L'agresseur d'enfants « Pellicule » prend le chemin des cellules

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Sébastien Tremblay, dit Pellicule, est parti pour la prison avant même de connaître sa sentence.

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Même si la sentence ne sera imposée que le 27 juin, Sébastien Tremblay, dit Pellicule, a pris le chemin de la prison immédiatement pour avoir commis des attouchements sexuels sur cinq enfants au Lac Pouce, à Laterrière, en 2013.

Le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, a accepté la demande de l'individu d'être privé de sa liberté immédiatement au lieu d'attendre la journée de la décision du magistrat.

Me Marie-Ève St-Cyr, de l'Aide juridique, croit qu'une peine de 15 à 18 mois de détention serait appropriée, alors que Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), réclame plutôt 24 mois de pénitencier et une probation de 36 mois.

« Pellicule » Tremblay a été reconnu coupable, le 5 octobre 2016, d'avoir commis des attouchements sexuels sur cinq garçons, entre le 14 juillet et le 2 août 2013, au moment où il se trouvait en lien d'autorité auprès des enfants.

Tremblay agissait alors comme moniteur de nuit au Lac Pouce. Il a touché les parties intimes des victimes par-dessus les vêtements ou les sacs de couchage au moment de les border pour la nuit ou de les réveiller le matin.

Représentations

Jeudi matin, lors des représentations sur sentence, Me St-Cyr a plaidé que le tribunal devait tenir compte de l'âge de l'accusé (22 ans en 2013), que les gestes commis ne se situent pas dans la fourchette des crimes les plus graves et que les événements ont eu lieu sur quelques jours seulement.

« Mon client ne doit pas recevoir une sentence plus sévère parce qu'il n'a pas exprimé de regrets ou de remords ou parce qu'il n'a pas entrepris de thérapie », soutient Me St-Cyr.

« Il ne s'est pas excusé aux victimes, car il n'a pas changé de cap depuis le début des procédures judiciaires. Il dit ne pas être coupable. En plus, mon client a été reconnu coupable d'attouchements par-dessus les vêtements, mais il n'y a pas eu de sodomie, de fellation ou une relation sexuelle complète. Ce n'est donc pas dans la fourchette supérieure des peines », croit la criminaliste.

De son côté, Me Ouellet ne voit pas les choses du même angle.

« Il faut savoir que l'accusé pourrait écoper d'une peine de cinq années de pénitencier, soit la peine minimale de 12 mois par victime. Ce n'est pas ce que je demande. Dans la peine suggérée de 24 mois, il faut tenir compte du contexte où cela s'est produit. »

« C'était dans un climat de confiance. Ça s'est passé dans le lit des enfants, au moment où ils sont couchés. C'est là qu'il a profité d'eux, au moment où ils sont le plus vulnérables », a plaidé la procureure de la Couronne.

Celle-ci reconnaît que l'accusé n'a aucun antécédent judiciaire, mais retient plusieurs facteurs aggravants, comme le nombre de victimes (5), la préméditation, les conséquences sur les enfants, de même que l'absence de remords et de regrets de la part de Tremblay.

L'accusé n'a démontré aucun remords

Sébastien Tremblay, dit « Pellicule », n'a démontré aucun remords et aucun regret envers les cinq victimes de ses attouchements sexuels.

L'agresseur d'enfants de 26 ans (22 ans au moment des événements) a répondu à quelques questions de son avocate, Me Marie-Èves St-Cyr, au moment de représentations sur sentence.

Il a expliqué ce qu'il a fait depuis l'instant où il a été arrêté et accusé d'attouchements sexuels sur des mineurs dans le cadre d'un lien d'autorité.

Tremblay dit avoir suivi une formation en boucherie, est allé étudier à Montréal et est revenu dans la région depuis janvier.

Mais pas un mot envers les victimes, soit pour faire part de regrets ou offrir ses excuses.

Avant d'entendre les avocats y aller de leurs recommandations, la maman d'une victime s'est adressée au juge Guimond.

« Il a cassé, écrasé et broyé mon fils. Je voulais savoir qui lui avait fait ça et je voulais voir sa putain de face. »

La dame a raconté ce que sa famille vit depuis le 1er août 2013, le jour où elle a reçu un appel téléphonique du directeur du centre de Laterrière. Celui-ci l'a appelé pour lui dire qu'il s'était passé quelque chose d'important avec son garçon.

« En raccrochant, je me suis effondrée en larmes. Je n'ai jamais imaginé qu'une affaire de même pouvait arriver. J'ai crié et hurlé. Ce furent les plus longues minutes de ma vie. J'étais en état de choc », a-t-elle ajouté.

« Lorsque mon garçon m'a appelé, je n'ai pas été capable de cacher mon désarroi. Lui, il voulait terminer son camp de vacances et il m'a rassuré. Mais j'étais tout de même paniquée. Je ne pouvais croire que la vie et l'enfance de mon fils avaient été détruites », a lu la maman devant le juge.

Celle-ci ne cache pas que les mois et les années qui ont suivi les événements ont été difficiles. La victime a eu des difficultés à l'école, a entrepris de vérifier si les portes et les fenêtres étaient barrées au moment où il allait se coucher.

« Une fois, je lui ai tapoté les fesses et il m'a dit tout de suite d'arrêter, que ça lui faisait penser à lui (Pellicule). »

« Lorsque nous avons laissé les enfants au Lac Pouce en 2013, nous avons pris des photos où tout le monde était joyeux. Aujourd'hui, je revois ces photos et je les déteste. Quatre années après tout ça, le sujet est tabou. Nous n'en parlons pas à la maison », a indiqué la dame en précisant qu'elle n'oubliera jamais ce cauchemar.

« Il a anéanti nos vies pour toujours », a conclu la maman.




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