Décrocher les crucifix: manque de respect pour les bâtisseurs

Mgr André Rivest... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Mgr André Rivest

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L'évêque du diocèse de Chicoutimi, monseigneur André Rivest, ne se fait pas prier pour condamner le retrait de la croix de l'hôpital Saint-Sacrement de Québec. Un geste qui, à son avis, nie toute la contribution des congrégations de religieuses qui ont été la base de la construction du réseau hospitalier québécois.

Dans la région, ce sont cinq hôpitaux sur six, fondés par les Augustines, qui sont à la base du réseau de la Santé, a poursuivi l'évêque devant le Cercle de presse du Saguenay, où il a fait le bilan de son mandat à la tête de l'Église régionale, quelques mois avant que le pape procède à la nomination de son successeur. L'évêque s'est dit déçu de cette décision (finalement renversée en après-midi mercredi) qui survient alors qu'un débat fait rage au Québec sur la présence des signes religieux dans l'espace public.

« Les croix ne sont pas juste une question de musée. Elles sont aussi un symbole important pour notre peuple. C'est aussi un manque de respect pour les communautés de religieuses qui ont érigé bon nombre de nos hôpitaux », a résumé l'évêque du diocèse.

Cette histoire des signes religieux a amené Mgr Rivest, qui a été nommé le 17 septembre 2004, à faire une sorte de bilan des événements plus difficiles qui ont marqué son passage à l'évêché. Sur le plan religieux, l'évêque a été déçu par le dossier de la prière au conseil municipal, même si ce dernier considère que ce n'est pas nécessairement l'expression ultime de la foi. Il croit toujours que l'on peut être un croyant tout en étant en désaccord avec cette pratique.

Sur le plan des rapports humains, l'évêque du diocèse gardera longtemps en mémoire la situation très difficile du conflit dans l'automobile. L'évêque a tenté, sans succès, une intervention dans ce très long conflit de travail qui a plongé des familles entières dans la misère. Il en retient que ce long conflit n'est pas le plus bel exemple de la vie des Évangiles. D'autre part, il garde un souvenir mémorable de la messe célébrée en plein air avec les travailleurs mis à pied lors de la fermeture de la papeterie Abitibi Consolidated de La Baie.

L'évêque a aussi un rôle central dans la gestion de l'organisation des services de pastorale sur le territoire. Son mandat aura permis de poursuivre cette restructuration alors que les unités de pastorale sont passées de 24 à 8. Il terminera au cours des prochains jours la tournée des huit équipes afin de préparer le rapport complet de la situation dans le diocèse pour son successeur. Il s'agit d'une activité normale lorsque l'évêque est en fin de mandat dans un diocèse.

« Il n'y a pas de crise de la foi. Il y a une crise dans l'institution », considère aujourd'hui Mgr André Rivest, lorsqu'on lui parle de la situation du diocèse de Chicoutimi. Les gens sont baptisés dans une proportion de 95 %, mais seulement 4 ou 5 % de ces personnes pratiquent leur religion dans les structures actuelles de l'Église. L'évêque n'a aucun doute sur la foi des baptisés même si ces derniers ont massivement quitté les temples.

Fermetures d'églises

Ce qui nous amène à la gestion du patrimoine religieux alors que le diocèse a dû composer avec 16 changements de vocation pour des églises qui représentaient des actifs beaucoup trop lourds pour les paroisses dans le contexte de la restructuration des unités de pastorale. Dans certains cas, les transformations sont relativement faciles, selon Mgr Rivest. La ville de Saguenay a dès le départ été ferme avec les paroisses en refusant d'acheter des églises. En revanche, explique l'évêque, la ville permet de supporter certaines églises en louant des espaces comme c'est le cas au Christ-Roi.

Sur le plan des relations avec les autres religions, Mgr Rivest affirme qu'il y a une table de discussion avec la communauté musulmane depuis les événements de Québec. L'évêque a déjà donné son autorisation pour que l'Alliance funéraire du Royaume identifie un endroit dans un cimetière catholique pour inhumer des membres de cette communauté. Il appartient toutefois aux gestionnaires des cimetières d'identifier le site.

Comment on choisit un évêque

Le processus de sélection d'un évêque au Canada est dirigé par le nonce apostolique de l'Église catholique en poste à Ottawa. C'est lui qui devra transmettre à Rome les trois noms qui émaneront d'une vaste consultation menée principalement au Québec.

Dans le cas du diocèse de Chicoutimi, il est même possible que le nonce apostolique ait déjà lancé la consultation. Elle sera menée auprès des autres évêques de la province et possiblement de l'extérieur. Les évêques ont déjà constitué une liste de noms de prêtres qui ont les attributs pour occuper cette fonction qui consiste à diriger un diocèse, tout en assumant la direction religieuse de l'Église au Canada au sein de la conférence des évêques.

Il existe un autre moyen de faire connaître une candidature auprès du nonce apostolique du Canada. Un membre de l'Église, incluant un laïc impliqué, a toujours la possibilité de faire parvenir une missive à la nonciature apostolique d'Ottawa.

Interrogé à savoir si un prêtre originaire de la région avait des chances d'obtenir cette nomination, Mgr Rivest est demeuré prudent. Il a toutefois précisé que l'âge moyen des 119 prêtres au Saguenay-Lac-Saint-Jean était de 69 ans, alors que l'âge limite pour occuper cette fonction est de 75 ans. Il croit que l'Église voudra nommer un évêque qui sera en mesure d'occuper la fonction pendant plusieurs années.

Mgr André Rivest a été le 8e évêque du diocèse de Chicoutimi depuis sa fondation. Mgr Roch Pedneault a été le prêtre originaire de la région ayant occupé la plus haute fonction du diocèse à titre d'auxiliaire de l'évêque.

Au terme de la consultation, le nonce apostolique fera parvenir une lettre contenant trois noms à la Congrégation des évêques de Rome. Le Cardinal Marc Ouellet s'assurera alors que toute la démarche de consultation a été réalisée selon le cadre édicté par l'Église et transmettra au pape François les recommandations. Le choix de l'évêque relève de la responsabilité ultime du pape.

Avant de quitter officiellement ses fonctions, l'évêque du diocèse de Chicoutimi aura l'opportunité de rencontrer en personne un troisième pape. Il sera de la mission des évêques canadiens qui participeront à une séance de travail de deux heures au Vatican pendant laquelle il sera question de l'état de l'Église ici. Mgr André Rivest a vécu la même mission officielle avec Jean-Paul II et Benoît XVI.

Il garde un excellent souvenir du Polonais Jean-Paul II qui dégustait une bière pendant les repas alors que les autres buvaient du vin. Aussi de Benoît XVI qui était très accueillant malgré son style intellectuel. Il a surtout hâte de rencontrer le Pape qui a secoué l'Église et qui joue le rôle d'un véritable pasteur. 




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