Pensions de Rio Tinto: les cadres retraités en colère

Gervais Jacques, directeur exécutif des opérations Atlantique Aluminium... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

Agrandir

Gervais Jacques, directeur exécutif des opérations Atlantique Aluminium chez Rio Tinto, a indiqué que le mémoire du Regroupement des cadres retraités d'Alcan serait acheminé au sein de l'organisation et qu'il y aura un travail actuariel.

Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les membres du Regroupement des cadres retraités d'Alcan ont constaté avec une grande déception que l'entreprise Rio Tinto accordait un traitement discriminatoire à leur égard. La multinationale maintient une politique de non-indexation de leur régime de retraite contrairement à ce qu'elle fait pour le régime des retraités syndiqués.

Un peu plus de 400 personnes, de nombreux cadres retraités et leur conjointe, ont assisté mardi à l'assemblée annuelle du régime. Ils ont eu droit à la présentation habituelle de Gervais Jacques, directeur exécutif des opérations Atlantique Aluminium chez Rio Tinto, et en ont profité pour lui remettre un mémoire faisant état de leurs doléances. Il s'agit du résultat des travaux d'un comité dirigé par le président du regroupement, Han Van Der Toorn.

« Les gens ont surtout affiché de la déception quand ils ont constaté que l'entreprise accordait un traitement différent à ses cadres. Alcan n'aurait pas accepté qu'une telle iniquité se crée entre les deux groupes et ce n'était pas son intention », a déclaré au Quotidien M. Van Der Toorn.

Engagement

Ils ont obtenu l'engagement de la part du cadre supérieur de la multinationale que le mémoire en question serait acheminé au sein de l'organisation et qu'il y aura un travail actuariel.

Les cadres retraités sont conscients qu'ils n'ont pratiquement aucun moyen pour obliger l'entreprise à leur accorder un traitement semblable à celui des syndiqués qui ont obtenu l'indexation lors des négociations collectives à l'époque d'Alcan.

« Entre 2008 et 2015, les retraités du régime de pension des employés syndiqués au Québec (RAPRTA) ont bénéficié d'une indexation malgré le fait que le taux de solvabilité du régime n'était pas en situation de surplus. La compagnie RTA a dû faire une contribution supplémentaire au régime pour le financement de l'indexation », expliquent les auteurs du mémoire.

Lettres de crédit

Pendant ce temps, Rio Tinto optait pour la solution des lettres de crédit bancaire pour assurer la solvabilité du régime des cadres. L'entreprise dépose alors dans le régime des lettres qui ne rapportent aucun intérêt puisqu'elles ne sont pas monnayables.

Ces lettres de crédit servent uniquement à assurer que l'argent sera disponible en cas de problème important. L'entreprise a aussi l'opportunité de retirer ces lettres à partir du moment où les études actuarielles confirment que les niveaux de solvabilité et de capitalisation sont atteints.

En plus de ne pas indexer le régime des cadres retraités, l'entreprise avait décidé que tous les surplus actuariels seraient utilisés pour monnayer la somme de 106 millions $ qui représente le cumulatif des lettres de crédit bancaire.

Ce n'est qu'après le remplacement des lettres de crédit par de l'argent que Rio Tinto aurait repris l'indexation du régime de retraite des cadres, ce qui revient à dire, selon l'état des taux d'intérêt à long terme, que de nombreux retraités actuels n'auraient jamais vu la couleur de l'argent de l'indexation.

L'entreprise a adopté une nouvelle position. Elle utilisera 50 % des surplus actuariels pour remplacer les lettres de crédit bancaire et l'autre tranche de 50 % de ces surplus servira à l'indexation des régimes. Rio Tinto a de plus informé le regroupement qu'elle n'utilisera plus, dans un avenir rapproché, les lettres de crédit bancaire.

Il faut noter que son taux de solvabilité est de près de 100 %, alors que la loi prévoit un taux supérieur à 105 %. Le président admet que la situation financière du régime est meilleure que celle de plusieurs autres grands régimes de retraite du secteur privé.

Pertes

Les simulations réalisées par les dirigeants du regroupement démontrent que l'utilisation des lettres de crédit a fait perdre au régime de retraite un rendement de 19,1 millions $. Ils estiment que les lettres de crédit devraient être considérées comme un prêt à l'entreprise, et donc faire l'objet d'un remboursement au régime avec un taux d'intérêt.

« Le fait de refuser de considérer les besoins des retraités du régime RPRTA au même niveau que ceux des retraités du régime RAPRTA (syndiqués) déçoit au plus haut point et ternit le respect qui a toujours prévalu à l'endroit des retraités-cadres. Cette insatisfaction est très présente au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce dossier, auquel s'ajoutent certains autres dans la région, crée malheureusement une distance entre la compagnie et la population, incluant un nombre croissant de retraités du RPRTA », ont conclu les auteurs du rapport.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer