Ferme Olofée de Saint-Félicien: un transfert exemplaire

Pierrot, Virginie, Bergerette Tremblay, Bernard Lepage, Rose-Alice et... (Courtoisie)

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Pierrot, Virginie, Bergerette Tremblay, Bernard Lepage, Rose-Alice et Raphaël sont un exemple de réussite du transfert d'une entreprise agricole à la relève familiale.

Courtoisie

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Louis Potvin
Le Quotidien

« Pour réussir un processus de transfert d'entreprise à la relève familiale, ça prend une solide formation, du talent, de la volonté et de la rentabilité ».

Sans ces quatre aspects ; la réussite de cette opération, de céder les rênes à des membres de la famille, peut s'avérer houleuse, pense Bergerette Tremblay, copropriétaire de la ferme Olofée de Saint-Félicien. Les fondateurs ont tellement bien réussi le transfert à la relève, que leur façon de faire a été soulignée par la Coop fédérée lors de son assemblée générale annuelle. Virginie, Rose-Alice, Raphaël, Bernard Lepage et Bergerette Tremblay ont obtenu le Prix établissement et transfert de ferme.

« On a amorcé les démarches, il y a dix ans. Ça prenait au départ des enfants qui souhaitaient s'impliquer dans l'entreprise et avoir les capacités pour y travailler. Évidemment que c'est compliqué de vendre à ses enfants au niveau financier, mais ça doit aller au-delà de ça. Par contre, il faut s'assurer que la relève soit en mesure d'assurer le travail et continuer à faire prospérer l'entreprise », mentionne Bergerette Tremblay.

Elle donne l'image d'une course à relais. « Toi quand tu prends le départ, tu donnes tout ce que tu as pour faire ta portion, mais quand arrive le temps de donner le témoin, il faut s'assurer de bien le remettre à l'autre personne, mais aussi qu'elle soit prête à le recevoir. Ensuite, tu te lèves la tête et tu regardes l'autre courir. La course n'est pas finie et elle est maintenant entre les mains de l'autre coureur », illustre-t-elle.

60 % aux enfants

En effet, en cédant 60 % des parts de l'entreprise à trois de leurs quatre enfants, Bernard Lepage et Bergerette Tremblay laissaient une partie de leur pouvoir décisionnel. « Il y a un lâcher-prise qui s'installe. Nous sommes devenus une équipe. Toutes les décisions se prennent en équipe de manière consensuelle », affirme la femme de 63 ans qui est directrice financière et ressources humaines.

Son mari, Bernard, assure la direction générale, Virginie, la direction générale adjointe, Rose-Alice, le contrôle de la qualité et Raphaël, la direction de la production et des champs.

Donc comme au hockey, la force réside dans la capacité de chaque joueur de jouer en équipe et de ne pas se fier qu'à ses forces et à son talent. Évidemment, pour y arriver l'équipe a fait affaire avec différents professionnels pour être accompagnée dans la structuration de cette nouvelle entreprise qui intègre trois « recrues ». Les forces de tous sont mises en commun afin de permettre à Olofée qui cultive des céréales et transforme l'avoine de continuer à percer.

L'entreprise, qui emploie 28 personnes, cultive 2500 acres de terrains et transforme 9000 tonnes d'avoine pour la consommation humaine et animale. Son gruau entre dans la composition de barres tendres de la compagnie Leclerc et dans les pains Campagnard et Saint-Méthode.

Tout passe par la qualité de vie

Dans le monde agricole d'aujourd'hui, il faut s'assurer d'offrir une qualité de vie à la relève « C'est la seule façon de se démarquer. L'avenir des entreprises passe par offrir une qualité de vie aux dirigeants et aux employés. Il faut mettre du zen dans tout ça ».

Bergerette Tremblay devient émotive quand elle parle de l'accueil qu'ils ont reçu lors de la remise du prix de la Coop fédérée devant 500 agriculteurs. On sent sa fierté d'avoir réussi à développer une entreprise rentable et qui démontre qu'il y a un avenir grâce à cette transition réussie. Et surtout satisfaite de pouvoir prendre sa retraite d'ici quelques années, sachant que ses enfants auront pris le flambeau.

L'histoire de la ferme a été ponctuée d'embûches. Jamais le nom d'Olofée n'aura eu autant de sens « La remontée dans le vent grâce à la vitesse acquise. » « Le vent pour nous est synonyme d'adversité. En lien avec cette signification, on a ajouté cette devise : personne ne peut diriger le vent. On peut ajuster les voiles », philosophe-t-elle.

La relève assurée, l'entreprise semble profiter d'un vent favorable qui va la pousser vers de nouveaux projets... à annoncer plus tard.




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