Le Québec injecte 29 millions $ pour ses 13 000 autistes

Québec consacrera 29 millions $ à son plan 2017-2022 sur l'autisme et espère... (Photothèque Le Soleil)

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Lia Lévesque
Le Quotidien

(Montréal) Québec consacrera 29 millions $ à son plan 2017-2022 sur l'autisme et espère ainsi éliminer la liste d'attente et accroître les services de répit et gardiennage pour 700 autres familles.

L'annonce en a été faite, mardi à Montréal, par trois ministres du gouvernement Couillard.

Les besoins sont grands dans ce domaine. Il y aurait 13 000 enfants de 4 à 17 ans atteints d'un trouble du spectre de l'autisme au Québec.

La somme de 29 millions $ vaut pour le réseau de la santé et des services sociaux. Québec fait le pari qu'en dépistant et en intervenant plus tôt, la pression sera moindre sur le réseau scolaire, qui est déjà aux prises avec des professionnels de l'éducation qui sont débordés pour venir en aide aux jeunes concernés.

De cette somme totale de 29 millions $, la part du lion, soit 11,2 millions $, servira à accroître les services de réadaptation et en intervention comportementale intensive, qu'on appelle dans le milieu ICI, pour les enfants de 0 à 5 ans.

La Fondation Jean Allard applaudit

CATHERINE DORÉ / Le président de la Fondation Jean Allard se dit heureux du Plan d'action sur le trouble du spectre de l'autisme dévoilé par Québec mardi. Joint en après-midi par téléphone, Carl Côté estime que cet investissement sera un bon coup de pouce pour la Fédération québécoise de l'autisme, laquelle chapeaute entre autres la Société de l'autisme du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« C'est une bonne nouvelle. C'est un bon travail de la Fédération et des intervenants, depuis le Forum (québécois sur le trouble du spectre de l'autisme) qui a eu lieu en février 2016. On sent une bonne volonté », se réjouit-il.

La Fondation Jean Allard a pour mission d'amasser des sous pour financer les activités de la Société de l'autisme dans la région. Cette dernière offre notamment des services de répit et d'accompagnement aux familles qui ont un enfant autiste.

Ces services de répit peuvent prendre la forme de camps estivaux ou de fins de semaine dans l'une des deux maisons de répit de la Société, l'une étant au Lac et l'autre au Saguenay. Ces services sont déjà victimes de leur succès. L'annonce de mardi devrait permettre de maintenir les services et d'ajouter des places. 

« Il faut savoir qu'un jeune autiste ne peut pas aller dans un camp, où la monitrice a 10-12 enfants à gérer en même temps. Ce n'est pas du un pour huit ! Dans les cas plus lourds, ça peut même être du un pour un », rappelle M. Côté

« S'il n'y avait pas de répit, beaucoup de familles éclateraient. Il y aurait davantage de placement d'enfant. Il y a des enfants qui ne dorment pas pendant six mois, un an... Plusieurs familles sont épuisées. Déjà, le taux de divorce est plus élevé (dans une famille vivant avec un enfant autiste) que dans la moyenne québécoise. De savoir que les jeunes ont un service adéquat, dans des maisons adaptées pour eux, c'est énorme pour les parents, ça les met en confiance. »

Moins de listes d'attente

Carl Côté, lui-même père d'un jeune homme autiste de 19 ans, se réjouit de voir que le gouvernement vise de faire diminuer de 45 % les listes d'attente en vue d'obtenir un diagnostic.

« La demande est là. Pour certains services, comme un pédopsychiatre, l'attente en ce moment est d'un an et demi. C'est énorme dans la vie d'un enfant de 3-4 ans. (...) Plus le diagnostic est jeune, plus le programme d'intervention est rapide et plus on obtient de bons résultats pour développer l'autonomie du jeune dans la vie. »

Il félicite aussi l'initiative de Québec qui souhaite encadrer davantage les personnes aux prises avec un trouble du spectre de l'autisme après leur parcours scolaire, soit après 21 ans. 

« Ça va assurer une continuité. En ce moment, il n'y a que des activités de jour de disponibles, sans vraiment de stimuli. Pourtant, ils peuvent encore apprendre. Le risque c'est de perdre des acquis, d'avoir moins d'autonomie et on retrouve ensuite ces jeunes adultes dans le réseau de la santé. »

« En prenant des mesures pour favoriser l'intégration et pour être proactif, c'est gagnant », de conclure le président de la Fondation Jean Allard, qui rappelle que plus de 1000 personnes ont reçu un diagnostic du trouble de l'autisme dans la région. Environ 200 familles sont membres de la Société de l'autisme du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La Fondation Jean Allard a remis plus de 120 000 $ l'an dernier à la Société de l'autisme.




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