du million d'heures sans accident de travail. Dans le cas de la papetière d'Alma, qui opère en permanence 24 heures par jour, il s'agit d'une séquence de deux ans sans accident de travail.

« Si l'on considère la nature des opérations industrielles que nous réalisons sur nos sites, ce sont de belles réalisations. Le seul fait qu'un travailleur se foule un pouce ramène le compteur à 0 », a réitéré le porte-parole de Résolu.

Le programme de sécurité mis en place dans les usines comprend un volet d'amélioration continue. Les travailleurs ont ainsi la possibilité de proposer des améliorations aux procédures de travail ou équipements lorsqu'ils constatent qu'un problème de sécurité peut survenir. Ils doivent de plus signaler des événements quand un accident a été évité de peu de façon à identifier un problème spécifique.




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