La maltraitance envers les aînés très présente dans la région

Le coordonateur régional de la lutte contre la... (Photo le Progrès, Michel Tremblay)

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Le coordonateur régional de la lutte contre la maltraitance envers les aînés, Christian Bergeron, et le sergent Dominic Simard, de la Sécurité publique de Saguenay, porteront le ruban mauve lors de la Journée internationale de sensibilisation, le 15 juin.

Photo le Progrès, Michel Tremblay

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

En 2016, il est estimé qu'entre 2325 et 4100 aînés du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont subi de la maltraitance. C'est entre 4 et 7 pour cent de la population âgée de la région. De l'avis des intervenants qui siègent à la Table régionale maltraitance aînés (TRÉMA), c'est beaucoup trop.

L'organisme croit qu'il faut à tout prix enrayer ce fléau. Pour y arriver, il est nécessaire de marteler, auprès des victimes et des témoins, l'importance de dénoncer.

TRÉMA a vu le jour il y a trois ans, dans la foulée de mesures adoptées par le ministère de la Famille du Québec pour mieux protéger les personnes âgées et contrer la maltraitance. Un coordonnateur régional a été embauché, en la personne de Christian Bergeron, qui relève directement du Secrétariat aux Aînés du ministère. Plusieurs organisations, dont la Sécurité publique de Saguenay (SPS), y sont représentées.

Série d'actions

Chaque année, les organismes partenaires de la Table s'unissent pour mettre en place une série d'actions déployées dans le cadre de la Journée internationale de sensibilisation contre la maltraitance envers les aînés, le 15 juin. Pour une deuxième année, des napperons seront distribués dans des restaurants de la région fréquentés par des personnes âgées. Imprimés à 50 000 exemplaires, les documents explicatifs seront aussi placés dans une centaine de résidences publiques et privées de la région. Sur le napperon figure le numéro de téléphone de la ligne Aide Abus Aînés (1 888 489-2287), de même que la définition des divers types de maltraitance, chacun se traduisant par de la violence ou de la négligence. La SPS a demandé au service des communications de la Ville de produire une vidéo, laquelle sera diffusée dans plusieurs succursales de la chaîne Tim Hortons. Ce sont des endroits fréquentés par des gens du troisième âge. Un stand sera aussi installé à Place du Royaume, où les formes de maltraitance seront démystifiées et expliquées aux passants.

Christian Bergeron signale que la région s'est beaucoup investie dans la lutte à la maltraitance envers les aînés. Elle peut être psychologique, matérielle ou financière, sexuelle, physique ou organisationnelle. Elle se manifeste parfois sous forme d'âgisme ou de violation des droits. 

« Notre région est l'une des premières au Québec à avoir été choisie pour l'implantation d'une entente nationale-cadre pour les signalements de maltraitance. L'entente sociojudiciaire facilitera l'accompagnement aux victimes et accélérera le processus visant à mettre en place un filet de sécurité autour de la personne victime de maltraitance. Il y aura obligation de mettre en place un plan d'intervention impliquant les policiers, les intervenants du CIUSS et un représentant des droits de la personne dans un délai de 24 à 48 heures », signale Christian Bergeron, qui estime que près de 3000 des quelque 56 000 aînés du Royaume sont considérés à risque de subir de la maltraitance. Le coordonnateur attire aussi l'attention sur les gestes posés à l'endroit de personnes âgées ou de personnes majeures en situation de vulnérabilité, parfois sans que l'auteur se rende compte de la portée de ceux-ci. Crier sur une personne âgée, par exemple, peut être considéré comme une forme de maltraitance non intentionnelle.

« Il faut apprendre à reconnaître les signes »

Les victimes de maltraitance, souvent fragiles, hésitent à dénoncer la violence dont elles font l'objet. Souvent isolées, elles ont peur de voir leurs seuls liens familiaux rompus si elles brisent le silence et rapportent les abus.

Sergent à l'unité Prévention, intervention, judiciaire et communautaire, Dominic Simard juge impératif de continuer de travailler à l'élaboration de partenariats pour que la violence cesse, même si la personne ne veut pas nécessairement porter plainte. À ce chapitre, l'entente sociojudiciaire nationale sera fort utile.

« Il faut apprendre à reconnaître les signes et ceux qui sont témoins de maltraitance vont devoir apprendre à dénoncer », dit le policier, qui ajoute que les agents de la paix sont formés pour déceler des cas d'abus envers des aînés.

Dans le contexte où la population vieillit, le type de campagne comme celle déployée en vue du 15 juin devient plus que jamais essentiel. 

Selon Christian Bergeron et Dominic Simard, la maltraitance financière et le harcèlement qui en découle sont devenus la forme la plus répandue, ce qui emmure bien des personnes âgées dans la peur.

Loi 115

La semaine dernière, le gouvernement a adopté la Loi 115 contre la maltraitance, laquelle viendra bonifier les mesures en place pour protéger les personnes âgées. Dorénavant, chaque établissement sera tenu d'adopter et de mettre en place une politique. 

« Il y aura désormais obligation de signaler auprès du commissaire aux plaintes. La Loi bonifie le rôle du commissaire. On lève aussi la dimension du secret professionnel des intervenants quand il y a un risque sérieux pour la personne. Une série de mesures de protection contre les représailles sont mises en place », explique la directrice du programme soutien autonomie et personnes âgées au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Martine Nepton. 

Obligation de dénoncer

Celle qui chapeaute les 16 CHSLD de la région ajoute que tous les prestataires de services, autant en résidence qu'en ressource externe, auront l'obligation de dénoncer les cas d'abus.

Enfin, un plan de communication est actuellement en déploiement pour informer le personnel des tenants et aboutissants de la nouvelle loi.

Dénoncer sans hésiter

Une personne âgée ou une personne majeure vulnérable qui se trouve dans une situation d'urgence liée à la maltraitance peut communiquer avec les policiers (911) en tout temps.

Pour les signalements, la voie à emprunter est la ligne info-social (811). La ligne Aide Abus Aînés peut être utilisée pour les demandes de renseignements.




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