Un message à Ottawa et Washington

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Politiciens, représentants syndicaux, travailleurs et citoyens étaient tous unis pour sauver la forêt lors de la grande marche de la solidarité.

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Louis Potvin
Le Quotidien

Des travailleurs, des citoyens, des enfants, des élus et des représentants syndicaux ont marché ensemble pour témoigner de leur inquiétude face à l'avenir de l'industrie forestière.

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Les milliers de personnes se sont regroupés à la fin de la marche pour écouter les discours des politiciens et des représentants syndicaux.

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Ils étaient de 2000 à 3000 personnes dans les rues de Dolbeau-Mistassini pour marquer leur solidarité et démontrer leur volonté à faire pression sur le gouvernement fédéral pour atténuer les effets de l'imposition d'une surtaxe sur le bois d'oeuvre par le département du Commerce américain. Ils étaient tous unis pour sauver l'industrie forestière.

« On va prendre une photo de vous et on va l'envoyer à Washington », a lancé le député libéral provincial d'Ungava, Jean Boucher. C'est la déclaration qui a fait le plus réagir les personnes rassemblées sur le boulevard Wallberg après la marche qui avait démarré de l'hôtel de ville.

Plusieurs personnalités politiques et syndicales se sont déplacées pour l'occasion. Certains ont pris la parole pour montrer leur volonté à poursuivre la bataille pour la forêt.

Le député de Roberval et premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a donné le ton en affichant sa détermination de ne pas se faire marcher sur les pieds par les Américains. « J'ai rencontré des officiels du sud de la frontière et je leur ai dit : ''si vous pensez que vous allez nous avoir à l'usure, c'est parce que vous ne connaissez pas les Québécois''. Les Québécois et moi, on va être là jusqu'à la fin. On ne ménagera pas nos énergies et on va aller jusqu'au bout. Vous ne détruirez pas nos communautés », a-t-il témoigné. Le premier ministre ne veut surtout pas que l'administration Trump vienne saccager l'économie du Québec, avec les menaces supplémentaires faites envers l'aluminium, l'agriculture et l'aéronautique.

Son collègue Serge Simard a mentionné que ce combat allait au-delà de la partisanerie et des idéologies. « Ça n'a rien à voir avec les partis politiques. Tout le monde parle d'une même voix. La forêt coule dans les veines des Québécois », a affirmé le député de Dubuc.

« On démontre quelque chose de beau. Vous vous êtes déplacés de partout en région pour démontrer la solidarité que nous avons au Saguenay-Lac-Saint-Jean. On dit à l'ensemble du Québec et du Canada que l'on veut que la région continue à vivre de la forêt », a déclaré pour sa part le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier.

Travailleurs

Au nombre des marcheurs de nombreux travailleurs qui affichaient leur couleur syndicale. Des intervenants de la FTQ, Unifor, CSD, des Métallos et de la CSN ont aussi témoigné de leur volonté à soutenir l'industrie et les travailleurs.

Véronique Desserres, vice-présidente de la CSN, a indiqué qu'il s'agissait d'un combat intersyndical important et qu'il fallait regrouper les forces pour faire bouger les choses.

Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ, a souligné que l'industrie devait se tourner davantage vers l'innovation et l'utilisation de la biomasse pour être moins dépendante des Américains et que les gouvernements devraient développer des programmes adoptés.

Plusieurs intervenants ont souligné que cette manifestation de solidarité pourrait se répéter ailleurs en province et qu'une importante délégation pourrait se rendre à Ottawa pour faire bouger le gouvernement.

Jean-Pierre Boivin, président d'Alliance forêt boréale, Réjean Paré,... (Photo Le Quotidien, Yohann Gasse) - image 2.0

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Jean-Pierre Boivin, président d'Alliance forêt boréale, Réjean Paré, président de Rémabec, Richard Garneau, PDG de Résolu, Richard Hébert, maire de Dolbeau-Mistassini, et le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, ont dévoilé l'arbre de la solidarité qui va trôner devant l'hôtel de ville de Dolbeau-Mistassini.

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Denis Lemieux absent

Il y avait un grand absent à la marche de solidarité forestière de Dolbeau-Mistassini ; le député libéral Denis Lemieux.

