Guerre syndicale à l'Usine Grande-Baie

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Des coupes de 12,6 M $ ont été annoncées en janvier aux employés de l'Usine Grande-Baie, ce qui pourrait se traduire par 103 postes coupés.

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Une guerre que se livrent actuellement Unifor et les Métallos, tous deux affiliés à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), représente un obstacle majeur à la syndicalisation des employés de l'Usine Grande-Baie de Rio Tinto.

Les Métallos ont proposé à Unifor, devant les hauts dirigeants de la FTQ, que le syndicat ayant jusqu'à présent fait signer le plus de cartes à Grande-Baie ait la voie libre pour la syndicalisation. Le président de la FTQ, Daniel Boyer, confirme qu'il trouvait la proposition intéressante. Or, Unifor l'a refusée. 

Les deux syndicats continuent donc la campagne de syndicalisation, sans savoir combien de cartes ont été signées par « l'opposant ». La division du vote empêcherait l'une des deux organisations d'atteindre les 50 % + 1 nécessaires pour que les employés deviennent syndiqués ou même les 35 % permettant d'ordonner un vote.

« D'habitude, l'employeur est très agressif lorsqu'il y a des campagnes de syndicalisation, explique un employé de l'Usine Grande-Baie, sous le couvert de l'anonymat. Présentement, il ne l'est pas, parce qu'il est le seul qui a tout à gagner que la chicane pogne entre les syndicats. »

Selon nos informations, les Métallos auraient plusieurs « poteaux » dans l'usine, c'est-à-dire des employés qui travailleraient sur le plancher afin de faire signer des cartes à d'autres travailleurs. 

Du côté d'Unifor, le recrutement serait plus ardu, mais l'organisation travaillerait très fort afin de faire signer des cartes, appelant certains employés plusieurs fois et leur rendant visite à leur domicile.

Ce refus d'Unifor de « mettre cartes sur table » met la syndicalisation des employés de Grande-Baie « en danger », affirme une source syndicale contactée mercredi. « La priorité devrait être de syndiquer ces employés pour qu'ils puissent avoir des moyens de se défendre contre la grosse machine qu'est Rio Tinto. »

Unifor a refusé de commenter l'information, mercredi. « Aucun commentaire ne sera fait. Nous n'en faisons pas lorsque la campagne de syndicalisation est en cours », a affirmé la responsable des communications d'Unifor à Montréal, Marie-André L'Heureux. Lundi, dans Le Quotidien, le représentant national d'Unifor et le représentant au recrutement avaient accordé une entrevue à propos du fait que l'usine serait bientôt syndiquée, selon eux. 

Des coupes de 12,6 M $ ont été annoncées en janvier aux employés de l'Usine Grande-Baie, ce qui pourrait se traduire par 103 postes coupés.

Au début du mois de février, RT a annoncé des profits de plus d'un milliard de dollars pour son secteur « aluminium ».

Une situation très rare, convient Daniel Boyer

La situation qui prévaut à l'Usine Grande-Baie est « très, très rare », convient le président de la FTQ, Daniel Boyer. Ce dernier pourrait éventuellement avoir à demander à l'un des deux syndicats de se retirer de la course.

« Ça s'est envenimé avec le temps. Lorsque les Métallos m'ont fait cette proposition (que celui ayant le plus de cartes continue), je pensais que c'était intéressant. Mais je ne peux forcer personne. Au moment où l'on se parle, il n'y en a pas un qui est majoritaire parce que sinon il aurait déposé une requête », a-t-il souligné en entrevue téléphonique, mercredi soir.

Dans ce genre de cas, un terrain d'entente est normalement trouvé dès le début du processus de syndicalisation.

« Normalement, on réussit à s'entendre entre nous. On trouve des solutions, mais là ça semble plus compliqué. Je tiens à rassurer les travailleurs de Grande-Baie : en bout de piste, vous serez les gagnants lorsque vous serez syndiqués. Je comprends très bien qu'ils doivent être mêlés en ce moment. »

Si Daniel Boyer a la confirmation qu'un syndicat a fait signer beaucoup plus de cartes que l'autre, le premier aura le champ libre.

« J'ai souhaité bonne chance tant à Unifor qu'aux Métallos au début. Si je vois qu'un syndicat a vraiment plus de cartes, ce sera celui-là qui représentera les travailleurs de Grande-Baie. Présentement, je ne sais pas qui a plus de cartes. Au final, c'est aux travailleurs de décider ce qu'ils veulent. »

Daniel Boyer affirme que les deux syndicats mènent de bonnes campagnes. Jusqu'à présent, la centrale syndicale agit surtout à titre de médiatrice entre Unifor et les Métallos.




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