Étude pour un deuxième pont: Pierre Charbonneau dit d'attendre

Pont Dubuc... (Archives Le Progrès, Jeannot Lévesque)

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Pont Dubuc

Archives Le Progrès, Jeannot Lévesque

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Avant de réclamer la réalisation d'une étude socioéconomique pour un nouveau pont reliant les deux rives du Saguenay, les résultats de l'enquête Origine et destination, réalisée par le ministère des Transports du Québec (MTQ), doivent être connus.

Voilà l'avis de l'ingénieur et chargé de cours à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Pierre Charbonneau, qui a réagi au lancement d'une pétition par le conseiller municipal Marc Pettersen. L'élu de Chicoutimi-Nord et son collègue Simon-Olivier Côté demandent l'appui de la population pour que le gouvernement donne son accord à la réalisation d'une étude permettant d'évaluer les besoins pour de telles infrastructures. 

Pierre Charbonneau est à l'origine du mouvement « Un pont sur le fjord ». Il estime qu'il ne sert à rien de demander à nouveau une étude socioéconomique et croit que M. Pettersen doit cesser de penser « qu'un deuxième pont servira à sortir le trafic lourd de la ville ».

« Ça ne marche pas ces idées-là pour faire passer un projet. L'argument du trafic lourd n'est pas la pierre angulaire dans ce dossier, c'est un argument secondaire. Le trafic lourd va continuer à rouler partout pour le service local. On fait toujours un pont pour ''tout le monde'' et il doit être profitable au maximum de gens », note-t-il.

Par ailleurs, l'ingénieur aimerait que le premier ministre Philippe Couillard prenne le dossier en main et débloque les fonds nécessaires au déploiement d'une étude d'avant-projet, une fois les données d'origine et destination connues.

« En faisant participer les firmes de génie-conseil qui ont des bureaux régionaux dans ce domaine, cela injectera dans l'économie de bons emplois », argue Pierre Charbonneau. Selon lui, la sortie du conseiller Pettersen est « opportuniste » puisqu'elle a lieu quelques jours seulement après l'annonce de la réalisation de travaux par le MTQ, dont les employés ont relevé d'importantes traces de corrosion aux poutres-caissons de la structure principale la semaine dernière.

« Ça ne sert à rien de paniquer. La situation actuelle est temporaire. D'ailleurs, il faudrait que le MTQ donne des nouvelles plus étoffées et une idée de l'échéancier des travaux en cours », poursuit Pierre Charbonneau.

Fjord

Concernant la construction d'un pont qui traverserait le Saguenay à la hauteur de Saint-Jean-Eudes, tel que proposé par Marc Pettersen, Pierre Charbonneau estime que cette option risquerait d'attiser la colère des membres du comité Citoyens pour un Vaudreuil durable (CVD). Les citoyens du quartier Panoramique s'opposent à l'aménagement d'un nouveau site d'entreposage des résidus de bauxite de Rio Tinto. M. Charbonneau a des vues opposées à celles du groupe, lui qui dirige le mouvement Oui au projet Vaudreuil 2022.

« L'idée d'un pont à Saint-Jean-Eudes devient une idée à oublier. Les gens du CVD auront encore plus de raisons de se braquer. Ils vont s'opposer au tracé, c'est sûr, parce qu'ils ne voudront pas d'un autre boulevard qui passe derrière chez eux », affirme celui qui croit que si deuxième pont il y a, celui-ci devrait relier les secteurs du Club de yacht, sur la rive nord, à l'usine d'épuration du Rang Saint-Martin, sur la rive sud.

Les résultats bientôt connus

Quant à l'enquête Origine et destination, mise en branle en 2015, le MTQ a l'intention d'en diffuser les faits saillants au cours des prochaines semaines. Le ministère poursuit l'analyse des données recueillies auprès d'automobilistes qui empruntent les six routes principales menant à la région métropolitaine (RMR) de Saguenay et rendra sa base de données disponible cet automne. L'étude s'est déroulée en deux volets. L'enquête ménage a d'abord permis de réaliser 7500 entrevues téléphoniques, tandis que l'enquête cordon visait à interroger des gens sur le terrain. Sur les routes à faible débit, des automobilistes étaient stoppés, puis invités à répondre à quelques questions. Sur les artères à haut débit, des employés du ministère ont relevé des numéros de plaques, pour ensuite acheminer des questionnaires à domicile. Au total, 4300 entrevues ont été réalisées. 

« L'enquête avait pour objectif de mettre en relation les caractéristiques sociodémographiques de la population en lien avec la mobilité. C'est une source d'information importante qui permettra d'avoir une vue globale des déplacements au Saguenay et qui aidera, entre autres, la planification de travaux. Les données serviront au ministère, à la Ville et aussi à la Société de transport de Saguenay. Elles seront utilisées pour connaître le flux de circulation vers Saguenay », précise Véronick Lalancette. Les angles abordés dans le cadre de l'enquête étaient le mode de déplacement, les motifs, les points de départ et d'arrivée, l'heure de départ et le nombre de personnes présentes à bord du véhicule.

Les travaux commenceront la semaine prochaine

Les travaux correctifs visant à éradiquer la rouille des poutres-caissons du pont Dubuc, à les réparer et à les protéger commenceront la semaine prochaine. Des plaques d'acier boulonnées seront installées de façon à préserver les structures. 

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) précise que les dommages causés par la rouille sont moindres qu'anticipés, ce qui facilitera la tâche aux travailleurs. 

« Ça va être fait le plus rapidement possible. On souhaite que la restriction de charge pour les véhicules de 12 tonnes soit levée d'ici à quelques semaines », a fait valoir la porte-parole du ministère, Véronick Lalancette.




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