La tablette au service de la sécurité

Étudiant à la maîtrise en gestion des organisations,... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Étudiant à la maîtrise en gestion des organisations, Alexandre Tremblay a évalué l'efficacité de l'utilisation de tablettes électroniques lors d'une formation en milieu de travail grâce à son projet d'intervention.

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Pour aider une entreprise en aluminerie de la région à améliorer les formations en santé et sécurité au travail, tout en réduisant les coûts, l'étudiant à la maîtrise en gestion des organisations de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Alexandre Tremblay, a développé un moyen de permettre aux travailleurs de faire de l'autoformation à l'aide d'une tablette électronique.

Son projet s'intitule Efficacité de l'utilisation des tablettes électroniques comme supports d'auto-apprentissage dans un programme de formation en santé et sécurité du travail (SST) en milieu de travail. À l'aide de deux tablettes électroniques, sur lesquelles il n'y avait que des applications de base et un accès restreint à Internet, il a adapté une formation déjà existante en PowerPoint, pour la présenter aux travailleurs. Il a ensuite évalué l'efficacité de cette méthode.

« Avant, les formations dans cette entreprise se donnaient avec un superviseur, en temps supplémentaire, avant ou après le quart de travail. Avec le contexte économique qu'il y a depuis 2008, l'aluminerie a dû revoir ses façons de faire pour réduire ses coûts, et a décidé de ne plus donner les formations en temps supplémentaire. Elle a créé des formations express données par des superviseurs », raconte M. Tremblay.

L'étudiant a donc eu l'idée de trouver un moyen pour amener la formation aux travailleurs.

« Avec l'utilisation de tablettes électroniques, les travailleurs peuvent utiliser leur temps improductif pour faire la formation par eux-mêmes. Ça évite de payer du temps supplémentaire, de sortir les employés de leur milieu de travail ou de payer quelqu'un pour donner la formation », explique Alexandre Tremblay.

Il a travaillé avec deux groupes différents. Un premier groupe-témoin, composé de onze personnes, a vécu une formation normale, avec un superviseur, alors qu'un deuxième groupe, divisé en deux sous-groupes de huit et sept travailleurs, a eu la formation avec la tablette électronique.

Questionnaire

Pour vérifier l'efficacité de l'utilisation de la tablette électronique, Alexandre Tremblay a fait passer un questionnaire à la fin de l'exercice pour évaluer la rétention des informations, et il s'est également basé sur le temps utilisé pour réaliser la formation.

Les résultats obtenus ont montré que 12 participants sur les 15 qui ont eu la formation sur la tablette ont pris moins de temps pour la faire que ceux qui ont suivi la formation avec un superviseur.

De plus, 100 % des travailleurs qui ont utilisé la tablette électronique ont mentionné vouloir refaire ce genre de formation. Pour ce qui est de la rétention d'information, les résultats des participants de la formation traditionnelle étaient équivalents à ceux des personnes qui ont suivi la nouvelle méthode.

« Ce que les gens ont apprécié également, c'est que c'était rapide, dynamique, et flexible, puisqu'ils pouvaient suivre la formation lorsqu'ils avaient du temps de disponible », ajoute Alexandre Tremblay, qui est très satisfait des résultats obtenus.

Toutefois, il mentionne que son projet n'aborde que quelques aspects, et qu'il y aurait encore du travail à faire.

« Faute de temps, j'ai seulement pu évaluer la satisfaction des participants, et les connaissances retenues. J'aurais aimé voir si les comportements en lien avec la formation ont véritablement changé par après, et quel est exactement l'impact économique, mais ça aurait pris plusieurs mois, parce que ces deux aspects s'évaluent au long terme. J'aurais pu faire un autre projet là-dessus », conclut-il.

Une ressource à utiliser

Les entreprises ne devraient pas hésiter à aller chercher des étudiants de l'université pour travailler sur différents projets, estime l'étudiant à la maîtrise en gestion des organisations de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Alexandre Tremblay.

Selon lui, le partenariat entre les entreprises régionales et les étudiants, et même les professeurs de l'UQAC, n'aurait que de bons résultats. D'après Alexandre Tremblay, c'est une ressource presque gratuite que les entreprises oublient d'exploiter.

« Si les étudiants font un projet dans une organisation, ça ne coûte rien. La majorité du temps, ils font ça bénévolement, à moins que l'entreprise décide elle-même de les payer », explique-t-il.

Il donne comme exemple son projet de maîtrise, l'implantation d'une formation en santé et sécurité au travail sur une tablette électronique dans une aluminerie régionale, qui n'a rien coûté à produire, et qui pourrait potentiellement épargner beaucoup d'argent à l'entreprise. « Je suis juste un étudiant de l'UQAC, et j'ai décidé d'aller proposer un projet. Je ne suis pas le seul qui est capable de faire ça ! Il y a une tonne d'étudiants qui ont du potentiel et qui pourraient réaliser tout plein de projets », poursuit Alexandre Tremblay.

D'après l'étudiant, ce n'est pas une question de mauvaise volonté de la part des entreprises et organisations, mais plutôt un manque de connaissance. « C'est déplorable qu'il n'y ait pas plus de collaboration. J'aimerais que les entreprises soient plus au courant que c'est une possibilité, qu'il y a des étudiants à la maîtrise, au doctorat et même au baccalauréat qui peuvent mener des projets », estime l'étudiant.

« À mon avis, on voit un peu l'université comme étant à part, obscure et inatteignable si on ne sait pas comment elle fonctionne. Mais les étudiants attendent juste ça, d'avoir des projets avec des organisations ! On n'est pas séparé de la réalité ! », souligne-t-il.




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