Des citoyens évincés du lac Kénogami

Laurent Tremblay... (Photo Le Progrès, Michel Tremblay)

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Laurent Tremblay

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Saguenay donne sept mois à des citoyens du chemin de la Rivière-aux-Sables, à Lac-Kénogami, pour démanteler des quais qu'ils ont installés aux abords du cours d'eau dans les années 80.

Le 12 juin dernier, une inspectrice de la Ville a placé un avis d'éviction sur tous les quais installés dans cette baie fréquentée par les propriétaires d'une vingtaine de résidences. La décision ne fait pas l'affaire des villégiateurs concernés, qui songent à monter aux barricades dans ce dossier. Laurent Tremblay, qui a acquis son terrain au début des années 80, est l'un d'entre eux. Il a été abasourdi de constater qu'il était forcé de détruire ce qu'il a construit, puis entretenu pendant des années. L'aménagement des quais avait d'abord pour but de fournir un accès à l'eau aux propriétaires qui ne se trouvaient pas sur la bande riveraine. Au fil des ans, d'autres citoyens se sont mis à visiter ce petit coin de paradis pour profiter des beaux jours de l'été. Laurent Tremblay est devenu responsable des lieux, lui qui passe quotidiennement pour s'assurer que l'endroit demeure propre et sécuritaire.

Terres publiques

Pour accéder à l'eau à partir du chemin de la Rivière-aux-Sables, les résidants doivent emprunter des terres publiques intramunicipales (TPI), administrées par la Ville. Sur l'avis placardé aux quais il y a deux semaines, on peut lire que ces terrains sont la propriété du gouvernement du Québec et que les villégiateurs les occupent sans autorisation. L'article 62 de la loi sur les terres du domaine public est invoqué par l'inspectrice au dossier.

Laurent Tremblay estime que lorsque les 24 terrains ont été vendus par tirage au sort, un droit d'accès a été octroyé aux propriétaires, un droit que chacun considérait comme acquis. L'homme de 75 ans juge l'éviction draconienne et croit qu'une autre solution pourrait être envisagée.

« J'ai appelé à la Ville et j'ai dit : ''chargez-nous une taxe, on va payer ! ''. Ça fait 37 ans qu'on empiète sur les terres publiques et il n'y a jamais eu de problèmes avant. Au début des années 80, ils nous avaient même dit qu'ils feraient une marina. Ils nous enlèvent une oasis de tranquillité. Ça me fait de la peine », raconte-t-il.

«Certaines personnes avaient pris le contrôle»

Conseillère municipale de Lac-Kénogami, Christine Boivin, explique que la Ville a dû intervenir dans ce dossier parce qu'un groupe de citoyens s'était approprié un lieu public.

«On est sur des TPI. Le rôle de la Ville, c'est de favoriser l'accès à tout le monde. Cette baie n'appartient pas à personne. Au contraire, elle appartient à tous», signale la conseillère municipale.

Christine Boivin a été interpellée à plusieurs reprises dans ce dossier. Elle indique que par moments, il s'agissait d'une situation «corsée».

«Il y a eu des conflits entre des individus dans cette zone-là. On a dû prendre action et demander à la police d'intervenir parce que certaines personnes avaient pris le contrôle du secteur. En plus, il y a des individus qui louent leurs quais et qui tirent un profit de lieux publics, ce qui est inacceptable. Il y a même des gens qui ont voulu fermer l'accès. Ce que la Ville veut, c'est un accès à l'eau et un traitement équitable pour tout le monde», poursuit la représentante de l'Équipe du renouveau démocratique (ERD). Christine Boivin ajoute que le contentieux de Saguenay a été saisi du dossier il y a quelques mois et que l'émission d'avis d'éviction s'est faite dans le respect du cadre légal entourant l'accès aux terrains de la Couronne.




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