Aluminium: Jean-Marc Crevier dénonce le manque de solidarité

L'ancien coordonnateur de la FTQ, Jean-Marc Crevier, déplore... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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L'ancien coordonnateur de la FTQ, Jean-Marc Crevier, déplore le manque de solidarité et de leadership de la région, ce qui fait en sorte qu'on a vu s'effondrer la structure de notre grappe de l'aluminium.

Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens

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« La région n'a pas saisi l'occasion de regrouper tous les organismes ou comités qui travaillent pour développer tout le secteur de la transformation de l'aluminium et aujourd'hui elle est plus morcelée que jamais. Ça semble bien faire l'affaire du gouvernement et de la grande entreprise qui elle, de son côté, met son nez partout sans vraiment assumer de direction, comme le fait Alcoa à Baie-Comeau. »

Jean-Marc Crevier s'était bien gardé de jouer à la belle-mère depuis qu'il a quitté son poste de porte-parole de la FTQ au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cette retraite ne l'empêche toutefois pas de suivre avec un grand intérêt l'actualité quotidienne et surtout le cheminement de certains grands projets auxquels il a été associé. Son constat est sévère alors qu'il voit se disloquer petit à petit certains consensus établis dans la région pour donner un nouvel élan à tout le secteur de l'aluminium.

« Pendant que la compagnie Alcan construisait l'usine d'Alma, les syndicats ont lancé un message au gouvernement pour qu'il y ait des exigences en échange des blocs d'énergie que l'entreprise souhaitait obtenir à long terme. On parlait alors d'avoir une mécanique pour s'assurer que la région puisse mettre en place un secteur de transformation. Le débat a été ferme avec Lucien Bouchard et nous avons finalement convenu avec l'entreprise de participer à la stratégie Tranformaction. On mettait en place un premier jalon pour supporter les efforts de toute la région », se rappelle Jean-Marc Crevier.

Ce premier jalon a rapidement donné naissance à d'autres structures comme la Vallée de l'aluminium, le CQRDA, une politique de crédit d'impôt sur la masse salariale pour les entreprises du secteur de la transformation de l'aluminium et ainsi de suite.

« Une fois que tout a été mis en place, les gens se sont mis à protéger leur chaise sans se soucier des intérêts de l'économie régionale et de l'importance de créer une plus grande solidarité. Au lieu de regrouper tous les organismes et de les installer au même endroit comme c'était possible de le faire dans la maison de la région, les gens ont préféré maintenir leur petit royaume. On le voit encore aujourd'hui alors que le CQRDA est toujours indépendant de la SVA et ainsi de suite. La seule organisation qui siège partout et qui sait ce qui se passe partout, c'est celle de Rio Tinto », reprend Jean-Marc Crevier.

Il enchaîne en rappelant avoir encore en tête les commentaires de fonctionnaires ou autres représentants du gouvernement se moquant de ce qui se passait dans la région, et les voir maintenir cette division alors que les dirigeants de chacune des organisations menaient des batailles pour conserver leur indépendance tout en refusant de réfléchir à ce que pourrait donner un regroupement des toutes les forces.

Structurite

Même les entrepreneurs ont été d'une certaine façon pénalisés par la multiplication des structures pour orienter l'industrie de la transformation de l'aluminium. Ils devaient multiplier sans cesse les démarches pour trouver dans chacun des organismes les services nécessaires au montage du projet. Jean-Marc Crevier considère qu'un guichet unique regroupant tous les organismes sous le même toit aurait permis de répondre plus efficacement aux promoteurs.

Pendant que chaque organisme de la région mène un combat d'arrière-garde pour protéger son petit territoire, d'autres se chargent de nous enlever morceau par morceau des éléments importants de ce qui aurait normalement dû faire partie du créneau régional de l'aluminium. La création d'une chaire de recherche sur les véhicules électriques intelligents sous le leadership d'Alexandre Taillefer illustre bien ce que déplore Jean-Marc Crevier.

« On ne peut pas leur reprocher de s'occuper de leurs affaires. M. Taillefer a une crédibilité et exerce un véritable leadership qui regroupe les gens. Ici, Rio Tinto n'a jamais exercé ce leadership », a ajouté le syndicaliste à la retraite.

« De toute façon, conclut Jean-Marc Crevier, la région n'a plus de véritable porte-parole. Depuis l'abolition de la CRÉ, cinq préfets ont le rôle de défendre la région et on ne sait pas vraiment ce qu'ils défendent. Chacun a tendance à défendre les intérêts de son coin. »




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