Le Hells Plourde reste au Québec

Bernard Plourde ne pourra se rendre en République... (Archives Le Quotidien)

Agrandir

Bernard Plourde ne pourra se rendre en République dominicaine pour un court séjour d'une semaine.

Archives Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le Hells Angels Bernard Plourde ne pourra aller se faire dorer la couenne sous le soleil du Sud. Le tribunal a refusé de modifier sa promesse judiciaire ne de pas quitter le Québec.

L'homme de 53 ans s'est présenté devant le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, dans le but d'obtenir la permission de récupérer son passeport et d'effectuer un voyage de loisir qu'il avait prévu en République dominicaine.

Plourde a été intercepté à son domicile, le 17 mars, à la suite d'une perquisition policière de l'Escouade régionale mixte (ERM) du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les agents ont trouvé 8,2 grammes de haschisch et une somme d'argent d'environ 9000 $.

Le motard n'a pas été arrêté et n'est pas encore accusé de quoi que ce soit. On allègue qu'il aurait participé à du trafic de stupéfiants et au recel d'argent en provenance d'activités criminelles.

En revanche, Plourde a dû signer une promesse de comparaître pour le 20 juin. Des conditions lui ont été imposées, dont celle de ne pas quitter le Québec et d'aviser le tribunal de tout changement d'adresse.

«Je dois partir pour la République dominicaine avec un ami pour un voyage de plaisir et non pas pour des affaires. J'ai dû mettre les billets d'avion sur la glace», a commenté le motard criminalisé.

Me Debora de Thomasis, avocate de Plourde, a fait valoir au tribunal que le membre en règle des Hells Angels (ce qui n'est pas interdit) avait déjà réservé un voyage d'une semaine, du 21 au 28 mars, pour Puerto Plata, avant que les policiers ne débarquent chez lui. 

«Ce qui est surprenant, c'est qu'il n'y ait pas plus de promesses imposées à M. Plourde en raison de ses antécédents. Les policiers doivent avoir estimé que les conditions déterminées étaient suffisantes», note Me de Thomasis.

«Nous faisons preuve de transparence en venant demander au tribunal de modifier les conditions. Nous faisons légalement ce qui est nécessaire. Nous voulons une seule semaine pour lui permettre de faire son voyage», ajoute l'avocate de la défense.

Opération à venir ?

À la Couronne, Me Marie Sirois a fait valoir ses arguments pour s'opposer à la modification de condition du Hells Angels. Elle a notamment insisté sur la destination choisie par Bernard Plourde, la République dominicaine. À l'époque, le Hells Angels avait contribué à l'implantation d'un bunker du groupe de motards à Cabarette. 

«M. Plourde confirme faire partie d'une grande organisation au Québec qui, si on lui accorde la permission de quitter le pays, pourrait lui fournir les ressources pour vivre en cavale longtemps. Il pourrait décider de ne pas revenir. Quant aux conditions, elles ne sont pas restrictives», a admis Me Sirois.

Malgré les garanties de revenir au pays, d'aviser les policiers immédiatement à son retour, de remettre son passeport (qui lui a été enlevé) et de déposer un montant de 500 $, le juge Hudon a refusé la demande de la défense.

Le magistrat a appuyé sa décision sur les antécédents judiciaires de Plourde (voir autre texte), du fait qu'il a plaidé coupable à un complot pour meurtre et de gangstérisme. 

Le juge a aussi tenu compte du fait que Plourde avait été en cavale pendant neuf mois, en 2009-2010.

Pour l'instant, aucune accusation n'a été déposée encore contre Bernard Plourde, mais certaines personnes s'interrogent à savoir pour quelles raisons le Hells Angels a été libéré. 

Des criminalistes régionaux croient qu'une opération antidrogue d'importance pourrait se préparer afin de donner un dur coup aux trafiquants.

De gros antécédents judiciaires

Bernard Plourde n'est pas un inconnu du milieu judiciaire. Il a reçu quelques sentences importantes, au cours des 15 dernières années.

L'homme de 53 ans a été condamné à 66 mois de pénitencier en 2003 au terme de l'opération Satchi, menée dans la région pour démanteler un réseau de trafiquants. 

L'individu de Laterrière a été recherché, en 2009, dans le cadre de l'opération provinciale SharQc. Plourde a été en cavale jusqu'en janvier 2010, soit durant neuf mois.

Arrêté près d'un centre commercial de Longueuil par le Groupe tactique d'interventions (GTI) de la Sûreté du Québec, qui craignait qu'il soit armé, Plourde a été accusé de complot pour meurtre et de gangstérisme.

Incarcéré en janvier 2010, il a plaidé coupable en mai 2015 et avait écopé une sentence de 12 ans et 4 mois de pénitencier.

Il a été libéré en juin 2015 après avoir passé près de quatre années et six mois de détention. Cette détention préventive a été comptée en double, soit neuf ans.

Depuis quelques années, Bernard Plourde est vendeur chez Québec Nutrition. Il s'agit d'un commerce de suppléments alimentaires.

Durant son témoignage, jeudi matin, Plourde a mentionné être allé en voyage en République dominicaine, en décembre 2016, en compagnie d'un membre de sa famille.

Il a aussi mentionné avoir assisté à l'anniversaire d'un ami en Colombie-Britannique. Il est allé à la fête d'un membre des Hells Angels.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer