Leclerc demeure incarcéré

Le passé judiciaire de Jean Leclerc et ses... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le passé judiciaire de Jean Leclerc et ses nombreux bris de probation et d'engagements n'avaient rien de rassurant pour le juge Pierre Lortie. Leclerc demeure incarcéré

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La remise en liberté de Jean Leclerc, accusé de tentative de meurtre sur un voisin, lui a été refusée. Il demeure derrière les barreaux en attendant la suite des choses. Il demandera à être jugé par un juge et un jury.

Incarcéré depuis le 16 février, le Chicoutimien de 66 ans a tenté de sortir pour suivre une thérapie à la maison Point de rencontre de Baie-Comeau. Le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, n'a pas vu un haut degré de motivation de sa part et estime que 28 jours de thérapie semblent courts.

Me Julien Boulianne, en défense, et Me Michaël Bourget, de la Couronne, ont fait valoir leur point de vue au tribunal lors de l'enquête de remise en liberté. 

«La réflexion sur la thérapie ne semble pas avoir été très approfondie», a mentionné le magistrat.

L'histoire de tentative de meurtre a commencé lorsque le plaignant a appelé les policiers pour dénoncer le bruit en provenance de l'appartement de Leclerc le soir du 15 février. Tout semblait normal après le passage des policiers.

Le 16 février, la colocataire de Leclerc est descendue à l'appartement de la présumée victime pour tenter de s'expliquer. Mais les choses ne se sont pas terminées comme prévu. 

La dame est repartie après avoir été enguirlandée et a reçu quelques coups de doigts au front de la part du plaignant.

Durant la soirée, Leclerc aurait, selon la preuve, continué à faire du bruit, à donner des coups de pelle dans la fenêtre de la présumée victime et sur le plancher de son appartement afin d'attirer le plaignant à son appartement.

Et c'est ce qui est arrivé. Lorsque Leclerc a ouvert la porte, il a raconté que le voisin du bas lui a sauté à la gorge et qu'il s'était mis à saigner. Il ne savait pas pourquoi. 

Il a ensuite dit qu'il avait peut-être touché l'individu avec un stylo Bic pour finalement avouer qu'il l'avait frappé avec un couteau pour se défendre. 

«Me Boulianne a noté des faiblesses à l'effet que les témoins semblaient évolutifs et que c'est le plaignant qui s'est rendu chez son agresseur. Mais l'enquête caution n'est pas le procès. Je dois tenir compte des propos de l'accusé, qui a dit qu'il avait fait une gaffe en piquant un gars, des commentaires rapportés par un autre témoin. Je retiens aussi qu'il a caché l'arme du crime», indique le juge Lortie.

«Et je regarde les antécédents judiciaires. M. Leclerc a commis trois vols qualifiés, qui nécessitent un certain degré de violence, sans oublier la longue feuille de route qui remonte à 1984 et les bris de probation et d'engagement», a conclu le juge en gardant l'accusé en détention.

Un procès devant juge et jury

Estimant avoir une preuve de légitime défense à offrir et voulant démontrer qu'il a été provoqué, Jean Leclerc demandera vendredi que son dossier soit transféré à la Cour supérieure du Québec afin de subir son procès devant un juge et un jury.

Dès le moment où le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a annoncé que Leclerc demeurerait détenu, Me Julien Boulianne, avocat en défense, a demandé à ramener le dossier au tribunal vendredi.

«Les choses pourraient bouger rapidement», a-t-il laissé entendre au tribunal.

Il a ensuite confirmé qu'il entend défendre les intérêts de son client devant 12 jurés.

«J'ai fait valoir que c'est le plaignant qui s'est rendu à l'appartement de mon client et que la présumée victime a sauté à la gorge de M. Leclerc. Mon client a été clair sur cet aspect. Il s'est défendu face à cette attaque», prétend Me Boulianne.

«La preuve n'est pas dans une seule direction. Devant un jury, je crois que mon client a plus de chance d'acquittement devant Monsieur et Madame Tout-le-monde que via l'analyse d'un seul juge. De plus ce dossier est beaucoup plus factuel que technique et ça se présente aisément devant un jury», ajoute Me Boulianne.

Jean Leclerc possède une feuille de route criminelle bien garnie. Il a été condamné à deux ans moins un jour, à 30 mois et à 54 mois pour trois vols qualifiés en 1992, 1997 et 2003.

Selon ses propres aveux, Jean Leclerc aurait passé l'équivalent de 17 années derrière les barreaux et en détention préventive au cours de sa carrière adulte.

Du côté de la Couronne, Me Bourget explique qu'il faut analyser ce qui s'est passé avant et après l'agression.

Le procureur de la Couronne précise que Leclerc a tout fait pour que la victime se rende à son appartement en continuant à faire du bruit.

Leclerc a installé une caméra vidéo lui permettant de voir qui arrive dans le couloir. 

«Lorsque la victime est arrivée, Jean Leclerc avait caché un couteau dans son pantalon. Au moment de l'agression, M. Leclerc lui a dit qu'il était pour lui régler son cas et qu'il était pour le tuer», a commencé par expliquer Me Bourget.

«L'accusé a aussi quitté les lieux du drame. Avant de partir, il a pris soin de changer de vêtements, car ceux qu'il avait sur lui étaient tachés de sang. Il a lavé le couteau et l'a caché dans un sac de vêtements de sa colocataire», conclut Me Bourget.




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