Saguenay poursuivie pour 2,9 millions $

Le Jonquiérois André Côté impute sa descente aux enfers à son arrestation «... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le Jonquiérois André Côté impute sa descente aux enfers à son arrestation « injustifiée et abusive » de la part des policiers de Saguenay. Sauf que la Ville de Saguenay semble démontrer que sa chute financière avait débuté avant.

Le procès civil de l'homme de 59 ans s'est ouvert, lundi matin, à la Cour supérieure du Québec, chambre civile, devant la juge Manon Lavoie.

L'homme intente une poursuite de 2,9 millions de dollars contre Saguenay.

Il réclame notamment 2,5 millions $ pour 278 jours d'incarcération injustifiée (8680 $ par jour d'emprisonnement), 250 000 $ pour des dommages punitifs et 148 000 $ pour les torts causés à son entreprise de déneigement et d'excavation.

Antécédents

Côté, qui possède de nombreux antécédents judiciaires, a été arrêté le 10 mars 2013 pour avoir conduit un véhicule à moteur sur un chemin public alors qu'il lui était interdit de conduire. Il devait récupérer son permis sept jours plus tard.

Me Régis Gaudreault, procureur du plaignant, prétend que les policiers ont agi illégalement lors de l'arrestation de son client, car les agents ont épié les faits et les gestes de l'accusé durant 30 minutes avant de l'intercepter.

Durant son témoignage, André Côté a raconté à la juge avoir tout perdu à la suite de cette arrestation et surtout de sa longue incarcération, du 10 mars au 13 décembre 2013 (il a été acquitté de l'accusation en septembre 2013).

« Une fois que j'ai été arrêté, j'ai tout perdu. Mes clients ont rapidement appris ce qui était arrivé. Mes contrats ont été annulés. Mes camions ne pouvaient plus aller nulle part », raconte-t-il.

Équipements saisis

« Les huissiers sont venus saisir tous mes équipements. Je n'étais plus en mesure de payer mes termes, les assurances, les plaques et les réparations. Un huissier est même venu me porter des documents à la prison de Chicoutimi », a noté André Côté.

Celui-ci n'a pas fait faillite encore, mais il a mis un terme aux activités de Transport André Côté.

Il cherche à obtenir du crédit, mais c'est impossible.

« J'ai bien essayé, mais je n'y arrive pas. Je suis barré partout. Tout le monde est au courant de mes déboires. Lorsque je veux emprunter pour l'achat d'un camion, ça ne marche pas », ajoute-t-il.

Me Jean-Jacques Rancourt, procureur de Saguenay, a contre-interrogé le plaignant et a tenté de mettre en preuve que les problèmes financiers de l'homme d'affaires n'étaient pas uniquement dus à son arrestation du 10 mars 2013.

Me Rancourt a plutôt laissé voir que les difficultés s'étaient pointées avant cette période, lorsque M. Côté a fourni un faux numéro d'assurance sociale pour obtenir un emprunt pour l'achat d'un camion.

« Ce fut une erreur de numéro. Et ce n'est pas moi qui ai commis l'erreur. Si je n'avais pas été arrêté et mis en prison, je serais parvenu à régler la situation », a répliqué M. Côté, mais en étant incapable de dire de quelle façon il y serait parvenu.

Le procès doit se poursuivre durant les prochains jours au Palais de justice de Chicoutimi.




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