Gaétan Barrette fait appel à l'INESSS

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Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

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Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, fait appel à l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS). Il lui confie le mandat de faire l'examen des données probantes pour déterminer si la décision de centraliser les interventions chirurgicales pour le cancer de l'oesophage est la plus appropriée dans l'intérêt du patient.

Le ministre de la Santé a indiqué au Quotidien, lundi en fin d'après-midi, qu'il s'agissait de la décision appropriée dans les circonstances puisqu'il refuse de « faire de la politique sur la santé des patients ». Le ministre en est arrivé à cette décision après que le premier ministre du Québec et ministre responsable de la région, Philippe Couillard, lui ait demandé d'évaluer la décision de mettre un terme à cette chirurgie spécifique à l'hôpital de Chicoutimi.

Le ministre a rappelé que les scientifiques de l'INESSS ont toute l'indépendance nécessaire pour en arriver à faire une évaluation purement scientifique. « Je leur ai demandé s'ils avaient le temps de le faire et je leur ai confié le mandat. Nous allons prendre le temps qu'il faut et en attendant, la situation reste ce qu'elle est à Chicoutimi », a insisté le ministre qui ne pouvait préciser si l'établissement procédait toujours à des interventions chirurgicales pour le cancer de l'oesophage.

Ce n'est pas la première fois que l'INESSS se penche sur la meilleure politique à mettre de l'avant pour ce type de chirurgie. En 2011, en fonction des données probantes disponibles à cette époque, l'INESSS a mené une étude. Depuis, Québec considère que pour le cancer de l'oesophage, il est préférable de concentrer les chirurgies sur un même site. Au départ, il était question de 40 chirurgies par année pour maximiser l'expertise, mais le ministère a décidé de viser comme objectif des sites à une vingtaine d'interventions de cette nature par année.

Pour bien rassurer les médecins de Chicoutimi et les administrateurs de l'établissement de la transparence de la démarche, Gaétan Barrette rappelle que c'est le même institut qui mène les évaluations sur les nouveaux médicaments pour le cancer. Lorsque l'INESSS en arrive à la conclusion qu'un médicament est bénéfique pour les patients, nonobstant son coût, le gouvernement l'inscrit à la liste officielle.

L'évaluation menée par l'INESSS ne se limitera pas à une revue de littérature des dernières études portant sur les chirurgies du cancer de l'oesophage. Selon les explications fournies par le ministre de la Santé, les médecins de Chicoutimi qui ont dénoncé la décision du ministère de mettre un terme à ce service dans la région pourront se faire entendre par les scientifiques de l'INESSS et leur présenter la réalité « terrain ».

Lors du point de presse tenu à l'hôpital de Chicoutimi, les médecins, sous l'égide du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP), ont déposé des études plus récentes. Selon leurs propos, ces études démontraient qu'il n'y a pas nécessairement de lien entre le haut volume d'interventions pratiquées sur un site et les effets chez les patients par rapport à des sites où les chirurgies sont moins nombreuses.

Gaétan Barrette estime que la solution qu'il met de l'avant a l'avantage d'être « fair-play ». De plus, il s'engage à suivre les recommandations qui découleront de cet exercice. Selon le ministre, il s'agit de beaucoup d'énergie pour un problème qui ne concerne que cinq interventions chirurgicales par année. Il estime que cette décision n'est pas annonciatrice de décisions semblables pour d'autres pathologies traitées en très petit nombre dans la région.

« C'est une question d'expertise, assure le ministre en parlant de la chirurgie du cancer de l'oesophage. Il existe d'autres pathologies traitées en petit nombre et qui ne nécessitent pas la même expertise. »

Actes médicaux

Au cours de l'entrevue qu'il accordait au Quotidien, Gaétan Barrette est revenu sur la position des médecins qui veulent conserver des actes médicaux. Il a admis que le conseil d'administration avait effectivement pris position. Sur ce point, il considère que le conseil est plus près de la population que des administrateurs à la tête d'un grand centre, et qu'il est donc compréhensible qu'il adhère à la position des médecins.




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