Des soirées Olé! Olé! avec David Hener

David Hener, un promoteur associé à l'industrie pornographique,... (tirée d'Instagram)

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David Hener, un promoteur associé à l'industrie pornographique, était de passage à Chicoutimi pour une de ses soirées Best&Fines. Les femmes sont encouragées à boire, à se dénuder et à s'embrasser. Hener choisit ensuite quelques « chanceuses » pour terminer la soirée dans sa chambre.

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Mélissa Viau
Le Quotidien

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean n'échappe pas à la mode des soirées Olé ! Olé ! organisée par le promoteur associé à l'industrie pornographique, David Hener.

Suivi par des milliers d'internautes via les réseaux sociaux, Hener était de passage dans un bar de Chicoutimi le 8 février dernier avec son événement Best & Fines. Comme le veut le concept, six femmes ont été sélectionnées au terme de la soirée afin de poursuivre la fête dans la chambre d'hôtel de l'organisateur.

Depuis 2014, ce dernier débarque dans les bars avec son équipe, dont deux comédiennes, pour créer des soirées où la thématique est le sexe. Les principales personnes ciblées, soit les jeunes femmes, sont encouragées à faire le party, à boire, à se dénuder et à s'embrasser. Des photos accessibles pendant 24 heures, via différents comptes Snapchat, exhibent de jeunes femmes qui se plient aux caprices de David Hener.

Fidèle à son habitude, David Hener a terminé la soirée à l'hôtel en invitant les filles qu'il a choisies. Elles étaient six, le 8 février. Auparavant, elles avaient accepté de se dénuder pour le populaire promoteur de porno qui en a profité pour faire quelques publications de ses exploits sur son compte Snapchat. C'est à partir de ce moment à l'hôtel que les internautes ont réagi. Même si les photos sont accessibles seulement 24 heures, plusieurs ont cru bon de prendre des captures d'écran afin de dénoncer ce type d'activité.

Réactions

Au lendemain du passage de l'événement Best & Fines, les réactions étaient vives sur Facebook. « Notre visite à Chicoutimi n'était pas plus différente ou plus intense que nos visites dans les autres villes », a mis au point David Hener à l'aide d'une vidéo en direct sur sa page personnelle le 10 février dernier. Les propos qui choquaient étaient surtout en lien avec la possible présence de mineures. « Est-ce qu'il y a vraiment eu une mineure dans le lot ? Peut-être. Je l'ai déjà fait, tout le monde l'a déjà fait », a-t-il poursuivi.

Best & Fines s'engage à animer des soirées et se dissocie du reste, dont la façon de gérer le bar. Attaquées sur Facebook, de leur côté, les participantes se sont défendues en disant qu'elles étaient consentantes et qu'elles se respectaient. « Si t'aimes pas nos genres d'événements, et que tu n'aimes pas faire le party, fais juste pas venir », a précisé Warth Stevenson, l'acolyte de David Hener.

Les soirées Best & Fines connaissent un engouement, au même titre que les raves des années 2000, qui attiraient beaucoup de mineurs et qui se terminaient dans le même genre, mais sans les réseaux sociaux. Les concepts trash-punk du populaire homme de 27 ans lui ont même permis de prendre le contrôle du Snapchat de Pornhub, l'un des plus importants sites de pornographie qui accueille en moyenne quelque 64 millions de visiteurs chaque jour, selon les statistiques publiées par le site.

« C'est presque du commerce sexuel »

L'engouement autour du nouveau phénomène est principalement axé sur l'envie d'être choisie par la rock star de la soirée, incarnée par David Hener. En effet, les plus audacieuses auront potentiellement l'occasion de coucher avec lui. Une compétition malsaine s'installe dans le bar entre les filles qui doivent, par leur beauté physique et leur attitude, « respirer le sexe », croit la sexologue Myriam Bouchard.

« Le fait qu'une personne soit connue, que ce soit un politicien ou un acteur, a un pouvoir d'attraction. C'est valorisant d'être choisie par un personnage connu et d'être vue auprès de lui », remarque Myriam Bouchard.

Selon elle, le prix final, qui se passe à l'hôtel, n'a rien de valorisant. « Les filles sont choisies pour leur apparence et leur ouverture, c'est presque du commerce sexuel », poursuit-elle.

Si, après une soirée signée Best & Fines, les participantes se rassurent en disant avoir passé une soirée bien arrosée, sans avoir eu à débourser trop d'argent, Myriam répond que c'est cher payé. « Payer de son corps pour une brosse, c'est cher payé », ajoute Mme Bouchard.

Et que dire de ces nombreux abonnés qui suivent le phénomène Hener sur les réseaux sociaux ? « Ces personnes approuvent ses comportements archaïques », précise la sexologue. Même si le phénomène semble un nouveau genre, la banalisation du sexe, dans un contexte de consommation, n'a rien de nouveau.

« Les gens vont te traiter selon l'image que tu dégages. Si tu dégages le sexe, ça se peut qu'on veuille seulement coucher avec toi. Mais on peut se demander quelle sera la prochaine étape, parce que ce genre de soirée ne reflète pas la réalité », conclut Myriam Bouchard.




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