De l'essoufflement chez les infirmières

L'équipe d'Harold Bherer a été récompensée jeudi soir... (Photo courtoisie)

Agrandir

L'équipe d'Harold Bherer a été récompensée jeudi soir pour le projet « Outil d'évaluation du risque chimique ». Il a travaillé avec les infirmières cliniciennes Annie Pageau, Guylaine Lalancette, Stéphanie Boily, Annie Lavoie et l'infirmier Réjean Boulanger.

Photo courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), Lucie Tremblay, de passage dans la région jeudi, se préoccupe des coupes annoncées au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean (CIUSSS) alors qu'elle perçoit de l'essoufflement chez plusieurs de ses membres.

« Je viens de visiter deux très beaux établissements, le CHSLD L'Oasis de Dolbeau-Mistassini et l'hôpital de Roberval, et j'ai été impressionnée par l'implication des travailleurs passionnés. Par contre, on a senti aussi beaucoup d'inquiétude chez eux, parce qu'ils ne voient pas comment continuer de donner des soins de qualité avec toutes ces coupes », déclare-t-elle en entrevue téléphonique.

Le CIUSSS prévoit notamment de réduire les heures supplémentaires des infirmières auxiliaires à l'hôpital de Chicoutimi.

Mme Tremblay rappelle que l'Ordre a offert son aide au gouvernement et aux syndicats des infirmières dès 2015, mais elle n'a pas l'impression que le message est entendu et continuera donc de le répéter. « Nos membres nous disent qu'ils ne sont toujours pas consultés. »

L'accès aux soins est la principale préoccupation de l'OIIQ, souligne sa présidente. C'est pourquoi elle se réjouit que 150 infirmières appliquent leur droit de prescrire dans la région, qui compte également 11 infirmières praticiennes spécialisées. Grâce à leur maîtrise universitaire, celles-ci peuvent accomplir certains actes médicaux.

Par contre, le Saguenay-Lac-Saint-Jean compte un taux d'infirmières à temps partiel de 45 %, alors que la moyenne provinciale est de 40 %. « C'est troublant. Il y a des modèles documentés aux États-Unis notamment qui montrent qu'offrir plus de postes à temps plein attire davantage les employés et les fidélise. Cette continuité est profitable autant aux patients qu'au personnel soignant. Pourquoi on n'adapte pas ces modèles ici ? », se questionne Lucie Tremblay.

Cette dernière mentionne qu'au Québec, 17 % des infirmières n'occupent pas d'emploi durant un an après avoir reçu leur permis de l'Ordre. « Quand on entend parler de pénuries dans certaines régions et qu'on voit que les ressources sont disponibles, mais qu'elles ne travaillent pas, c'est préoccupant. »

Prix Innovation clinique

La présidente Lucie Tremblay était à Alma jeudi soir lors du congrès de l'Ordre régional des infirmières et infirmiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean/Nord-du-Québec, où le prix Innovation clinique Banque Nationale a été remis au projet « Outil d'évaluation du risque chimique ». L'équipe du conseiller en soins infirmiers en santé au travail Harold Bherer a effectivement constaté qu'il n'y avait aucun outil pour harmoniser les perceptions des risques liés à l'utilisation des produits chimiques. Au Québec, des centaines de travailleurs subissent des brûlures chimiques au travail chaque année. Après avoir appliqué l'outil de prévention dans des entreprises, l'équipe a remarqué des changements significatifs et souhaite qu'il soit implanté dans plusieurs milieux de travail dans la province.

« Ça montre que les infirmières sont présentes et importantes partout, du début à la fin de la vie en passant par l'école et le travail », commente Lucie Tremblay.

Les récipiendaires régionaux reçoivent une bourse de 1000 $ et sont admissibles au prix national.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer