Conférence de Gérard Bouchard: succès mitigé de la diversité culturelle

Le professeur Gérard Bouchard.... (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le professeur Gérard Bouchard.

Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Le pluralisme culturel bénéficie d'un succès mitigé au Québec, principalement parce qu'il est traité sur une base rationnelle. C'est ce qu'a affirmé le professeur Gérard Bouchard, en conférence à l'UQAC mardi soir, dans le cadre du colloque annuel du Centre interuniversitaire d'études sur les lettres, les arts et les traditions (CELAT).

Au cours de la conférence intitulée «Fondement symbolique et mythes nationaux: au coeur des résistances interculturelles», Gérard Bouchard s'est questionné sur le vivre- ensemble, le rapport majorité-minorité dans une société et la vie interculturelle. «Le rapport minorité/majorité n'est pas une clef qui ouvre toutes les portes. Malheureusement, ce rapport est fondé sur un clivage non étanche», remarque le professeur.

Selon lui, l'une des principales raisons qui expliquent le peu d'enthousiasme pour le pluralisme québécois est le manque d'émotions. La notion a été traitée sans la dimension émotive, ce qui a enlevé de son impact. «Les évènements malheureux du 29 janvier à Québec auraient dû servir de point d'ancrage au pluralisme. Mais au final, ça a été un ancrage négatif. Pourtant, toutes les conditions étaient là: solidarité, fraternité, unité. Il devait y avoir un avant et un après, au final il y a juste un avant», raconte le professeur.

Pour lui, il est trop tard pour sensibiliser la population puisque l'émotion est retombée, près de quatre mois après l'attentat. Il aurait souhaité que le pluralisme soit présenté comme un moyen de contrer les actes criminels.

Déconstruire les mythes

Pour Gérard Bouchard, les mythes sont nocifs au multi culturalisme. «Les mythes sont des valeurs sacralisées sur lesquelles les gens s'appuient pour penser à la nation comme à une famille. Seulement, cet imaginaire irradie la conscience et soutient la raison et c'est ce qui pousse les gens à voir les immigrants comme une menace ou un danger», témoigne le professeur.

Chaque société est portée par des valeurs qui lui sont propres, et chaque valeur résulte d'un évènement qu'a vécu la société. Si la population rend ses valeurs accessibles aux nouveaux arrivants, Gérard Bouchard assure que ces valeurs pourraient devenir universelles.




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