Plusieurs intervenants ont souligné cette absence et ont multiplié les critiques envers le gouvernement de Justin Trudeau.

« Le message que je lance au fédéral, c'est qu'on ne veut pas d'un programme d'assurance emploi. On veut des travailleurs, pas des chômeurs ! On veut des entreprises en santé. Monsieur Lemieux est absent. J'aurais aimé qu'il soit là pour livrer notre message à la colline parlementaire », a mentionné le président de l'Alliance forêt boréale, Jean-Pierre Boivin, qui organisait cette marche.

Le député conservateur Denis Lebel en a ajouté une couche. « Ce sont eux qui ont la clé pour dénouer l'impasse. Mardi quand je serai en Chambre, je vais questionner Justin Trudeau sur l'industrie forestière et la crise du bois d'oeuvre », a-t-il promis.

La députée NPD Karine Trudel a témoigné que cette imposante marée humaine envoyait un signal clair que le gouvernement devait saisir.

« Ce n'est pas vous que je dois convaincre, a lancé à la foule le maire de Dolbeau-Mistassini Richard Hébert. Ce sont les absents qui doivent saisir notre message », faisant référence à l'absence de Denis Lemieux et aux organismes de défense de l'environnement qui ont malmené l'industrie forestière au cours des dernières années.

« Le gouvernement fédéral a abandonné l'industrie forestière. Nous sommes rendus au 5e conflit sur le bois d'oeuvre. On espère avoir de l'aide du fédéral pour soutenir les travailleurs et l'industrie. Nous allons les talonner jusqu'à tant qu'ils prennent des mesures », a renchéri Renaud Gagné, représentant de la centrale Unifor.

Steeve Boudreault de la CSD a ajouté son grain de sel. « Monsieur Trudeau, c'est le temps d'agir maintenant. Si on ne fait rien et que des usines ferment, ce sont d'autres entreprises qui font affaire avec ces usines qui vont écoper. Ça risque de créer l'exode des travailleurs. Ce sont nos villes et nos villages qui vont se vider ».

En entrevue après l'événement, Philipe Couillard a lui aussi déploré l'absence du député Lemieux. Il a tout de même réitéré sa confiance envers Justin Trudeau pour mettre en place des programmes et de discuter avec le président Donald Trump pour essayer de dénouer l'impasse.

... mais il avait écrit une lettre à sa collègue

Le député libéral de Chicoutimi-Le Fjord, Denis Lemieux, a fait parvenir une lettre à sa collègue Chrystia Freeland, ministre du Commerce international, pour faire valoir la qualité de l'aluminium produit au Québec et la faible empreinte carbonique de sa production, en lien avec l'enquête ordonnée par le président américain Donald Trump sur les importations d'aluminium.

La lettre rédigée en anglais, dont Le Quotidien a obtenu copie, est datée de vendredi. Dans sa missive de deux paragraphes, le député porte à l'attention de sa collègue que l'aluminium québécois est produit dans le respect de standards mondiaux de haute qualité, par des employés syndiqués.

Il ajoute que l'aluminium produit au Québec a un ratio de production de quatre tonnes de CO2 par tonne d'aluminium, tandis que l'aluminium produit en Asie engendre 16 tonnes de CO2 par tonne d'aluminium.

« Pour résumer, lorsque nous importons en Amérique du Nord de l'aluminium produit en Asie, nous importons leur gaz à effet de serre et exportons nos emplois syndiqués de haute qualité », poursuit-il, dans la langue de Shakespeare. 

En portant ces informations à l'attention de la ministre, le député de Chicoutimi-Le Fjord espère qu'elles seront transmises au secrétaire au Commerce américain, Wilbur Ross.

Il n'a pas été possible de parler à Denis Lemieux, dimanche. Pierre Audi, responsable du bureau de circonscription du député, a indiqué au Quotidien que le député était en déplacement dimanche, et donc non joignable. M. Audi a ajouté qu'il n'y avait pas pour l'instant de commentaires à formuler sur le dossier, Denis Lemieux étant dans l'attente d'un retour de la ministre.

Il a précisé qu'une copie de la lettre envoyée à la ministre Freeland avait été transmise aux représentants syndicaux des usines de Rio Tinto de la région.




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