Un fils de Mashteuiatsh nommé juge

Le chef du conseil de bande de Mashteuiatsh,... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Le chef du conseil de bande de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le nouveau juge de la Cour du Québec, Mark Philippe, est le premier avocat de la communauté innue de Mashteuiatsh à accéder à la magistrature. Il exercera principalement ses fonctions au Palais de justice de Gatineau.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a procédé à la nomination de 18 nouveaux juges, au criminel, à Montréal, Laval, Longueuil et Gatineau afin de combler des besoins criants et permettre aux tribunaux de respecter les délais imposés par la Cour suprême du Canada en raison de l'arrêt Jordan (18 mois pour un dossier à la Cour du Québec et de 30 mois à la Cour supérieure du Québec). Elle a aussi annoncé l'embauche de 52 procureurs pour le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Le juge Mark Philippe, qui sera assermenté aujourd'hui à Montréal, est âgé de 38 ans et détenteur d'un baccalauréat en droit de l'Université de Montréal. Il sera l'un des plus jeunes juges de la province.

Natif de Sherbrooke et membre de la communauté innue de Mastheuiatsh (il y a passé ses étés durant de nombreuses années et y retourne régulièrement), le magistrat a été admis au Barreau en 2002. 

Il a entrepris sa carrière comme procureur à la cour municipale de Longueuil avant de faire le saut au DPCP en 2004. Il était basé à la Couronne de Gatineau depuis quelques années.

PAS DE BESOINS

L'absence de nouvelles nominations dans le district judiciaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait susciter quelques questionnements. 

Le juge coordonnateur Richard P. Daoust a fait valoir qu'il n'y avait pas de besoin urgent sur le territoire pour justifier la nomination d'un ou de quelques juges au criminel.

« Avant que la ministre ne procède aux nominations, la juge en chef du Québec s'était informée auprès des juges coordonnateurs pour savoir s'il y avait des besoins urgents. Ce n'est pas le cas chez nous. Les délais de comparution sont tout de même respectables. Ils s'établissent à environ six mois comparativement à 24 mois pour Montréal. J'ai fait savoir que ce n'était pas une urgence pour notre district », de noter le juge Daoust.

Celui-ci s'est aussi réjoui de savoir qu'un juge de la région et notamment de la communauté innue de Mashteuiasth avait été nommé à la magistrature québécoise.

PAS LE PREMIER

Si Mark Philippe est le premier juge en provenance de Mashteuiasth, il n'est pas le premier juge autochtone à occuper une fonction aussi prestigieuse.

En 1983, Réjean Paul a été nommé juge de la Cour supérieure du Québec et a été juge surnuméraire à compter de 2006. Il s'est éteint en janvier 2015 à 71 ans.

Le juge Paul a notamment présidé les procès pour meurtre du réalisateur Gilles Perron (1992) et du pédophile Mario Bastien (2000).

Il avait aussi pris la relève du juge Jean-Guy Boilard au mégaprocès des Hells Angels, au tournant des années 2000. Il avait agi comme médiateur en 2004 lors d'un conflit entre les Algonquins et les Forestiers de l'Abitibi.

Le chef Dominique se réjouit

« Il s'agit d'une belle marque de reconnaissance de la part de la société québécoise. Ça démontre aussi aux jeunes de notre communauté que tous les métiers sont à leur portée même s'ils proviennent d'une communauté autochtone. »

Le chef de la communauté innue de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique, se réjouit de la nomination de l'un de ses membres, Mark Philippe, à un poste aussi prestigieux que juge de la Cour du Québec.

« Il est encore tout jeune (38 ans) et il est très heureux de sa nomination. Je viens à peine de lui parler. Il vit quelque chose de particulier depuis deux jours », ajoute le chef Dominique.

Ce dernier précise que le juge Mark Philippe est toujours très attaché à la communauté du Lac-Saint-Jean. 

« Il a passé régulièrement ses étés chez nous. Il n'a pas toujours été là, car ses parents ont été amenés à travailler et à vivre à l'extérieur de la communauté. Mais il y est profondément attaché, surtout que sa famille vit ici maintenant », reprend Gilbert Dominique.

Le chef de la communauté innue croit vraiment que cette nomination peut avoir un impact sur les jeunes de Mashteuiatsh, en les encourageant à persévérer.

« On reconnaît que nos membres ont une grande valeur. Ça représente beaucoup. Il s'agit d'une belle réussite qui se reflétera sur notre communauté », conclut-il.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer