Tout aussi fabuleuse

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Un total de 157 comédiens prennent par au spectacle cette année.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Absolument magnifique! La Fabuleuse histoire d'un Royaume célébrait ses 30 ans, jeudi soir, au Théâtre du Palais municipal de La Baie. Trente ans et pas une ride. Et le spectacle s'est même payé une cure de jeunesse pour marquer le coup, en incorporant des effets spéciaux et des projections visuelles pour cette nouvelle saison qui s'amorce. Une nouvelle mouture à la hauteur de la légende.

Imaginez-vous donc que je n'avais jamais assisté à La Fabuleuse. Même pas une toute petite fois. Jamais. Je sais, je devrais avoir honte. Et, jeudi, j'étais assise au milieu des gens qui avaient, pour la grande majorité, vu ce spectacle qui a fait, au fil des années, la réputation du Saguenay-Lac-Saint-Jean. En effet, c'était soir de grandes retrouvailles, puisque les spectateurs étaient d'anciens comédiens qui ont un jour ou l'autre foulé les planches du Palais municipal. Certains y étaient du temps où l'ancien aréna de La Baie était transformé en théâtre le temps d'un été. C'était en 1988. Petite anecdote en passant, le soir de la grande première, le 24 juin 1988, la salle était exclusivement composée de Tremblay. C'était le concept. Et, surtout, le spectacle ne devait durer qu'un été. Mais, depuis, l'aréna a fait place au Théâtre du Palais municipal, fondé expressément pour y présenter La Fabuleuse, année après année. Depuis 30 ans. Assez incroyable, lorsqu'on y pense. 

L'équipe qui se dresse derrière le spectacle l'avait dit: la nouvelle mouture a fait un pas de géant en avant, en ajoutant des effets visuels assez impressionnants, projetés sur les décors qui entourent la scène. L'été, l'automne, l'hiver et le printemps, la pluie, le feu, la neige; le spectateur plonge dans le décor comme s'il y était. «C'est un spectacle digne des années 3000!», a lancé la responsable des communications, Claudine Bourdages, quelques minutes avant la représentation. 

Le metteur en scène Louis Wauthier, émotif et très touché de voir autant d'anciens comédiens s'être présentés au Palais municipal, a toutefois averti le public. «Ça ne rend pas La Fabuleuse plus belle, parce qu'il n'y a rien de plus beau que La Fabuleuse.» 

Sur ces sages paroles, le rideau s'est levé. Et dès les premières scènes, les spectateurs se sont exclamés, visiblement impressionnés par ce qui se déroulait devant leurs yeux. 

De mon côté, j'ai regardé, parfois émue, d'autres fois amusée, mais surtout avec un regard absolument nouveau, les 157 artistes bénévoles donner leur meilleur d'eux même. Si La Fabuleuse a voulu se moderniser, son âme reste la même. Les mêmes textes, les mêmes décors et les mêmes costumes. L'histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean en récit, en musique et en images, racontée en un peu plus de deux heures. Deux siècles qui défilent devant le public. 

Des années 1800 au déluge du Saguenay en passant par le défrichage des terres, le grand feu de 1870 et la Seconde Guerre mondiale. D'ailleurs, les tableaux du déluge, du grand feu et de la guerre restent sans doute les plus impressionnants. Surtout lorsque les soldats descendent du plafond à l'aide d'une corde et sous le bruit des explosions. Je ne vous cacherai pas que j'ai sursauté à quelques reprises. Les images projetées sur le décor de la petite maison blanche, où l'on voit la puissance de l'eau et les cicatrices du déluge, replongeront plusieurs spectateurs dans leurs douloureux souvenirs. Et que dire des tableaux dansants des années 60 et 70? Du bonbon pour les yeux. Les dizaines de comédiens et danseurs (bénévoles par-dessus le marché, faut-il le rappeler) auront d'ailleurs réussi à faire lever et danser le public à quelques reprises en ce soir d'avant-première. 

Je me permets ici un clin d'oeil à la jolie petite blondinette, sans doute la plus jeune de la distribution de cette année. Avec ses petites tresses et ses pas de danse parfois hésitants, la petite aura réussi à en faire craquer plus d'un dans la salle. 

Nul doute, La Fabuleuse devrait être vue (ou revue) par tous les Saguenéens et les Jeannois. Le simple fait d'être témoin des enchaînements de comédiens, de voir les costumes et les décors flamboyants, d'admirer les chevaux (oui, ce sont des vrais) vaut le détour. Et, en bonus, on vous racontera l'histoire de la région. 

Avant la représentation, jeudi, le metteur en scène Louis Wauthier a affirmé que personne ne pouvait comprendre le phénomène de La Fabuleuse. Personne, à part ceux et celles qui y prennent part. Il a peut-être raison. Mais ça ne nous empêche pas de la vivre avec eux.

La Fabuleuse, c'est

• 30 ans d'histoire

• Un million de spectateurs au fil des ans

• 160 artistes bénévoles sur scène chaque année

• 1500 artistes bénévoles en 30 ans 

• 1,5 million $ de budget pour incorporer des effets visuels cette année

• Deux siècles racontés sur scène




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