Manifestation à Chicoutimi: « On se bat pour ne pas reculer »

Cinq cents travailleurs de la construction du Saguenay-Lac-Saint-Jean,... (Photo le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Cinq cents travailleurs de la construction du Saguenay-Lac-Saint-Jean, membres de l'Alliance intersyndicale, ont occupé le pont de Sainte-Anne, jeudi matin.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

En grève depuis mardi, environ 500 travailleurs de la construction du Saguenay-Lac-Saint-Jean, membres de l'Alliance intersyndicale, ont occupé le pont de Sainte-Anne, jeudi matin, question de faire connaître leurs revendications au grand public et mettre de la pression sur les employeurs.

Après s'être rassemblés tôt le matin sur les terrains de l'Hôtel Delta, les grévistes de toutes allégeances ont occupé la structure, pancartes à la main, afin de faire savoir qu'ils s'opposent aux demandes patronales visant à obtenir davantage de flexibilité dans les horaires de travail.  Quelques-uns étaient accompagnés de leurs jeunes enfants.

Roger Valcourt, représentant syndical au sein de l'Alliance, a expliqué en entrevue qu'il n'est pas question de laisser à la discrétion des patrons le pouvoir de les faire entrer au travail n'importe quand la semaine ou les fins de semaine. «Lors de la dernière négociation en 2013, on a donné l'opportunité d'élargir les horaires de travail de 6 h à 19 h. Cette année, ils veulent élargir de 5 h à 21 h. En cas d'intempéries, ils veulent faire reprendre le travail le samedi », explique M. Valcourt.

Un autre travailleur présent à la manifestation, Yvan Brochu, a mentionné que l'assouplissement des horaires nuirait considérablement à la vie familiale pour ceux de la région qui n'ont d'autres choix que de s'exiler à l'extérieur, faute de chantier ici. « Lorsqu'on commence le travail à 7h le matin pour aller à Québec, on doit partir de la région à 5h le matin pour arriver à temps. Si on commençait à 5h le matin, on devrait partir à Québec le dimanche soir. Pensez-vous que c'est bon pour la vie familiale ? Actuellement, on se bat pour ne pas reculer, pas pour avancer», a souligné M. Brochu aux grévistes. 

Parmi les autres récriminations, Gérald Gilbert, du local 2182 de l'Inter, soutient que les travailleurs font face de plus en plus à du travail hors construction dans le secteur industriel, ce qui réduit le volume de travail sans compter que de plus en plus de travailleurs ne réussissent pas à cumuler leurs prestations de chômage.

Pas d'appui

Parmi les leaders syndicaux présents, Philippe Green, gérant d'affaires au sein du Conseil provincial, reconnaît que les grévistes n'ont pas l'opinion publique derrière eux en raison des propos qui se tiennent par certains commentateurs de l'actualité. « On entend dans les médias que les gars sont des bébés gâtés et qu'ils gagnent 100 000 $ par année. Depuis 2012, on n'a plus de travail dans la région. Il y a beaucoup de gars qui n'ont pas les heures travaillées pour être à l'assurance-emploi ni à l'aide sociale en raison des avoirs dont ils disposent », explique M. Green.

Le mouvement de grève se poursuit alors que les travailleurs du Saguenay et du Lac-Saint-Jean sont invités à se rassembler de nouveau à Jonquière et à Alma vendredi matin.




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