Honoré pour avoir sauvé une femme de la noyade

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La passerelle qui permettait de rejoindre la partie supérieure du quai de Sainte-Rose-du-Nord s'est effondrée le 7 septembre 2016.

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Pascal Girard
Le Quotidien

L'Unité Saguenay de la Garde côtière auxiliaire canadienne (GCAC) a été doublement honorée récemment alors qu'elle a été nommée Unité de l'année au Québec, parmi 56, et qu'un de ses membres, Olivier Guillemin, a reçu la médaille d'héroïsme, pour son intervention lors de l'effondrement de la passerelle au quai de Sainte-Rose-du-Nord le 7 septembre dernier.

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Olivier Guillemin a reçu la médaille d'héroïsme, une récompense nationale remise par la Garde côtière auxiliaire canadienne pour son intervention lors de l'effondrement d'une passerelle sur le quai de Sainte-Rose-du-Nord, le 7 septembre 2016.

Le Progrès, Jeannot Lévesque

Ces reconnaissances ont été remises lors de l'assemblée générale annuelle de la section Québec qui s'est tenue le 11 mars dernier à Laval.

«L'année 2016 a été un point tournant. On a fait beaucoup de développement», a raconté lors d'un entretien téléphonique André Couturier, commandant adjoint de l'Unité Saguenay de la Garde côtière auxiliaire canadienne. Il a cité l'efficacité de son commandant, Jean-Claude Saint-Laurent, pour ce qui est du recrutement.

L'organisme comprend une quinzaine de bénévoles et peut compter sur quatre bateaux au besoin. «Personnellement j'ai un Zodiac. Il y aussi le Grizzly d'André Girard et deux bateaux de plaisance (''cruisers'') à la marina de Chicoutimi», a indiqué celui qui s'implique dans plusieurs organismes, dont Sauvetage Région 02 et la Croix-Rouge. Il a également été pompier volontaire à l'Usine Laterrière pendant neuf ans, au travers de sa carrière de 36 ans au sein de l'aluminerie.

Six missions en 2016

«L'an passé, on a fait six missions. C'était essentiellement des remorquages et des bateaux en panne. On se met en disponibilité pour la Garde côtière», a-t-il poursuivi. Selon M. Couturier, les navires de la Garde côtière ne viennent pas fréquemment au Saguenay. «Eux, ils ne viennent pas souvent. Ils s'occupent de dégager le chenail pour les navires de Rio Tinto l'hiver. Ils viennent déglacer après la pêche blanche», a poursuivi le marin. L'aéroglisseur vient aussi en début et en fin de saison maritime pour poser les bouées pour la navigation jusqu'à Chicoutimi, où le passage près de Saint-Fulgence est particulièrement hasardeux. Les gens de La Baie connaissent bien cette imposante embarcation, car elle se stationne sur le terrain de l'ancienne usine de la Consol.

Avec la base

L'an dernier, l'Unité Saguenay a tenu un exercice conjoint avec notamment un hélicoptère Griffon de l'Escadron 439 de la Base de Bagotville. «Ils voulaient vérifier si on était capables d'évacuer un blessé avec le Grizzly», s'est rappelé M. Couturier. De telles ententes avec les services de sauvetage sont ce vers quoi va l'organisme, en ciblant notamment la Sécurité incendie et la Sécurité publique de Saguenay.

La GCAC s'attend à reprendre du service sur l'eau au début mai. Ils seront en disponibilité pour l'arrivée des premiers navires de croisière à La Baie. Le Veendam est attendu le 3 mai avec ses 1348 passagers et 561 membres d'équipage. «Il y a aussi les voiliers en juillet», a ajouté le commandant adjoint.

L'Unité Saguenay couvre le territoire compris entre le pont Dubuc et L'Anse-Saint-Jean. «La Garce côtière auxiliaire couvre les eaux soumises aux marées. Nous n'allons pas sur le lac Saint-Jean ou le lac Kénogami», a-t-il conclu.

Olivier Guillemin a sauvé une femme de la noyade

Le 7 septembre 2016, Olivier Guillemin a sauvé une vie à Sainte-Rose-du-Nord. Le 11 mars 2017, il a reçu une médaille d'héroïsme, mais aujourd'hui il tient à souligner l'intervention de trois de ses collègues qui étaient comme lui à bord du Fjord Saguenay II, soit Stan St-Pierre, Charles Barthram et Claude Simard.

«Eux aussi, ils ont probablement sauvé des vies avec leur intervention. Et eux ils n'ont pas eu la chance d'être récompensés», a tenu à dire Olivier Guillemin lorsqu'interviewé par Le Progrès.

Il se trouvait à bord du Fjord Saguenay II, à titre de mécanicien, lors de l'escale qui a mal tourné et qui a fait 14 blessés. «J'ai vu la rambarde tomber devant mes yeux. J'ai entendu les gens se plaindre. Je me suis dirigé à l'extérieur avec trois de mes collègues. Eux, ils se sont dirigés sur la passerelle. Moi, je suis allé le long de la passerelle pour pouvoir me rendre au bout. Au bout, il y avait une partie sur le ponton et l'autre au-dessus de l'eau d'environ 30 cm. Une femme avait été propulsée à travers la rambarde. Elle a défoncé le treillis en aluminium. Son mari la retenait même s'il avait des fractures aux jambes. Quand j'ai vu cette femme, elle glissait progressivement. Pour moi, c'était une noyade assurée. Si elle a une fracture, elle ne pourra pas nager. Je me suis dit non, je ne vivrai pas ça aujourd'hui. Je me suis mis à l'eau et je lui ai parlé doucement. J'ai suggéré à son mari de la lâcher. Au bout d'un moment, il lui a dit ''Tu peux lâcher''. Il m'a regardé en souriant. Elle a lâché et je l'ai menée très tranquillement pour la sortir de l'eau. J'ai nagé très tranquillement sur le dos», s'est rappelé le Français d'origine maintenant installé à Chicoutimi, et qui compte une vaste expérience maritime.

Selon lui, la récompense reçue est venue le conforter dans le bien-fondé de son intervention. Il dit avoir longtemps conservé un doute.

Dans un courriel envoyé après l'entrevue téléphonique, Olivier Guillemin a détaillé l'intervention de ses confrères de travail. «Charles Barthram, matelot, a maintenu la tête d'une personne hors de l'eau pour qu'elle puisse respirer et rester en vie. Elle avait de multiples fractures à la cage thoracique et était quasi inconsciente. De même que Claude Simard, le guide touristique du navire, s'est occupé d'une autre personne à moitié immergée et très mal en point. Stan St-Pierre, premier maître, 81 ans, a su maintenir l'ordre en gardant son sang-froid et ainsi se faire rassurant auprès des passagers pour les faire tenir jusqu'à l'arrivée des secours», a écrit le membre de l'Unité Saguenay de la Garde côtière auxiliaire canadienne. Il a souligné également l'excellence du capitaine du navire, Louis Bernier, qui a coordonné les opérations avec Transport Canada et les services d'urgence.

Sans nouvelles de la dame

Olivier Guillemin n'a jamais revu ni même eu de nouvelles de la dame qu'il a sauvée. «Non, je ne lui ai pas reparlé. Je ne sais pas où elle est. Elle m'avait donné son nom, mais je l'ai perdu. On ne sait pas si elle s'est bien remise», a-t-il mentionné.

Il ne peut faire de démarche pour la retrouver en raison des mises en demeure et de la poursuite en cours. Tout au plus, il se souvient qu'elle était Québécoise, mais sûrement de l'extérieur de la région. «En tant que salarié, on ne peut interférer avec les poursuites», a indiqué celui qui ne sera pas de retour sur le Fjord Saguenay II cet été, mais pas en raison de l'incident. Il a été engagé par une autre entreprise.




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