Le rêve de Jeanne-Mance

Jeanne-Mance Migneault, 82 ans, a toujours adoré les... (Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Jeanne-Mance Migneault, 82 ans, a toujours adoré les enfants et en a gardé des dizaines pendant 26 ans à sa résidence d'Arvida. Le 14 avril, elle réalisera son rêve de les revoir.

Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Tous les rêves sont à notre portée, quand on y croit. Parlez-en à Jeanne-Mance Migneault, une résidante de la Villa Chicoutimi, qui caressait un projet très cher à ses yeux : celui de revoir tous les enfants qu'elle a gardés pendant 26 ans.

Avec la complicité de la responsable de la programmation et des loisirs de la résidence pour personnes âgées, Marie-Claude Dufour, Jeanne-Mance Migneault, 82 ans, vivra un grand moment d'émotion le 14 avril prochain. Une trentaine d'invitations ont été envoyées aux parents d'enfants dont elle a eu la charge il y a plusieurs années. Seulement deux ont décliné. C'est donc avec énormément de fébrilité que l'octogénaire au grand coeur, qui a bercé l'enfance de dizaines de bambins, accueillera tout ce beau monde à souper dans moins de deux semaines.

« J'achetais des billets de loterie et je disais à mon mari que si je gagnais un petit montant, j'organiserais quelque chose et je les inviterais tous », met en contexte celle qui garde d'excellents souvenirs de ces années où elle a porté le chapeau de gardienne à sa résidence d'Arvida. Madame Migneault a gardé contact avec certains parents et a suivi, de près ou de loin, le parcours de ceux et celles dont elle a pris soin parfois de la toute petite enfance à la sixième année. Ses grands yeux brillants s'écarquillent lorsqu'elle parle d'Annie, de Jean-François, de Tommy ou de Lily. Les tiroirs de sa mémoire débordent d'anecdotes impliquant ces mousses qui, pour la plupart, sont à leur tour parents aujourd'hui.

Moments de bonheur

C'est grâce au programme Moments de bonheur des résidences Chartwell que le rêve de Jeanne-Mance Migneault est désormais à sa portée. L'initiative permet aux personnes âgées qui vivent dans une maison regroupée sous l'égide de la chaîne de vivre un instant magique, selon leur désir. Certains voeux sont tout simples, comme celui de cette dame qui avait envier d'aller à la pêche blanche. Une autre résidante, âgée de 95 ans, souhaitait ardemment franchir la Porte Sainte du Vieux-Québec. Autre souhait exprimé, cette fois très touchant : un couple dont l'un des membres s'apprêtait à entrer en maison de soins palliatifs et qui ne demandait rien de plus que de partager un dernier repas en tête à tête, avec un bouquet de fleurs. À plus grande échelle, le programme Rêve d'une vie Canada permet à des résidants de vivre une expérience grandiose. C'est ainsi que la voisine d'en face de Madame Migneault a pu rencontrer le député Maxime Bernier, son idole, à Ottawa.

« Il doit y avoir une importance au niveau émotionnel. Le rêve doit être significatif et favoriser l'épanouissement. L'objectif, c'est que la personne se réalise encore. On lui demande : ''avez-vous vraiment réalisé tout ce que vous auriez aimé ? '' », explique Marie-Claude Dufour, qui ajoute que ces moments sont enrichissants et profitables au plan cognitif pour les personnes du troisième âge.

Dans le cas de Jeanne-Mance Migneault, la demande a été formulée de façon on ne peut plus claire. La dame a même préparé une liste avec les noms de tous les enfants qu'elle porte toujours en son coeur, ainsi que ceux de leurs parents. Son implication a simplifié la tâche de Marie-Claude Dufour, qui a fait suivre les invitations aux convives.

Madame Migneault aurait eu une ribambelle d'enfants, n'eût été les problèmes de santé qui l'ont empêchée de devenir à nouveau enceinte après son deuxième accouchement. Celle que plusieurs ont appelée « Ma tante Jeanne » pendant de nombreuses années a donc décidé de partager son surplus de tendresse avec la kyrielle de tout-petits qu'elle a pris sous son aile. Elle leur a donné de l'amour et a contribué, à sa manière, à leur épanouissement.

« Je les ai tous aimés. Quand j'ai su que j'allais revoir toutes ces petites frimousses, j'ai pleurniché tout l'après-midi », raconte Madame Migneault, ses beaux grands yeux bleus voilés par un trop-plein de larmes.




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