Une bière contre les hydrocarbures

Samedi, la population était conviée à un 5... (Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay)

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Samedi, la population était conviée à un 5 à 7 à l'Hopera pour le lancement saguenéen de la bière Coule pas chez nous, un moyen de s'opposer au projet d'oléoduc Énergie Est. Sur la photo: Dominic Girard, la gérante de l'Hopera Magalie Méthot, le gérant Vladimir Antonov, le propriétaire de l'Hopera Mathieu Roy, l'organisatrice du 5 à 7 Anouk Nadeau-Farley, et le président de Boréalisation Philippe Dumont.

Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay

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« Pas d'eau, pas de bière. Pas de bière, pas de fun ! » C'est sous ce slogan qu'un groupe composé de 24 microbrasseries, dont l'Hopera de Jonquière, a lancé la bière Coule pas chez nous, qui est un moyen de s'opposer aux oléoducs d'Énergie Est. La boisson houblonnée a été présentée samedi soir à la population, lors d'un 5 à 7 organisé dans l'établissement saguenéen.

Tous les profits générés par sa vente seront remis à l'organisme du même nom, qui lutte contre le projet d'oléoduc de TransCanada.

« C'est une campagne qui a été créée par la fondation Coule pas chez nous, qui regroupe des comités de citoyens qui se préoccupent des enjeux qui touchent au transport du pétrole provenant des sables bitumineux de l'Alberta. Quand on a su que l'Hopera participait et allait présenter la bière, on s'est dit que ce serait un bon moment pour prendre un verre, mais également sensibiliser les gens sur les enjeux. On voulait également mettre l'accent sur les enjeux locaux », explique l'organisatrice du 5 à 7, Anouk Nadeau-Farley.

En effet, le chemin prévu par Transport Canada ne passerait pas par le Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais d'autres projets sensiblement de la même nature menacent l'environnement et la biodiversité de la région, selon les organisateurs.

« Il y a un projet de transport d'hydrocarbure, Énergie-Saguenay, qui prévoit exporter du gaz naturel liquéfié par le fjord. Le projet inclut un gazoduc de 650 km entre l'Ontario et le Saguenay, une usine de liquéfaction à Grande-Anse et un transport maritime de trois ou quatre navires-citernes par semaine  dans le parc marin du fjord. En plus des problèmes climatiques, il y a des enjeux pour la préservation du béluga du Saint-Laurent, qui a un statut d'espèce en voie de disparition », explique le président de l'organisme Boréalisation, Philippe Dumont.

« L'enjeu qui revient souvent est l'eau potable. Si on pense à Énergie Est, s'il y a une fuite de l'oléoduc, ce serait l'eau potable de plusieurs milliers de personnes. La ressource principale des microbrasseries est l'eau. C'est pour cette raison que des militants de Coule pas chez nous ont approché plusieurs propriétaires de microbrasseries pour parler du projet, et ils ont vraiment embarqué », raconte Anouk Nadeau-Farley.

La bière, une session IPA de 3,9 % d'alcool, est très claire, presque transparente. Le choix a été fait pour représenter l'eau. La bière a été lancée au début du mois de mars partout dans la province. Vu sa popularité, les microbrasseries ont brassé 3000 litres de plus que prévu, qui seront offerts en fût ou en canettes.

« On a fait un lancement très médiatisé cette semaine, une bière qui a fait pas mal jaser, basée sur un personnage public. Pour nous, c'était vraiment une bière apolitique. Ce soir (samedi), au contraire, c'est très politique. On oublie assez facilement qu'une bière est 98 % d'eau, et qu'on la prend où elle se trouve, dans nos cours d'eau et dans nos rivières. S'il se passe un accident, ce sont plusieurs microbrasseries qui n'auront plus accès à l'eau et qui ne pourront plus travailler », a conclu le gérant de l'Hopera, Vladimir Antonov, lorsqu'il s'est adressé à la foule pour présenter la bière.




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