Le retour de la Grande nuit d'Alma

L'ambiance était à la fête lors de la... (Photo Courtoisie, Société d'histoire du Lac-Saint-Jean)

Agrandir

L'ambiance était à la fête lors de la Grande nuit d'Alma, comme en témoigne cette photo prise en 1964.

Photo Courtoisie, Société d'histoire du Lac-Saint-Jean

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La Grande nuit a été l'occasion de nombreuses folies dans les années 60 et 70. Le Quotidien a demandé à trois personnes aujourd'hui bien en vue, mais qui étaient à l'époque des adolescents, de raconter leurs meilleures anecdotes en lien avec l'événement. Aussi, le journal s'est intéressé à l'histoire de la Grande nuit, ainsi qu'à l'édition de samedi qui, sans aucun doute, sera bien différente de celles passées.

« Le terrain de l'église Saint-Joseph se remplissait de monde qui buvait et fumait du tabac qui fait rire. Il y avait les baby-boomers, mais je suis pas mal certain qu'il y a eu les Grande-nuit-boomers aussi ! Ce qu'on voyait sur le terrain de l'église était sacrilège ! À l'époque il y avait le Viking, le Monarque, le Marquis, le Monaco, le 25 (...), on se barrait les pieds dans les bars et le monde. Les trottoirs étaient pleins de jeunes de mon âge. (...) Mes parents disaient qu'ils étaient scandalisés, mais ils allaient quand même zieuter, ''scèner'' ce que les jeunes faisaient et dire que ça n'avait pas de bon sens. Quand je revenais de la Grande nuit, au petit matin, je déjeunais avec mes parents et ils avaient les yeux grands comme des 50 $. ''Y avais-tu des filles qui se promenaient les seins nus ? '', me demandait mon père. ''Ben oui y'en avait ! '' Mes parents faisaient leurs offensés, leurs scandalisés, mais dans le fond ils étaient juste jaloux : ils auraient voulu vivre ça ! Moi par contre je suis ben content que mes fils n'aient pas vécu ça. J'aurais passé des nuits blanches à stresser ! (...) Je me souviens, les jeunes arrêtaient les voitures des plus vieux et soulevaient les derrières. Ils disaient au conducteur : ''pèse sul gaz ! ''. Quand le gars était au fond, ils lâchaient le derrière de l'auto et ça faisait 100 pieds de barre noire ! Dans le fond, ils obligeaient le monde à faire des ''starts'' ! J'ai vu ça de mes yeux ! »

- L'humoriste Michel Barrette

« C'est là que j'ai connu ma première blonde ! Ça n'a pas duré, par contre. (...) On commençait ça de bonne heure, au camping. On marchait jusqu'au centre-ville partout dans les rues avec une bière dans les mains. Ça ne se ferait plus aujourd'hui. C'était vraiment quelque chose. »

- Le préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est et maire de Saint-Henri-de-Taillon, André Paradis

« La Grande nuit, c'était une manne d'argent pour moi. J'étais mineur et je faisais des ''runs'' de bouteilles toute l'année. En deux jours durant la Grande nuit, on faisait notre année. On ramassait plusieurs dizaines de caisses de bouteilles. En même temps, on nettoyait l'environnement ! C'était complètement différent à l'époque. J'ai un fils et quand il était jeune, il n'y avait pas un enfant de son âge dans la rue. Il avait des amis d'un peu partout au Lac-Saint-Jean. Moi, j'ai grandi à l'époque où on pouvait faire une équipe de hockey par rue tellement il y avait des jeunes. (...) Durant la nuit, il y avait des groupes musicaux sur chaque étage du stationnement à étages. Country, rock, etc. L'épaisseur du plancher de béton faisait en sorte qu'on entendait bien, mais ce n'était quand même pas la Place des Arts ! (...) La Grande nuit complétait ce qu'on appelait la Huitaine. C'était huit jours de festivités qui menaient à la Traversée. À la Grande nuit, on festoyait toute la nuit puis le petit matin arrivé, tout le monde sautait dans sa voiture - avec un degré d'alcool avancé - pour la caravane de 1200 voitures ''bumper à bumper'' qui se rendait au départ de la Traversée. Après, on continuait notre tour du lac vers Roberval. La blague à l'époque, c'était de dire que les fêtards étaient plus en forme que les nageurs ! »

- Le maire d'Alma, Marc Asselin

 

Une commémoration, pas une reproduction

La Grande nuit version 2.0 a peut-être le même nom que l'événement d'antan, mais sera assurément bien différente. « Ça n'a rien à voir avec la Grande nuit de l'époque. Ce sera encadré, souligne la directrice générale des Fêtes du 150e, Myriam Gaudreault. On veut que les familles se sentent interpellées. On fête l'anniversaire de notre ville et on veut toucher tout le monde. »

La Grande nuit débutera à 16 h, samedi, avec un souper sur les plaines vertes « à prix populaire ». À 20 h 15, il y aura un spectacle de Paul Piché accompagné de Laurence Jalbert, Vincent Vallières et Patrice Michaud à Place Festivalma. Pour ceux qui n'ont pas leur passeport de Festirame, l'événement sera également diffusé sur écran géant sur les plaines vertes. Dès 21 h, un parcours illuminé sur la rue Champagnat et l'avenue des Métiers permettra aux citoyens de faire des haltes à différentes stations. Cellulaires ou lampes de poche seront de mise, puisque les lampadaires ne seront pas allumés.

À 23 h 15, un feux d'artifice sera présenté. Une scène sera aménagée au coin Sacré-Coeur et Saint-Joseph en plus de l'habituelle scène Cogéco. Le Boogie wonder band, Mordicus, Ben Gi et les Zippapas ainsi que le DJ Seb Fauteux vont réaliser des prestations. « Il y aura de la bouffe de rue à partir de minuit. À 3 h, il y aura ce qu'on appelle ''Le trip de poutine'' », explique la directrice générale. L'organisation a eu une dérogation spéciale afin de pouvoir faire du bruit passé le 23 h prévu par la loi.

« Le succès de ce genre de grand rassemblement populaire pourrait ouvrir la porte à d'autres activités de la sorte dans les années à venir », souligne Mme Gaudreault.

La Grande nuit se veut davantage une commémoration de la version des années 60 et 70 qu'une reproduction.

« Les lois ont énormément changé. Les comportements des gens aussi. On veut que tout soit fait dans le respect des lois et des valeurs actuelles. Tolérance Zéro, le service de raccompagnement à domicile, sera sur place et sera gratuit même sans abonnement », précise la directrice générale. katerine belley-murray

Qu'est-ce que la Grande nuit d'Alma ?

La première édition de la Grande nuit d'Alma a eu lieu en 1963. La Grande nuit précédait le départ des nageurs de la Traversée du lac Saint-Jean. Olympiades pour les jeunes dans les terrains de jeux, tournoi de baseball, compétitions cyclistes et défilé de chars allégoriques, en outre, étaient au menu. La Grande nuit se terminait par une danse dans les rues principales de la ville avec des groupes de musiciens locaux. La Grande nuit a eu lieu jusqu'en 1967, année où l'activité de descente de la rivière Petite Décharge en canot s'est conclue tragiquement par la noyade de deux participants originaires de Mashteuiatsh. En 1973, la Chambre de commerce a repris l'organisation (et créé Festivalma pour l'organisation). Toutefois, les festivaliers fêtant un peu trop fort, le conseil municipal a décidé d'interdire l'événement. katerine belley-murray

Source : Société d'histoire du Lac-Saint-Jean




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer