La ministre va regarder le dossier

Une marche de solidarité s'est déroulée la semaine... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Une marche de solidarité s'est déroulée la semaine dernière dans les rues d'Alma.

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Isabelle Tremblay
Le Quotidien

Les dirigeants de la Maison Jean-Eudes Bergeron d'Alma se sont engagés à mettre sur la glace le projet de relocalisation de la vingtaine de résidants qui était prévu d'ici le 1er juillet.

Cela fait suite à une rencontre au sommet intervenue mardi, à Québec, entre la direction de la ressource intermédiaire pour personnes souffrant d'un handicap et la ministre déléguée à la Réadaptation et à la Protection à la jeunesse, Lucie Charlebois.

Patrick Savard, directeur général de la Coopérative de services à domicile Lac-Saint-Jean-Est, se déclare satisfait des échanges intervenus. « On avait à s'expliquer et à lui faire preuve que notre décision de fermer la résidence n'est aucunement liée à un problème de gestion ou d'administration, contrairement à ce que la ministre a prétendu. Nous sommes arrivés avec des chiffres à l'appui et ç'a été bien compris. Mme Charlebois s'est engagée à regarder notre dossier d'une façon particulière. »

« Effectivement, Mme Charlebois a tenu une bonne rencontre de travail. À la suite de celle-ci, la ministre a demandé des vérifications supplémentaires concernant la classification des usagers. La priorité sera toujours d'assurer les soins et les services adéquats aux résidents », précise Bianca Boutin, attachée de presse de la ministre.

La semaine dernière, la Coopérative a annoncé qu'elle mettait fin aux activités de la ressource en raison d'un manque de financement. Mais celui-ci découle d'une entente nationale.

25 000 heures

Selon les données disponibles, les sommes consenties à la maison permettraient d'offrir quelque 16 000 heures de services sur le plancher alors que, dans la réalité, 25 000 heures ont été données au cours de la dernière année. 

La décision de fermeture a soulevé un tollé de protestations chez la vingtaine de résidants. Une marche de solidarité s'est déroulée vendredi dernier dans les rues d'Alma. Néanmoins, M. Savard dit voir une lumière au bout du tunnel. 

« La ministre Charlebois a bien compris notre réalité. Elle ne nous a pas fait de promesse, mais on a senti qu'elle était sensible au dossier. Je crois qu'elle va se pencher sur notre situation et qu'elle va essayer de trouver des alternatives malgré la rigidité de l'entente nationale », souhaite Patrick Savard. 

Alexandre Cloutier

Pour sa part, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, entend tout mettre en oeuvre pour sauver l'institution. C'est ce dernier qui a orchestré la rencontre de mardi. 

« La bonne nouvelle, c'est qu'un sursis a été demandé et autorisé quant au déplacement des gens, ce qui nous donne un peu plus de temps pour trouver une solution. On pense à tous les résidants qui aiment leur résidence, qui sont heureux et qui veulent y demeurer. Nous travaillons très fort pour les maintenir en place, d'autant plus que les montants en jeu sont inférieurs à ce que ça va coûter au réseau public s'ils doivent être transférés ailleurs. »

Une situation qui pourrait se répandre

L'instrument qui est utilisé afin de mesurer le financement dont disposent les ressources intermédiaires ne convient pas toujours au profil des personnes qui y sont hébergées. 

Tel est le constat de l'Association des ressources intermédiaires d'hébergement du Québec (ARIHQ). 

La directrice de l'organisme, Johanne Pratte, estime que la situation vécue à la Maison Jean-Eudes Bergeron d'Alma cadre parfaitement avec cette réalité. 

Mme Pratte craint que le phénomène se répande ailleurs si Québec n'intervient pas. 

À ce titre, elle précise que le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec est sensibilisé à cette problématique depuis deux ans. 

« Il n'y a aucune ouverture actuellement pour discuter de ce problème-là », déplore toutefois Mme Pratte.

« C'est une situation qui est vécue par plusieurs petites ressources intermédiaires qui accueillent moins de vingt personnes. Cette clientèle a des besoins très intenses, notamment au niveau de l'encadrement, et encore là, l'instrument appliqué pour mesurer le financement n'est pas adéquat. »

Lettre au ministère

L'ARIHQ a adressé une lettre au Ministère. Elle lui demande de mettre des solutions sur la table. 

« On est prêts à s'asseoir et à en discuter. Il y a un problème avec cet instrument. Le financement ne rend pas toujours justice aux services nécessaires. C'est le cas pour la Maison Jean-Eudes Bergeron et plusieurs ressources nous appellent pour nous en faire part. »

L'ARIHQ regroupe toutes les ressources intermédiaires pour adulte au Québec. Elle en dénombre 850.

Résolution

Par ailleurs, le conseil municipal d'Alma a adopté une résolution, lors de sa séance tenue mardi soir. Les élus s'opposent à la fermeture de la maison. Ils demandent à la ministre Lucie Charlebois et au CIUSS de maintenir cette ressource. 




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