Se rendre à Montréal à bord d'un monorail

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Le dessin artistique du futur monorail à grande vitesse que souhaite développer la Coop MGV.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Un jour peut-être, les citoyens du Saguenay pourront traverser la Réserve faunique et se déplacer à Montréal en seulement deux heures confortablement installés à bord d'un système de navettes sur monorail à grande vitesse (MGV) mues par des moteurs-roues que tente de développer la Coopérative de solidarité MGV.

Ce rêve technologique, Patrick Leclair tente présentement de le réaliser en convainquant les citoyens, les municipalités du Québec, des entreprises privées et les gouvernements à embarquer dans un projet collectif qui révolutionnerait le transport interurbain dans la province.

En entrevue au Quotidien, M. Leclair rappelle que dans les années 90, l'Institut de recherche en électricité du Québec (IREQ) et le chercheur Pierre Couture ont développé le concept du moteur-roue électrique utilisant des champs magnétiques permettant d'être intégré dans des systèmes de transport. À partir de cette innovation est venue l'idée de développer un nouveau réseau de transport interrégional par monorail suspendu pouvant filer à une vitesse de 250 km/h. « Nous sommes conscients que le MGV n'est pas commercialisable aujourd'hui. La technologie du moteur-roue est utilisée à d'autres fins. Notre projet consiste à prendre ce qui existe déjà comme technologie et à l'intégrer à un système de transport interurbain », explique le président de la coopérative.

Le concept de base prévoit la circulation de navettes autonomes mues par des moteurs-roue électriques pouvant transporter jusqu'à 70 passagers ou dix tonnes de marchandises à une vitesse de 250 km/h sur un rail situé à dix mètres de hauteur, le tout supporté par une structure et des pylônes légers en acier. Le rail serait recouvert, protégé ainsi de la pluie et de la neige. « Il s'agit d'un système qui sera parfaitement intégrable au climat et à la géographie du Québec en raison de la motorisation qui serait installée sur le dessus du système », explique le président de Coop MGV.

Les avantages d'un tel système, selon M. Leclair, sont les économies de construction. La circulation aérienne des navettes permet d'éviter la construction de ponts et viaducs pour la traverse des lacs et rivières contrairement à un chemin de fer. Le système pourrait être mis en place à l'intérieur des emprises autoroutières, éliminant ainsi les coûts d'achat et d'expropriation de terrains. De faibles coûts énergétiques associés à l'utilisation des moteurs-roues en série et à leur efficacité, une grande flexibilité dans les départs et arrivées permettant de transporter jusqu'à 150 000 passagers par jour sur le trajet Montréal-Québec sont présentés comme autant d'avantages. Les études préliminaires évaluent qu'un tel système serait de trois à quatre fois moins onéreux qu'un train à grande vitesse. Il est question d'un coût se situant entre 9 et 12 M $ du kilomètre.

Le trajet de 204 km entre Chicoutimi et Québec nécessiterait un investissement de 2,5 G $. M. Leclair convient qu'il s'agit de beaucoup d'argent, mais qu'il serait possible d'atteindre un certain seuil de rentabilité en raison des bas coûts énergétiques et d'exploitation avec des apports financiers provenant des secteurs publics et privés comme le gouvernement du Québec, la Caisse de dépôt et les fonds de solidarité FTQ et CSN. Selon lui, le Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait y trouver son compte avec l'apport de nouveaux touristes venus du monde entier qui n'auraient que deux heures à parcourir à partir de l'Aéroport Montréal-Trudeau pour arriver à Chicoutimi. Il ajoute qu'il deviendrait facile pour les travailleurs du Saguenay de traverser la Réserve faunique des Laurentides quotidiennement pour occuper un emploi à Québec et vice-versa.

Avant que ce projet de rêve ne devienne réalité, d'importants efforts de recherche et développement devront être déployés, ce qui nécessitera plusieurs dizaines de millions de dollars.

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Patrick Leclair, président de la Coop MGV.

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250 M $ en recherche et développement

La mise au point d'un nouveau système de transport par monorail grande vitesse (MGV) nécessitera un investissement de 250 millions $ en recherche et développement et l'apport d'une centaine d'ingénieurs et spécialistes qui devront se mettre à l'oeuvre au cours des cinq prochaines années.

Après avoir complété sa phase d'organisation, débutée en 2014, la Coop MGV, qui compte actuellement 400 membres ayant défrayé 20 $ chacun, trois entreprises et une douzaine de travailleurs bénévoles, devra relever ce défi qui se veut collectif pour l'ensemble des Québécois, affirme M. Leclair. « Notre travail présentement en est un de recrutement des membres. On s'est posé la question afin de déterminer quel type d'entreprise on veut. La meilleure option a été la création d'une coopérative de solidarité. Nous souhaitons que les Québécois s'approprient le projet ». Le développement d'une nouvelle technologie de pointe dans le secteur du transport en commun et l'assurance que le projet est socialement acceptable ont été à la base de la décision de fonder une coopérative.

La fondation d'une coopérative de solidarité qui ne peut être achetée par de grandes multinationales aux dents longues pour la technologie développée assure la pérennité de l'entreprise.

Le financement et la réalisation de la phase de recherche et développement proviendront de souscriptions des parts des membres, de travailleurs ainsi que des fonds dédiés aux entreprises en démarrage, ententes de partenariat et commandite et des subventions gouvernementales et institutionnelles. M. Leclair affirme que certains travaux de recherche ont lieu à l'Université Laval avec des étudiants en génie industriel pour le développement d'un système d'attache des navettes au monorail ainsi qu'aux Hautes études commerciales (HEC) pour la validation des hypothèses financières.

Seon M. Leclair, jusqu'à maintenant, le projet a fait l'objet de discussions au plan politique. Le Parti québécois et Québec Solidaire ont cru bon l'inscrire à leur programme tandis que le Parti libéral au pouvoir ne croit pas qu'il s'agit d'une solution convaincante.

C'est pourquoi la stratégie de la Coop MGV a été adaptée pour développer une proposition de financement axée sur la participation des municipalités, du secteur privé et du gouvernement. Jusqu'à maintenant, quatre municipalités ont été rencontrées. M. Leclair ajoute qu'il aimerait bien rencontrer les élus de Saguenay pour les informer de ce projet.




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