Quatre externes pour dix mois à l'hôpital d'Alma

Le directeur de l'Unité de médecine familiale (UMF)... (Le Progrès, Gimmy Desbiens)

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Le directeur de l'Unité de médecine familiale (UMF) d'Alma, le Dr Philippe Villemure, donne quelques conseils aux externes Alexandre Audet (assis sur la table), Alexia Tanguay-Lecomte, David Lauzon et Sohen Blanchet-Godbout, le tout sous l'oeil attentif de la Dre Marie-Ève Langelier, coordonnatrice locale du projet d'externat longitudinal intégré

Le Progrès, Gimmy Desbiens

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Depuis lundi, l'hôpital d'Alma accueille une première cohorte d'étudiants qui prennent part au tout nouveau programme d'externat longitudinal intégré (ELI). Le tout paraît bien technique, mais en bref, cela signifie que quatre futurs médecins pourront compléter un stage de 10 mois en un seul et même lieu plutôt que de faire la ronde des établissements. Le projet est novateur et la région est la deuxième du réseau desservi par le programme de médecine de l'Université de Sherbrooke à l'offrir.

Les externes Sohen Blanchet-Godbout, Alexandre Audet, Alexia Tanguay-Lecomte et David Lauzon sont emballés de pouvoir casser la glace. Les noms des heureux élus, qui ont complété les trois premières années de leur formation prédoctorale, ont été pigés parmi 14 candidats postulants, sur une cohorte de 24. Chaque aspirant à l'ELI devait décliner son intérêt dans une lettre de motivation.

« Avant d'obtenir le diplôme de MD et de faire son choix de résidence, il faut réaliser une suite de stages. Avant, c'étaient des stages d'un ou deux mois condensés. Par exemple, un externe pouvait passer un mois en cardiologie dans hôpital universitaire et deux mois en médecine familiale. C'était le rallye des stages et c'est encore ça pour la majorité des externes, ce qui signifie une adaptation perpétuelle aux milieux et aux équipes », met en contexte Marie-Ève Langelier, médecin de famille à l'UMF d'Alma. La Dre Langelier agit comme coordonnatrice de l'implantation du programme ELI à Alma. La nouvelle initiative est accueillie fort positivement par les médecins de l'UMF et de l'hôpital, même si tout le personnel doit y aller de ses propres efforts pour que le projet pilote soit couronné de succès.

Appartenance au milieu

Le fait de changer constamment de milieu de stage n'est pas l'idéal pour favoriser l'apprentissage clinique du futur médecin, peu importe vers quelle spécialité ou surspécialité il se dirige. Avec l'externat de 10 mois, réalisé de façon intégrée, Sohen, Alexandre, Alexia et David exploreront plusieurs domaines de la médecine et pourront assurer la continuité des soins et le suivi des patients. Pendant leur passage à Alma, les étudiants aborderont leur future profession sous toutes ses coutures, de la médecine familiale à la psychiatrie, en passant par la chirurgie, la médecine interne, la pédiatrie, la gynécologie et la santé communautaire.

« Toutes les études démontrent l'efficacité de ce type d'externat. La présence et l'intégration dans la communauté ont aussi un impact sur l'empathie des futurs médecins », pointe la directrice de l'enseignement au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean et directrice du programme de formation médicale à Saguenay, la Dre Sharon Hatcher.

Elle ajoute que la décision de l'Université de Sherbrooke d'implanter un programme d'externat longitudinal intégré à Alma témoigne de son désir de faire découvrir aux étudiants ce qu'est véritablement la pratique de la médecine en région.

« Il y a tout un mouvement en éducation médicale et il y a même un consortium mondial ELI. Ça ne fait aucun doute. Pour former des médecins pour les régions, il doit y avoir des formations en région. L'exposition a un impact majeur sur la rétention », poursuit la Dre Hatcher.

Le prolongement jeannois de la formation médicale à Saguenay

La directrice du programme de formation en médecine à Saguenay, Sharon Hatcher, convient qu'une innovation pédagogique comme l'ELI s'implante très bien dans un hôpital de petite taille comme Alma, auquel est rattachée une unité de médecine familiale.

Elle ajoute que l'établissement de la ville de l'hospitalité devient, en quelque sorte, un gage de qualité « de la médecine qui se fait en région ». La Dre Hatcher voit d'ailleurs l'établissement almatois, une des six « installations » du CIUSSS régional, comme le prolongement jeannois du programme de médecine dispensé à Chicoutimi.

Originaire de Montréal, la Dre Marie-Ève Langelier a fait le choix de s'établir à Alma. C'est aussi le cas de son collègue directeur de l'UMF, Philippe Villemure. Le médecin a quitté son patelin, Sherbrooke, pour pratiquer et vivre au Lac.

« Le fait qu'on soit dans un petit milieu permet un lien direct avec les superviseurs et les patients. C'est possible de faire un programme comme ELI en centre universitaire, mais le nombre de patients est élevé et le milieu peut devenir saturé. Quand l'hôpital est plus petit, les liens se créent plus facilement et l'attention est personnalisée. Tout le monde voit les avantages. Ç'a été un peu un casse-tête d'arrimer tous les horaires, mais le projet est rassembleur et pour la rétention, c'est un gros plus », estime la coordonnatrice locale du projet d'externat longitudinal intégré.

Avantages

Une adaptation plus rapide, un suivi amélioré et un accès aux médecins facilité. Voilà les conditions gagnantes pour un meilleur raisonnement clinique, s'entendent pour dire les quatre externes. De leur point de vue, l'ELI ne comporte que des avantages.  « On va pouvoir avoir une exposition clinique variée chaque semaine », note le Trifluvien Alexandre Audet.

« Ça va nous permettre de mieux suivre les patients », relève, entre autres éléments, Alexia Tanguay-Lecomte, la seule du groupe originaire de la région. David Lauzon, natif de Thetford-Mines, voit d'un très bon oeil le fait de ne pas être soumis de façon répétitive au processus d'acclimatation propre à l'arrivée dans un nouveau milieu de stage et pense récolter les dividendes rapidement.

Pour sa part, Sohen Blanchet-Godbout, qui est papa d'un bébé de six mois, considère le tout comme un élément facilitant pour l'organisation familiale. Si, à ce stade, les quatre futurs médecins ne peuvent dire où ils aboutiront après leurs études, aucun d'entre eux n'exclut la possibilité de travailler au Saguenay-Lac-Saint-Jean.




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