Des massages d'enfants à la garderie

Plusieurs fois par semaine, les enfants qui fréquentent... (Le Progrès, Jeannot Lévesque)

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Plusieurs fois par semaine, les enfants qui fréquentent la garderie en milieu familial d'Annie Laberge, à Chicoutimi-Nord, se massent entre eux. Ils y prennent visiblement beaucoup de plaisir et, selon l'éducatrice, respectent les règles qui encadrent le programme MISA. Celles-ci sont basées sur le respect, la politesse et le partage.

Le Progrès, Jeannot Lévesque

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Dans la garderie en milieu familial d'Annie Laberge, les petites Rosalie, Ariel et Olivia sont debout derrière trois chaises. Elles demandent poliment à leurs amis Cédric, Annabel et Damien, assis devant elles, s'ils souhaitent recevoir un massage. Les bambins, âgés de trois à cinq ans, répondent tous par l'affirmative. S'en suit une série de manoeuvres fort relaxantes et stimulantes, si l'on se fie au langage corporel des donneurs et des receveurs.

Les enfants qui se massent les uns les autres à la garderie ou à l'école pourraient être de plus en plus nombreux. S'il n'en tenait qu'à l'éducatrice en petite enfance Annie Laberge, cette pratique serait présente dans de nombreux milieux de garde et établissements scolaires.

Celle qui a ouvert sa garderie à Chicoutimi-Nord il y a près de 20 ans est aussi massothérapeute certifiée. Depuis un certain temps, elle cherchait un moyen de conjuguer ses deux passions : les enfants et la massothérapie. Puis elle a entendu parler de MISA (Massage In Schools Association), une organisation internationale qui a implanté un programme de massage dans les écoles. Ses fondatrices, une Suédoise et une Québécoise, ont élaboré un programme destiné aux enfants de 4 à 12 ans. D'abord intégré dans des établissements du Royaume-Uni, MISA a fait des petits dans une vingtaine de pays. Annie Laberge fait partie des quelques massothérapeutes québécois qui ont obtenu l'accréditation. Emballée par MISA, sa mission et ses vertus, l'éducatrice l'a mis en place dans son service de garde il y a environ un mois, avec l'accord des parents. Quelques fois par semaine, elle invite donc les enfants à se masser entre eux. Le tout se fait par l'entremise d'une histoire qu'elle leur raconte ou à travers des jeux thématiques.

La formation à laquelle s'est soumise Annie Laberge à Montréal, conjuguée à l'expérience vécue avec les bambins, l'a convaincue de la myriade de bienfaits inhérents à la pratique du massage entre enfants.

« Je leur offre quelque chose de stimulant qui leur permet de se sentir bien. Les massages sont une belle façon de leur montrer ce que c'est un toucher sain, nourrissant et sécuritaire. Ils ont un effet calmant et incitent les enfants à faire preuve de douceur et d'empathie. C'est bon pour la valorisation, l'intégration et pour la socialisation », poursuit celle qui donnera prochainement des ateliers aux Jardins du coin de Chicoutimi-Nord.

Des critères bien précis

Avant de masser un ami, l'enfant doit demander la permission. Si son copain refuse, le massage n'a pas lieu. Les mouvements se font par-dessus les vêtements et doivent être concentrés sur le dos, les bras, la nuque et la tête. Aucun adulte ne masse les enfants.

« Tout ça se fait dans le respect. Le fait de devoir demander la permission inculque des notions de politesse et de respect à l'enfant. À la fin, on remercie notre ami de nous avoir permis de lui offrir un massage. C'est un beau geste de partage qui développe la confiance », note Annie Laberge.

Un toucher sain

Certains parents pourraient faire preuve de réticence à l'égard du programme MISA, ce qui est bien normal selon Annie Laberge.

L'éducatrice et massothérapeute, elle-même mère de trois enfants, ne manque pas d'arguments pour les rassurer. Elle invite les papas et les mamans intéressés par MISA à lui poser des questions ou à visiter sa page Facebook (Annie Laberge, massothérapeute).

«On vit dans une société où c'est mal vu de se toucher. Pourtant, le toucher est un besoin fondamental de l'humain. C'est le premier sens qu'on acquiert dans l'utérus et le dernier qu'on perd avant de mourir. Les études prouvent que les bébés qui ne sont jamais touchés en conserveront des séquelles. Toucher, c'est l'un des premiers moyens de communication et de découvertes. Tant que c'est bien encadré et que les enfants respectent les règles, il n'y a que des bienfaits», fait valoir Annie Laberge.

Elle pointe que d'autres effets positifs ont été observés, notamment l'amélioration de la concentration, une meilleure connaissance de soi, la diminution de l'agressivité et une amélioration du fonctionnement du système nerveux autonome.

En 2001, des écoles de l'Angleterre se sont servies du programme de massages en milieu scolaire dans le cadre d'une campagne visant à contrer l'intimidation.

Des idées plein la tête

Annie Laberge a bien l'intention de faire connaître le programme de massages dans les écoles. Elle ira bientôt présenter son offre de services à la direction d'un établissement de Chicoutimi-Nord et souhaite offrir une formation à des responsables de services de garde en milieu familial.

Elle estime que MISA a sa place dans les programmes éducatifs, autant en milieu scolaire qu'en petite enfance. À compter du 20 mai, la massothérapeute certifiée offrira quatre ateliers parents-enfants les samedis. Ils permettront notamment aux parents de découvrir des techniques de massage et de respiration, d'aller chercher quelques notions d'anatomie, en plus de prendre un temps d'arrêt avec leur progéniture.




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