La gouvernance pour les jeunes autochtones

La porte-parole du comité des jeunes de l'Assemblée... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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La porte-parole du comité des jeunes de l'Assemblée des Premières Nations, Jennifer O'Bomsawin, ne se défile pas devant les questions. Elle est en mesure de nommer les problèmes de gouvernance qui font l'objet de dénonciations plus nombreuses dans les communautés. Par contre, elle veut aussi attirer l'attention sur des jeunes dynamiques qui ont l'intention de relever les défis et qui veulent vraiment changer les choses.

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La gouvernance est un concept incontournable pour les jeunes autochtones qui sont sur les bancs de l'école et qui devront à court et moyen terme remplacer les leaders actuels avec des responsabilités différentes face à leur communauté.

Le chef Gilbert Dominique, du conseil de bande de Mashteuiatsh, était l'un des conférenciers invités dans le cadre du Forum gouvernance 2017 organisée par le Centre des Premières Nations Nikanite de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Il s'agissait du troisième colloque organisé par le centre pour traiter de la gouvernance et il était devenu évident pour les dirigeants qu'il était important d'aborder cette notion avec les étudiants.

«La responsabilité de notre génération est d'accompagner nos communautés jusqu'à l'obtention de l'autonomie gouvernementale. La responsabilité des jeunes de nos communautés sera de bien gérer notre autonomie gouvernementale», insiste le chef Dominique qui espère toujours en arriver à la conclusion de traités dans un avenir rapproché.

Dans un tel contexte, des communautés comme Mashteuiatsh vont avoir besoin d'une relève bien formée et prête à prendre la relève pour mettre en place cette autonomie gouvernementale tant souhaitée par les dirigeants autochtones. Dans ce sens, le chef n'est pas inquiet de voir autant de jeunes se diriger vers les établissements d'enseignement supérieur.

«Ces jeunes, poursuit-il, vont trouver des emplois dans les communautés. Nous voulons aussi que nos jeunes puissent devenir des entrepreneurs qui vont participer au développement économique», reprend Gilbert Dominique.

La gouvernance ne concerne pas que le pouvoir politique traditionnel. Elle encadre toutes les particularités de la vie dans les communautés ainsi que les enjeux des membres des communautés qui sont de plus en plus nombreux à vivre en dehors, dans des villes. Selon les chiffres du centre, entre 2000 et 4000 membres des communautés de l'est résident aujourd'hui au Saguenay. Il s'agit d'une augmentation significative. Le forum de jeudi s'adressait aussi aux jeunes qui font partie de ce groupe de citoyens pour qu'ils puissent prendre la place qui leur revient.

Gilbert Dominique est persuadé que les perspectives d'avenir pour les jeunes des communautés sont plus qu'intéressantes dans une logique d'autodétermination. Ils auront toutefois besoin de bien maîtriser les différents aspects de la gouvernance pour remplir ce rôle puisque la mise en place des gouvernements autochtones ne sera pas une mince affaire. Les conseils sont conscients de ces enjeux et n'hésitent pas à supporter de différentes façons les jeunes des communautés qui choisissent de poursuivre des études collégiales et universitaires.

Le directeur du Centre Nikanite, Marco Bacon, explique qu'il y a un grand intérêt chez les jeunes qui fréquentent l'université, ainsi que chez ceux qui suivent des programmes académiques dans les collèges et polyvalentes pour les notions de gouvernance. Il s'agit selon M. Bacon d'une notion très large qui s'adresse autant aux jeunes qui vivent dans les communautés que ceux qui ont migré vers les villes ainsi que ceux qui sont de passage dans les établissements d'enseignement.

Entre 300 et 400 jeunes sont en ce moment inscrits dans les différents programmes de l'UQAC. Un jour ou l'autre, ces étudiants pourraient devenir des leaders dans leur communauté et devront être en mesure de maîtriser les concepts de la bonne gouvernance autant dans les domaines économique, social, de l'éducation, la santé et la politique.

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Marco Bacon, directeur du Centre des Premières Nations Nikanite de l'UQAC

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Envoyer un message positif

L'image projetée par les médias des jeunes autochtones qui vivent du désespoir dans les communautés n'est pas fausse. Il y a aussi l'autre image des jeunes autochtones qui ont le goût de faire des choses et de se prendre en main nonobstant les épreuves du passé, avec lesquelles ils doivent composer et surtout s'outiller pour passer à autre chose.

La porte-parole du comité des jeunes de l'Assemblée des Premières Nations, Jennifer O'Bomsawin, ne se défile pas devant les questions. Elle est en mesure de nommer les problèmes de gouvernance qui font l'objet de dénonciations plus nombreuses dans les communautés. Par contre, elle veut aussi attirer l'attention sur des jeunes dynamiques qui ont l'intention de relever les défis et qui veulent vraiment changer les choses.

«Les jeunes souffrent effectivement du traumatisme générationnel relié aux pensionnats avec la violence et les agressions. Ce traumatisme est transmis par nos parents même si notre génération n'a pas vécu dans ces pensionnats», explique la porte-parole des jeunes.

Elle attire aussi l'attention sur les disparités qui existent entre les communautés du Québec pour expliquer comment il peut être difficile pour un jeune de voir l'avenir avec espoir. Encore aujourd'hui, certaines communautés n'ont pas l'eau courante et les égouts. La situation diffère dans des endroits comme Essipit ou Mashteuiatsh et le village huron. Il existe aujourd'hui un collège dans la communauté d'Odanak dans la Mauricie. Il y a selon la jeune femme des signes très clairs que les jeunes autochtones sont sur une lancée.

«Il y a de plus en plus de jeunes qui sont éduqués. Ce n'est pas toujours facile de s'installer en ville pour un jeune autochtone, loin de sa famille et victime de stigmatisation comme c'est encore malheureusement le cas», poursuit Jennifer O'Bomsawin.

Au cours des entretiens de jeudi avec différents participants au colloque, le mot «leader» a été prononcé à plusieurs reprises. Les communautés ont besoin d'une relève bien formée pour mettre en place des structures adéquates dans leur communauté. Jennifer O'Bomsawin est convaincue que la relève est bien présente et la participation au colloque en est un exemple intéressant.




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