Les papillons de la tordeuse du bourgeon d'épinette s'envolent

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Il est estimé que c'est à compter du 6 juillet que 10% des papillons de la tordeuse du bourgeon d'épinette auront commencé leur migration dans les régions en rouge foncé.

Photo courtoisie, Ressources naturelles Canada

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Pascal Girard
Le Quotidien

Les papillons de la tordeuse du bourgeon d'épinette s'apprêtent à s'envoler un peu partout au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Selon une carte produite par Ressources naturelles Canada, la période d'envol de ces insectes commence aux alentours du 6 juillet. « La carte montre le moment quand au moins 10 % des insectes vont commencer leur migration. Ça montre de quel endroit ils partent et c'est basé sur des températures normales. Il y a une migration massive quand la température est élevée en soirée », a expliqué Rémi Saint-Amant, programmeur-analyste responsable du logiciel BioSIM chez Ressources naturelles Canada.

Ainsi, la carte montre que c'est le long du Saguenay, là où les températures sont plus élevées, que s'activent plus tôt les papillons. La date estimée prévue d'envol est le 6 juillet. Par la suite, le phénomène s'étend en périphérie et peut durer jusqu'au 16 août approximativement. 

« Quand c'est frais, ils se déplacent de seulement quelques kilomètres par nuit, mais quand il y a des pics de chaleur, ils s'envolent beaucoup plus loin. C'est un papillon qui fait des vols jusqu'à 400 kilomètres en une nuit », a-t-il poursuivi. 

Ces distances extrêmes sont atteintes lorsque, en plus de la chaleur, il y a de forts vents. « En 2013, il y en a qui sont partis de la Côte-Nord et qui ont traversé jusqu'au Bas-du-Fleuve », a ajouté Christian Hébert, chercheur scientifique en écologie et diversité des insectes forestiers pour le même ministère. Il est basé à Québec, au Centre de foresterie des Laurentides à l'Université Laval.

Le chercheur vient d'ailleurs de publier un ouvrage sur les insectes forestiers du Québec. La tordeuse du bourgeon d'épinette évolue en six stades différents, de la larve, en passant de la chrysalide jusqu'au papillon. « Présentement, nous sommes au pic du stade chrysalide. Au printemps, la chenille va s'attaquer au feuillage et va faire les trois quarts des dommages », a-t-il indiqué.

L'outil ne permet pas de mesurer l'ampleur de l'évolution de la dispersion, mais permet d'en connaître l'origine géographique. « La dispersion est proportionnelle à la défoliation. Quand il y a beaucoup de défoliation, ils ont tendance à quitter. Mais on ne sait pas si c'est la cause », a poursuivi M. Saint-Amant.

Voici à quoi ressemble la tordeuse du bourgeon... (Photo courtoisie, Ressources naturelles Canada) - image 2.0

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Voici à quoi ressemble la tordeuse du bourgeon d'épinette, aux stades de la chenille.

Photo courtoisie, Ressources naturelles Canada

Arrosage terminé

Cette année, le gouvernement du Québec a intensifié l'arrosage pour contrôler l'expansion de l'insecte. En 2016, les arrosages aériens avaient couvert une superficie de 211 500 hectares de forêts sur la Côte-Nord, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Cette année, le chiffre a augmenté à 238 600. L'arrosage est terminé depuis une à deux semaines et vise à attaquer la chenille avant qu'elle ne se retrouve dans son cocon. 

Toutefois, cette opération ne sert qu'à contrôler la dispersion et non à éliminer l'insecte. Il s'agit d'ailleurs d'un des défis quotidiens de Christian Hébert. « La nature finit toujours par s'autoréguler. La présente épidémie remonte à 2001 au Saguenay-Lac-Saint-Jean et depuis ça ne cesse de s'élargir et ça commence à percoler dans la Réserve faunique des Laurentides. Ça inquiète l'industrie. La tordeuse n'est pas une espèce exotique. Elle a toujours été là. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'est la 9e épidémie en 300 ans », a-t-il détaillé. Selon lui, la tordeuse n'est pas un problème pour la nature, mais plutôt pour l'industrie forestière. Il compare son impact aux incendies de forêt. « L'insecte n'est pas nuisible, sauf à ceux qui ont du bois et qui l'exploitent », a enchaîné Rémi Saint-Amant. 

D'ailleurs, dans son ouvrage, Christian Hébert utilise le terme ravageur plutôt que nuisible. « On veut avoir des solutions les plus équilibrées possible. On vise le développement durable », a-t-il indiqué.




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