La Maison Jean-Eudes-Bergeron d'Alma met la clé sous la porte

Seulement trois ans après son ouverture, la Maison... (Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

Agrandir

Seulement trois ans après son ouverture, la Maison Jean-Eudes Bergeron d'Alma fermera ses portes en raison d'un manque de financement.

Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Isabelle Tremblay
Le Quotidien

La Coopérative de services à domicile de Lac-Saint-Jean-Est met la clé sous la porte de la Maison Jean-Eudes-Bergeron d'Alma.

Un manque de financement est à l'origine de la décision administrative communiquée aux résidants et employés, lundi soir. De part et d'autre, la nouvelle fut accueillie avec amertume.

Ouverte depuis seulement trois ans, cette ressource intermédiaire en déficience physique a nécessité des investissements de près de 3 M $. Faute d'argent, la direction devait composer avec un déficit d'opération. Aujourd'hui, il s'élève à quelque 200 000 $.

« Les revenus sont insuffisants par rapport aux dépenses nécessaires pour donner le service. Nous desservons une clientèle en déficience physique qui nécessite beaucoup de soins. Parce que les cas s'alourdissent, il a fallu augmenter le nombre d'heures sur le plancher progressivement, mais toujours avec le même financement », commente Patrick Savard, directeur général de la COOP.

La Coopérative de services à domicile a répondu à un appel d'offres lorsqu'elle a pris la décision de fonder cette ressource en 2014.

Aujourd'hui, force est de constater qu'il s'agit d'un échec lamentable. Et après le transfert de la clientèle, elle se retrouvera avec une bâtisse sur les bras.

« On y a cru. Pour investir trois millions de dollars, il fallait y croire. Nous existons depuis 20 ans et nous avions 17 ans d'expérience lorsque nous avons répondu à l'appel d'offres. À l'époque, on s'était dit que ça valait la peine de tenter le coup. Notre but n'était pas de faire des profits, mais plutôt de répondre à des besoins. Malheureusement, on ne pouvait plus continuer dans ces conditions », précise M. Savard.

Les 20 résidants seront rapatriés dans d'autres ressources de la région. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) chapeaute le transfert, lequel devrait être complété d'ici juillet.

Quant à la vingtaine de travailleurs qui perdent leur emploi, Patrick Savard assure que toutes les énergies nécessaires seront mises en oeuvre pour qu'ils soient réaffectés à l'interne.

« Nous avons de multiples projets, dont huit résidences pour personnes âgées, une autre ressource intermédiaire ainsi que 900 clients à domicile. Ces employés font partie d'une masse de 200 personnes qui donnent 200 000 heures de service par année à 1200 clients. Nous avons dit aux employés que nous désirons vraiment les garder. »

Enfin, d'ici les prochaines semaines, M. Savard et son équipe se concentreront sur ce qu'il adviendra de la bâtisse. Il affirme que toutes les portes sont ouvertes à l'heure actuelle.

Cloutier réagit

Le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, n'a pas tardé à réagir en affirmant avoir été sous le choc en apprenant la nouvelle mercredi matin.

« J'ai l'intention d'aller offrir mon soutien lors de la marche populaire qui sera organisée vendredi », a dit M. Cloutier, qui a fait part également de son intention d'interroger la direction du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSS) sur la façon dont a été effectué le montage financier de la maison dont l'ouverture remonte à tout juste trois ans.

« Comment se fait-il qu'on ait accepté le transfert de personnes en déficience physique alors qu'on ne s'était pas assuré de la pérennité du financement de l'organisme. La situation est préoccupante. Je vais demander un état de situation », conclut-il. Avec Denis Villeneuve




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer