Lac Saint-Jean: du jamais-vu en 40 ans

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Le niveau du lac Saint-Jean pourrait atteindre la barre des 18 pieds durant la journée du 20 mai, ce qui était toutefois loin d'être le cas dimanche, lorsque cette photo a été prise dans le secteur de Chambord.

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Isabelle Tremblay
Le Quotidien

« Il s'agit du plus gros volume de crue jamais vu depuis 1976. Ça fait quand même 40 ans que l'on n'aura pas vu un niveau aussi élevé », affirme Bruno Larouche, hydrologue chez Rio Tinto.

Trois jours avant l'ouverture de la pêche, le niveau du lac Saint-Jean pourrait atteindre la barre des 18 pieds durant la journée du 20 mai. Selon les prévisions d'Énergie Électrique, le plan d'eau atteindra 16,5 pieds trois jours avant alors qu'en date de mardi, il était de 13,58 pieds.

« Au moment où l'on se parle, ça demeure des scénarios hypothétiques. On parle de 15 % de probabilités d'aller au-delà de 17,5 à 18 pieds. En bas de 17,5 pieds, il n'est pas censé y avoir des impacts pour les riverains et le pourtour du Lac », affirme Jean-François Gauthier, directeur général d'Énergie Électrique. 

Devant cet état de la situation, les autorités de la multinationale ont établi des contacts avec la Sécurité civile. Les élus des municipalités riveraines de la région ont aussi été rencontrés par les dirigeants de l'entreprise. 

Selon Jean-François Gauthier, « les prochains jours seront déterminants par rapport aux impacts à venir. À partir de là, la sécurité civile et les municipalités décideront s'il y a des actions pour lesquelles il faut aller de l'avant. Tout est en voie d'être évalué en terme d'impact potentiel afin de réagir de manière préventive et proactive. On est vraiment dans un mode de sécurité civile et de protection du public. »

Parmi ses décisions, Rio Tinto a cessé sa production à sa centrale de Chute-des-Passes le 27 avril afin d'emmagasiner de l'eau le plus possible pour faire en sorte de réduire les apports de la rivière Péribonka au lac Saint-Jean.

« Nous avons fait des simulations pour vérifier à quel moment aurait lieu la crue en amont. Comme elle était décalée, nous avons pris cette décision. Il ne fallait pas se ramasser avec un réservoir plein à Chute-des-Passes et sortir l'eau en même temps que le lac est en train de monter », précisent les représentants de la compagnie. 

« Vivra-t-on le "jour de la marmotte" de novembre 2013 ? Date où on avait "vu venir" le risque d'érosion majeur ? En tous les cas, cela prouve que le gestionnaire n'a pas le contrôle sur 75 % des apports et espérons qu'il n'y aura pas de vent », craint Gérald O'Bomsawin, président de l'Association des propriétaires de chalet de la Pointe-Wilson de Sainte-Henri-de-Taillon et membre de Riverains en colère. 

À ce sujet, l'hydrologue Bruno Larouche précise qu'environ 75 % des tempêtes de vents surviennent surtout l'automne.

Pour les sept prochains jours, environ 10 millimètres de pluie sont anticipés avec des températures plus douces. « Rappelons que les précipitations, les températures et l'évolution du couvert de neige sont déterminantes sur le volume de crue et peuvent faire varier nos prévisions rapidement », peut-on lire dans un bulletin émis par Rio Tinto.

Cette année, un couvert de neige qui était à 124 % de la normale (parmi les six plus forts depuis 1955) a été observé avec des précipitations à 185 %. Ces conditions se traduisent par une crue importante et un volume de crue à 140 % de la normale. « Typiquement, le volume de crue normal que l'on a en avril, mai et juin, c'est 21 kilomètres cubes. On se dirige plutôt vers 30 kilomètres cubes », termine M. Gauthier.

Évacuations et rivières sous surveillance

Cinq résidences ont été évacuées au Lac-Saint-Jean. Deux résidences ont été inondées et évacuées à Saint-Félicien. Les occupants ont été pris en charge par la Croix-Rouge. Une résidence a aussi été évacuée à Saint-Prime, où une route est aussi touchée par la crue des eaux, peut-on lire sur le site Internet d'Urgence Québec.

Une résidence à Albanel ainsi qu'une autre à Sainte-Hedwidge ont aussi été évacuées.

À Saint-François-de-Sales, plusieurs résidences pourraient être évacuées si le pont du Moulin doit être fermé. Quelque cinq résidences principales sont déjà inondées en bordure de la rivière Ouiatchouan et environ cinq autres sont menacées par la montée de l'eau.

D'autres bâtiments sont aussi menacés, à Lac-Bouchette également, par la montée de l'eau en raison du débit élevé du barrage des Commissaires et de la montée des eaux de la rivière Ouiatchouan.

Sous surveillance

Dans la région, trois plans d'eau présentent une inondation mineure, soit le lac des Commissaires, la rivière Mistassini et la rivière Ouiatchouan.

Quatre autres sont sous surveillance : la petite rivière Péribonka et la rivière Mistassibi, dont les débits étaient à la hausse, mardi, vers 21 h, ainsi que les rivières Ashuapmushuan et la rivière aux Saumons, qui avaient pour leur part un débit en baisse. Isabelle Tremblay et Myriam Gauthier

Le niveau et le débit monteront

(Myriam Gauthier) - La Sécurité civile s'attend à une augmentation du niveau et du débit des cours d'eau de la région dans la prochaine semaine en raison de la fonte des neiges. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean ne devrait cependant pas connaître une situation de la même intensité que dans certains secteurs de la province.

« La prochaine semaine va être une semaine importante. La crue a commencé tard, ça a été long, on n'a pas eu des températures extrêmement chaudes. On a amorcé le printemps de façon très timide », a expliqué France-Sylvie Loisel, directrice régionale par intérim de la Sécurité civile pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord, lors d'un entretien avec Le Quotidien, mardi.

Les quantités de neige qui doivent encore fondre expliquent ces prévisions, qui doivent se préciser de jour en jour, selon les aléas de la météo. 

« Il faut s'attendre à ce que ça monte, donc on sait que ça va causer des soucis à certaines municipalités, a-t-elle prévenu. Il faut s'armer de patience et suivre les consignes des municipalités. »

Toutefois, la situation ne devrait pas être aussi alarmante que dans la région de Montréal. « On voit ce qui se vit ailleurs, ça ne sera pas de la même intensité ici, mais quand même on risque d'être affectés par la crue printanière. De là, il faut demeurer vigilants », a précisé Mme Loisel.

Si la situation est sous haute surveillance dans plusieurs secteurs du Lac-Saint-Jean, il n'en demeure pas moins que le Saguenay est aussi affecté par la crue des eaux. Mardi, l'eau avait commencé à monter sur certains terrains de Rivière-Éternité.

La Sécurité civile effectue un suivi avec tous les acteurs impliqués dans la région, avec Environnement Canada, la direction de l'expertise hydrique, les gestionnaires de barrage et Rio Tinto, entre autres. Des conférences téléphoniques sont aussi organisées avec certaines municipalités. Des conseillers en sécurité civile travaillent sur le terrain.

Les citoyens sont invités à consulter le site Internet d'Urgence Québec pour suivre l'évolution de la situation et obtenir de l'information sur les ressources disponibles.

Chemins forestiers

Des tronçons importants de chemins forestiers sont par ailleurs impraticables dans la région en raison de ruptures et de bris occasionnés « par la crue exceptionnelle des eaux », a indiqué mardi le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.




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