Sarah Vigneault ne convainc pas le juge

La Chicoutimienne Sarah Vigneault n'a pas réussi à convaincre le tribunal... (123rf)

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La Chicoutimienne Sarah Vigneault n'a pas réussi à convaincre le tribunal qu'elle avait utilisé son véhicule en état d'ébriété parce qu'elle craignait pour sa sécurité. Sa défense de la nécessité absolue n'a pas été crue ni retenue.

La jeune femme de 28 ans a été arrêtée dans la nuit du 12 au 13 décembre 2014 assise derrière le volant de son véhicule avec des taux de .140 et de .137. 

La cliente de Me Dominic Bouchard, victime de violence conjugale, a prétendu avoir pris le volant de sa voiture, car elle avait peur de son ex-conjoint. 

Mais le juge Pierre Lortie n'a pas fait la même lecture des événements. 

Les problèmes sont survenus lorsque Vigneault est retournée à son logement en taxi en compagnie de deux amis après être sortie dans un bar du centre-ville de Chicoutimi.

À son arrivée au logement, le trio est tombé face à face avec l'ex-conjoint. La chicane a éclaté et l'homme a fait savoir qu'il voulait récupérer ses objets personnels dans le véhicule de la dame.

Sauf que celle-ci l'avait laissé en ville. L'individu a pris le double des clefs et s'est rendu au centre-ville pour prendre ce qui lui appartenait. 

La cliente de Me Bouchard a alors craint que l'ex-conjoint ne prenne sa voiture et quitte la ville. Avec un ami, elle est retournée là où elle avait laissé le véhicule.

La femme a repris son auto et est retournée à l'appartement avec un ami. Elle voulait absolument y récupérer son ordinateur, craignant que son ex-copain le prenne et diffuse des photos intimes sur les réseaux sociaux comme il l'avait déjà fait.

À son arrivée au logement, Vigneault a fait face à son ex. Elle est retournée à sa voiture pour appeler les policiers afin de porter plainte pour violence conjugale.

Au même instant, l'ex-conjoint a dénoncé une femme en état d'ébriété au volant de son véhicule.

Lorsque les policiers sont arrivés sur les lieux, ils ont vu l'accusée sur le siège du conducteur. Les clefs se trouvaient sur le contact, mais le moteur n'était pas en marche.

Les agents ont remarqué les yeux rouges et la bouche pâteuse de la dame. Celle-ci a d'ailleurs soufflé des taux de .140 et de .137 au petit matin.

La défense a reconnu que Sarah Vigneault se trouvait en état d'ébriété et qu'elle avait la garde et le contrôle du véhicule. 

Mais elle a invoqué la défense de nécessité, prétextant un danger imminent pour sa sécurité. 

Après quelques jours de réflexion, le juge de la Cour du Québec a été en mesure de rendre son verdict.

«Malgré tout ce que j'ai entendu, j'ai noté des faiblesses dans les éléments de l'accusée. Elle me semblait beaucoup plus préoccupée à vouloir protéger sa voiture et son ordinateur, qu'elle ne pouvait craindre pour sa sécurité. Au moment de reprendre sa voiture en ville, elle savait que son ex-conjoint ne se trouvait pas à proximité», ajoute le magistrat.

«En second lieu, l'accusée est retournée à son appartement en se doutant que son ex-conjoint pouvait s'y trouver. Elle y est pourtant retournée. Il n'y avait donc pas de véritable danger imminent», a indiqué le juge.

Finalement, le tribunal estime que l'accusée avait d'autres options qui s'offraient à elle pour quitter le centre-ville de Chicoutimi et retourner à son appartement sans prendre le volant, comme prendre un taxi ou revenir à pied.

Le magistrat croit qu'elle avait le loisir de communiquer avec les policiers si elle craignait pour sa sécurité.

«Elle a choisi la plus mauvaise option», a précisé le juge, tout en condamnant la dame à 1000 $ d'amende et à une interdiction de conduire de 12 mois.




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